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Sous la menace du Sultanat 1 2 -3-  
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Cadavre d'Aaron, décapité
Cadavre d
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07/07/2021
Posté le 15/10/2021 à 23:37:40 

Quelles jours auparavant…

L’invasion de l’armée ottomane est réelle.

A peine revenu vainqueur du tournoi de la Boëssière, l’intendant fraîchement élu découvre une ville assiégée, envahie, occupée… par une saloperie de gamin capricieux !!! C’est du moins ce que dit en gros le perroquet qu’il reçoit alors qu’il est sur le chemin du retour pour aménager son bureau.

- Sérieusement, c’est quoi ce gamin qui arrive en ville avec 20 types et prétend que la ville lui appartient ? Kamil… ? Allons bon, on va lui donner un hochet et ça suffira…

Le lendemain…

Aaron entre en ville. Par la grande porte, bien sûr.

Et se retrouve face à une centaine de soldat. Fichu rapport erroné, le mec savait pas compter ou quoi ?

Au loin, les voiles de bateaux inconnus sont amarrés dans le port. Des pavillons… verts ? Mais c’est toute une armada qui a jeté l’ancre là !

L’intendant se glisse discrètement dans la ville, et en profite pour passer au fil de l’épée une douzaine d’hommes. Pas très solides ces envahisseurs, mais l’exercice est épuisant malgré tout.
Il finit malgré tout son « infiltration » près du Prince Kamil.

- Quel affreux gamin…

S’en suit une interminable discussion où les deux côtés de la table s’insultent copieusement.

Aujourd’hui…

Enchainé.

Aaron est enchainé sur la place centrale d’Esperanza. Quel idiot. Insulter un gamin, certes, mais un gamin capricieux avec une armée de fanatiques à ses ordres.

- Mais qu’est-ce qui m’a pris ? J’ai été complètement débile de faire ça… Les conséquences ne vont pas être agréables, je le sens…

Quelques minutes après, la sentence se fait entendre : la mort par décapitation.

Une goutte de sueur froide perle de sa tempe.
Son dos devient moite.
Les yeux paniqués, l’intendant cherche à toutes vitesse une échappatoire.


Rien…


Ca pue. C’est donc ça, l’odeur nauséabonde de la mort.

Le stress le saisit. L’homme a les tripes sens dessus dessous. Il retient sa nausée.
Mais pas son urine.

Une odeur de pisse prend le bourreau aux narines. Le froc de l’intendant s’humidifie à vue d’œil alors que des soldats l’agenouillent sur une souche en guise de gibet.

Une vaine tentative de sauvetage des soldats espagnols échoue, et le shamshir d’Agha Ahmet Seyfeddin s’abat, tranchant net le cou d’Aaron.

La tête roule au sol, les yeux ouverts.

Une gerbe de sang gicle et souille le sol de la ville d’une couleur cramoisie. Le sang est bu en quelques minutes par la terre sèche.

Le corps est pris d’un spasme nerveux et s’affale, inerte.

Tout le talent des infirmières ne suffira pas à sauver l'homme qui aura osé s'en prendre à un puissant, au détriment de sa propre sécurité et de tout bon sens.

Ainsi meurt Aaron, Intendant espagnol, et désigné quelques jours auparavant ironiquement meilleur bretteur de Liberty.
Calica
Calica
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20/06/2008
Posté le 15/10/2021 à 23:54:06. Dernière édition le 15/10/2021 à 23:59:27 

Aujourd'hui, Calica avait décidé de rester loin de toute agitation. Ces dernières heures, elle n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien se passer dehors.

Il y a deux jours, elle avait réussi à approcher Ahmet Seyfeddin pour retenter de communiquer avec lui, malgré sa garde rapprochée. Mais elle fut brutalement repoussée par l'agha lui-même. Trop proche à son goût. Cependant, devant les efforts de Calica pour respecter les nouvelles lois de Fatih, il avait prit le temps d'écouter ce qu'elle avait à dire.



Profitant de cette aubaine, la générale avait bien tenté de négocier la révision de quelques lois, afin de les rendre moins liberticides. Mais Ahmet n'avait qu'une seule réponse à offrir : "on ne discute par les lois du Sultan."

Le jour suivant, l'agha dû quitter rapidement Ulüngen avec son escorte personnelle. Le gros de son armée, quant à elle, avait pour ordre de rester en ville pour maintenir l'ordre et le respect des lois. Alors que les hollandais pouvaient entrevoir l'espoir d'entamer un début de révolte et éliminer les soldats de l'armée d'Ahmet, c'est un nouveau chef qui fit son apparition, accompagné de centaines d'hommes. Des janissaires.

Les brouhahas, les cris et les provocations reprirent face à ce nouvel oppresseur, répondant au nom de Sokollu Mehmet. Ce n'était pas du tout la même personnalité qu'Ahmet. Et lui était bavard... Il était difficile de le suivre. Les traductions n'étaient pas toujours simples à trouver d'une langue à l'autre.
Calica voulait tester la cohésion entre ces différents chefs. Cela lui valu une gifle. Malgré ce revers, elle en était sûr, leurs relations étaient friables. Et différents rapports allaient en ce sens.

Enfermée depuis trop longtemps entre quatre murs, Calica s'en alla chercher le calme et le silence.
Aujourd'hui, ce serait détente, loin du chaos ambiant.

Aujourd'hui, Calica profita d'un bain et plus rien n'avait d'importance. Je vais bien. Tout va bien.


Calica
Calica
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20/06/2008
Posté hier à 00:58:11. Dernière édition hier à 00:59:12 

La nuit était tombée depuis quelques heures sur les Caraïbes.
Discrètement, Calica décida de faire le tour de la ville. Rien n'avait vraiment évolué. Il y avait toujours un très grand nombre de gardes en ville, principalement ceux d'Ahmet.

Ce dernier n'était pas revenu. Et nulle traces de Mehmet dans le palais, où elle l'avait vu pour la dernière fois. De nombreux hollandais étaient restés dans le coin. Calica en profita pour faire passer quelques consignes, puis continua son chemin.

Elle trouva Sokollu Mehmet, il n'avait finalement pas quitté Ulüngen. Il semblait prier et ce, devant l'église. L'image aurait été hilarante si la cité avait été libre, mais Calica se demanda tout de même ironiquement si il n'avait pas choisi d'abandonner son Dieu pour un autre...

La présence d'un chef ottoman en ville empêchait Calica de lancer la moindre opération d'envergure pour reprendre la ville. La patience et la discrétion seraient ses plus grandes armes et en attendant, elle s'occuperai tout de même de faire disparaître quelques brebis galeuses ennemies.

Les nouvelles à Esperanza étaient vraiment dramatiques... L'agha Ahmet était donc sérieux et elle éprouvait un drôle de sentiment. Elle avait bien fait de ne pas trop se rebeller sinon sa tête...
Montalsêm Pasha
Montalsêm Pasha
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05/01/2007
Posté hier à 21:37:33. Dernière édition aujourd'hui à 08:39:50 

La fin tragique de l'intendant Aaron avait horrifié le Marquis, toujours déguisé en pasha ottoman, et avait dû se faire violence devant ce spectacle dramatique et sanglant.

Bien qu'il avait proposé aux Espagnols d'offrir des diamants au fils du Sultan en échange de la vie des prisonniers, les austères soldats turcs n'avaient rien voulu entendre et Seyfeddin accomplit la macabre sentence qui mit fin à la vie d'Aaron.

A l'invitation de l'agha, le "courtisan" venu du palais s'assit en tailleur sous la tente improvisée pour les officiers ottomans, le Pasha eut du mal à boire le thé et à garder un air indifférent alors que la lame tombait sur le condamné.


Un grand tumulte envahit les rues de la cité et Montalsêm, connaissant bien ses anciens compatriotes, comprit que les Espagnols ne pardonneront jamais ce sang répandu...aussi lorsque que le général ottoman annonça son départ de la ville, le Pasha estima plus prudent de quitter lui aussi cette cité en colère et en larmes.

Alors que la foule était repoussée par les gardes janissaires pour ôter le cadavre de l'Espagnol et pour ouvrir un passage à l'agha, Montalsêm s'approcha de l'échafaud improvisé. Pétrifié par la décapitation et le corps mutilé d'Aaron qui gisait encore là, il dû se forcer à reprendre ses esprits. Aaron qu'il avait sacré meilleur bretteur de l'île, seulement quelques jours auparavant, portait encore la chevalière de La Boëssière sur sa main ensanglantée.

D'un geste rapide, le Pasha se pencha sur le cadavre et s’apprêtait à retirer la chevalière de cette main refroidie, lorsque des Espagnols en lamentations s'approchèrent, interrompant la manoeuvre, à son grand désespoir !

Alors que les clameurs et protestations s'élevaient dans la ville, Montalsêm rejoignit en hâte la délégation ottomane qui quittait Esperanza sous les cris de haine et des coups de bâton donnés en retour par les janissaires.

La révolte allait venir mais la force militaire de l'Empire était trop imposante, il savait l'affrontement inévitable...le temps lui était compté: rejoindre le Prince Kamil devenait vital !
Le Pasha quitta secrètement la caravane ottomane qui prenait la route de New Istanbul pour suivre les chemins escarpés de la crique pirate, accompagné des montures et esclaves soudanais qu'il avait acheté à des officiels ottomans.

Anne Providence
Anne Providence
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07/08/2007
Posté hier à 22:21:48 

Si El Renat gérait la flotte pirate, la Tigresse s'en préoccupait toujours et l'annonce du carnage en mer ne l'avait guère réjouie. Ses propres navires avaient été épargnés par pur hasard ils étaient au port en carénage à ce moment là.

Quelle était cette nouvelle menace sur Liberty ?

Revenant du tournois de Port Louis elle avait fait un tour à la crique et n'avait vu personne. Faye était chez Jacquot, la brune ne poussa pas la reconnaissance plus soin sa soeur préviendrait au cas où.

Demi-tour providentiel ? Qui sait !

Une partie de la Confrérie se rendit au bar de la place où l'invasion avait commencé, mais à croire l'ampleur de la flotte, ils n'auront pas tous débarqué au même endroit, c'est sur Port Louis que la Tigresse mit le cap.

La surprise était de taille :

Une femme la princesse Fatma fille du Sultan venait observer l'état de la condition féminine à Port Louis, elle allait être servi. Une bande de mâles en ruts débarquait se montrant plus imbéciles les uns que les autres.

Au milieu d'eux la Tigresse calme et diplomate passait visiblement pour la colombe de la paix ou Minerve en personne allez savoir...

Mais l'intérêt de la Tigresse pour la princesse était sincère, au vue de la considération des hommes pour la femme dans une partie des pays des bord de la Méditerranée, le rôle que prenait Fatma était impressionnant.

La princesse devait être bien rusée pour arriver à ses fins et digne d'intérêt. Lorsque cette dernière fut fatiguée des lourdauds français et décida de se rendre à New Kingston, elle invita la Tigresse à la suivre. 

A New Kingston, un peu plus de femmes présentes pour discuter avec la princesse, mais des boulets, il n'y en a pas forcément qu'autour des canons et Sir Richard à la gâchette facile fut invité à servir de près la princesse au rang d'esclave tandis que je soignais mes blessures à l'hôpital du bandeau noir.

Au vue de la quantité de plomb reçu, le saturnisme me guette...

Mais c'est ainsi, demain je rejoindrai la princesse au titre d'invitée. Je suis curieuse de voir comment elle en est arrivée là et comment elle compte parvenir à ses fins.
Johnny Carter
Johnny Carter
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07/08/2012
Posté aujourd'hui à 12:19:22. Dernière édition aujourd'hui à 12:21:30 

La nouvelle place de secrétaire particulier qu'occupait Johnny aux yeux de la Princesse Fatma ne semblait pas forcément lui déplaire, il avait par là l'occasion d'écrire à la princesse sous un prétexte fallacieux et recevait même le courrier de sa prétendue épouse, un stratagème qui pour le moment n'avait toujours pas été déjoué malgré une prestation ridicule et un exercice peu crédible de son autorité masculine aux yeux de l'Agha et de Sokollu. Il sourit en lisant la réponse au courrier qu'il attendait.

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"Chère Arina, si je puis me permettre d'employer ce terme,

Vous pensez bien que j'ai déjà eu vent de ce qu'il s'était passé après mon départ. Depuis le début du voyage je n'ai aucune confiance dans les autres membres de l'expédition , même si soi-disant ils sont envoyés par mon père. Il y a bien longtemps que le Sultan se fait berner par eux et c'est pour ça que j'ai pris aussi le chemin de cette île. Il est hors de question que mon autorité royale soit bafouée. Quant à celle de mon frère, elle ne vaut rien du tout.

Je suis la seule ici légitime et je compte bien le faire savoir à toute l'île.

Je vous remercie néanmoins de m'avoir écrit, bien que je me demande quel est votre objectif avec cette lettre.

Attendez-vous à ce que l'île ne soit plus ce qu'elle était.

Princesse Fatma Sultan."
Calica
Calica
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20/06/2008
Posté aujourd'hui à 12:45:53 

Fatma Sultan était donc la prochaine à faire sa visite de la cité d'Ulüngen. Contrairement aux hommes précédents, elle avait décidé de passer sa journée sur la plage devant le palais et non à l'intérieur. Elle n'était pas venue seule. Il y avait bien sa garde personnelle, comme à chaque fois, mais un homme aussi qui n'avait rien d'un ottoman. Un anglais, Sir Richard, devenu l'esclave personnel de la princesse.

Beaucoup d'hollandaises avaient accepté de porter le voile pour ne plus être importunées dans la rue. Elles furent toutes surprises quand Fatma trouva cette tenue inappropriée. Autre chose qui venait à changer à l'aube de ce quatrième jour d'occupation. Cette fois les femmes étaient mise en avant et les hommes devaient faire profil bas. Une vague d'incompréhension parcourait la population d'Ulüngen.

La fille du Sultan n'était pas très loquace. Et elle ne semblait pas aimer cette ville.
Préférant tuer l'ennui plutôt que de le subir, Calica entreprit de rédiger à la hâte un petit guide, le Guide du petit ottoman. Empruntant la presse à imprimer de Nymphea, les premiers guides imprimés commençaient à circuler en ville dès le milieu d'après-midi. Les hollandais avaient déjà eu un avant goût de lois contradictoires mais là, aujourd'hui, cela atteignait des sommets.

Dans la soirée, la princesse ottomane décida de quitter la ville en direction du centre de l'île. D'autres rapports faisaient état de présence de diverses armées ottomanes en position aux abords du temple maya.

Les choses progressaient lentement mais surement.
La situation à Ulüngen restait globalement stable même si des poches de résistances, agissant la nuit, arrivaient à reprendre certaines rues et quartiers aux mains des ottomans. À chaque jour qui passait, les chefs ennemis s'entendaient de moins en moins. L'information qu'un éventuel rassemblement de leur part ait lieu au centre de l'île offrait une opportunité d'éliminer toute la chaîne de commandement ennemis d'un coup.
Il ne restait plus qu'à vérifier la fiabilité de cette information.
Turc Van Solo Qaramanli
Turc Van Solo Qaramanli
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09/08/2008
Posté aujourd'hui à 15:57:18 

Deux jours et deux nuits sans boire une goutte, et le temps fait un retour galopant sur son corps sans défense. Il faudra tout de même faire attention, Turb s'autorise une petite mirabelle de Jacquot, ce serait ballot de mourir de vieillesse maintenant.

Ce qu'il y a de bien avec les rides c'est qu'elles soulignent le patrimoine génétique du demi-turc, l'âge est un grand révélateur des origines. Il reconnaît l'homme dans le miroir, c'est celui qui débarqua sur les rives de Liberty 13 ans plus tôt, un vieil inconnu que les habitants appelaient alors "L'Homme au turban". Il ressort son vieux turban qu'il portait en foulard de taille, se le réajuste sur le crâne et se sent presque rajeunir de se reconnaître après toutes ces années.

"Allez, je pourrais peut-être tirer une ficelle ou deux maintenant, inchallah !"

Misère, que d'arthrose est douloureuse...
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