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Journal de Bord de la Chimère 1 2 -3- 4  
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Clodomir, le contrebandier
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 09/10/2016 à 09:37:26 

8 octobre 1716

Le moral est au beau fixe. Le danger semble écarté. Depuis cette affaire, au menu, barbecue de colons tous les soirs. Les Jumeaux sont tout à leur affaire ! Cela empeste le cochon grillé dans la cambuse mais on s'en remettra.

Nous avons besoin de bras. J'ai donc nommé officiellement Cléo passeuse de la Confrérie, avec sa bonne tête et ses autres...arguments, nous aurons certainement deux ou trois pigeons qui vont mordre à l'hameçon. Pauvres sots !
Clodomir, le contrebandier
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 20/10/2016 à 08:41:58 

20 octobre 1716

Des poivrots auraient aperçu LE perroquet du capitaine sur l'île. Misère ! Comme si on avait besoin du retour de cette horreur en plus des escadres françaises qui compromettent de plus en plus nos opérations de pillage au large. J'aurais pourtant parié qu'il était crevé depuis le temps, mais faut croire que le rhum à fortes doses rend presque immortel...Tiens, ca me donne une idée.

Le calme avant la tempête. Du coup, on chasse des corsaires pour s'occuper en attendant le grain.

Buddy semble avoir vite trouvé ses marques sur le pont. Je l'ai nommé cambusier car il semble s'y entendre en matière de cuisine. Enfin, un type qui sait se rendre utile...

Il serait temps de mettre à jour le rôle de l'équipage :

Clodomir, Capitaine
Alanis, Timonier (Second)
Madre Anna, Quartier-Maître
Cléo, Passeuse
Guillemin, Cartographe
Buddy, Coq
Les jumeaux, Confesseurs
Sam, Cannonier-artilleur
Soy, Maître d'armes, musicien
Madre Anna
Madre Anna
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09/12/2005
Posté le 11/11/2016 à 10:29:16 

Le traître Sam passa à la planche, un matin, de bonne heure, sans discours et sans hésitation.
Les membres de l'équipage avaient la mine sombre.

Madre Anna raya son nom du rôle d'équipage, et se tourna vers le capitaine:

"Clodomir, il nous faudra recruter un canonnier."
Marco Gemini
Marco Gemini
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29/02/2012
Posté le 11/11/2016 à 17:39:57 

Les frères rayèrent le portrait de Sam, griffonné au crayon, accroché sur l'une des parois de la cabine. De chaque côté s'étendaient les autres portraits du reste des membres.

"Hmm... Dommage."

Il ne s'était pas exprimé, n'avait pas élevé la voix, rien fait. Peut-être que ça l'arrangeait... Peut-être pas. Qui sait ?

"Mais ce n'est pas grave. On a des secrets, maintenant... Ouep. Sur eux tous. Toujours utile. Toujours pratique, oui."

Il(s) joue(nt) avec leur coupe-chou, frottant leur pouce épais sur la lame affûtée. Une goutte de sang perle, et un gros sourire vient tordre la trogne immonde du plus gros des deux frères siamois.

"On verra bien. Ca n'empêchera rien, tout ça."
Popop
Popop
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19/08/2006
Posté le 12/11/2016 à 18:39:11 

*Le clown avait un peu de mal à se faire à l'idée qu'un frère avait quitté le navire. Tout juste arrivé et déjà le voilà démuni d'un membre de sa nouvelle famille. Il passait son temps en cuisine à se poser de fébriles questions*

"Mais qu'est-ce qu'il va bien pouvoir grailler le Sam sans son coq favori ?
Parce qu'on a un quintal de carottes dans les cales, et y avait que not' Rossignol pour se les farcir, les carottes..
A moins que je les fasse passer pour du cochon ?? Bof, j'y crois qu'à moitié à la feinte porcine..."

*Buddy n'avait pas vraiment compris si le confrère était mort, perdu ou s'il s'était juste endormi trop imbibé dans la tanière d'un ours en hibernation. Il continua donc a râper ses carottes sans trop chercher à réfléchir à la question*
Clodomir, le contrebandier
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 29/11/2016 à 08:34:42 

29 novembre 1716 :


J'ai fait le tour, en compagnie d'Alanis, de nos défenses. Une bonne partie de la palissade du repaire est réduite en cendres suite à l'assaut des anglais. Un petit malin n'a rien trouvé de mieux que de mettre le feu à un entrepôt en passant par là la dernière fois. Ce qui n'a pas brûlé est désormais pourri jusqu'à l'os par les pluies tropicales.

Il nous faut reconstruire ces défenses avant d'envisager de laisser le repaire sans surveillance. Le mercenaire qui en défend l'entrée ne pourra gérer la situation s'il ne peut compter sur une palissade fermée. Déjà que réussir à nouer ses lacets correctement n'est pas une mince affaire pour lui.

 Je me suis arrangé pour faire "disparaitre" certaines fournitures dans les colonies de l'île ... J'espère que Madre ne remarquera pas que certaines de ces briques proviennent du chantier de l’église de Port-Louis, sinon je suis bon pour un sermon interminable, voire pire. Son sens du devoir l'empêche de s'opposer directement à moi mais la vieille carne à un certain talent pour vous faire payer en douce ce qui ne lui revient pas. Et ce n'est pas toujours beau à voir...

Le problème ? Personne ne sait se servir d'une truelle autrement que pour la carrer sur une partie quelconque de l'anatomie de son voisin. Même avec du rhum, ca ne passe pas. J'ai promis que nous partirions en razzia sitôt le chantier terminé et cela a ramené un peu d'ordre.

La poliorcétique pirate confine à l'art. Je suis sur que dans quelques siècles, on trouvera que nos palissades seraient dignes de figurer dans des collections particulières. En attendant, il va falloir que cela tienne.
Clodomir, le contrebandier
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 11/01/2017 à 09:41:40 

11 janvier 1717 :

J'ai décidé de nommer Guillemin en tant que Second en ce qui concerne les affaires navales. Alanis ne peut tout simplement pas surveiller à la fois nos raids terrestres et nos incursions maritimes. Même pour une femme de son calibre, la tâche est trop importante... Quant à moi, j'ai assez à faire à gérer la contrebande et le recel pour me soucier des poissons. Tant pis pour le message christique.

Cela donnera un interlocuteur aux corsaires qui ne savent pas d'ordinaire à qui il convient de s'adresser dès lors que l'on parle de navires. Si tant est qu'ils parlent... Qui sait si certains anglais ne pourraient pas trouver cela salutaire ?

Lors d'une inspection dans un tunnel peu usité, j'ai trouvé une vieille caisse de grenades de Carthagène qui trainaient là. Quelques essais plus tard et une barbe un peu roussie, j'ai conclu qu'elles pouvaient encore servir. Comme toujours, il y a du bon et du moins bon dans ce genre d'opportunités : Des profits astronomiques d'une part, une brèche dans notre "défense" ( ou ce qui en tient lieu ) d'autre part. Je crains que d'aucuns ne finissent pas trouver l'entrée du repaire.

Le tournoi des manchettes se prépare et je devrais me réjouir du retour d'une tradition longtemps oubliée. Mais mes hommes me désespèrent. De féroces combattants qui font mine de fuir le combat en proposant des concours de toutes sortes...Sommes nous tombés si bas ?  Je vais donc devoir y participer en personne pour donner l'exemple. L'idée d'une duel ne me plait guère mais ce ne sera pas plus absurde qu'un concours de poésie ou une course à travers l'ile. Foutus trouillards.
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 14/01/2017 à 13:44:44 

14 janvier 1717 :


La vie, voire la survie, de l'équipage dépend souvent de l'information. Il faut payer quantités de  mouchards, d'enfants de chœurs, de catins, de piliers d'abreuvoirs et autres balances pour avoir une longueur d'avance sur la corde qui menace chaque jour davantage de se refermer sur notre cou.

Parfois, c'est l'inverse. Il nous faut diffuser des rumeurs, paraître bien plus menaçants que nous ne le sommes réellement, prétendre une chose fausse pour découvrir le vrai...Pour cela, rien de tel que de visiter les bordels de l'île pour propager des racontars plus rapidement encore que la chaude-pisse. L'équipage adore ce genre de "visites" car elles allient l'utile à l'agréable...

Les pauvres caves ne se doutent pas que derrière chaque catin qu'ils enfourchent, chaque micheton qui se prélasse, chaque grue qu'ils trombinent, un certain contrebandier de ma connaissance récupère un pourcentage de leur part de butin...L'avenir est aux loisirs ! Un jour peut être pourra-t-on même se passer de la trivialité du reste ?

J'ai entendu dire qu'une certaine Irena, voleuse de grand talent, se serait cachée quelque part sur l'île après être entrée en possession d'un des joyaux de la couronne britannique. Comment a-t-elle réussi son coup ? Nul ne le sait encore aujourd'hui. Ce que JE sais en revanche, c'est qu'il me le faut !
Clodomir, le contrebandier
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21/01/2014
Posté le 19/01/2017 à 09:43:44 

19 janvier 1717 :

Voici deux jours que nous sommes entrés en possession de ce fameux joyau de la couronne anglaise. Une bien belle pierre, force est de le constater ! La pauvre Irena n'avait plus toute sa tête lorsqu'on l'a trouvée et elle ne cessait de radoter des salades à propos de son "précieux". Plus apathique encore que Madre un jour de beuverie dans les quartiers de l'équipage, elle n'a pas fait mine de réagir lorsque j'ai essayé de l'embaucher. Complétement amorphe la gamine, pire que les larves que Buddy s'ingénie à nous servir grillées. Elle nous serait pourtant bien utile, la garce.

Ce diamant a un pouvoir indéniable sur les personnes qui l'observent. Moi-même, je me sens "ailleurs" quand je le contemple trop longtemps. C'est ridicule ! Je ne suis pas homme à m'abimer dans la contemplation oisive ! Pourtant, la pureté de ses formes, son coloris délicat, les irisations de la lumière qui le traverse, tout concourt à vous faire oublier la réalité. Il est bien trop dangereux de le conserver ainsi. Je l'ai enfermé dans un coffret mais je n'arrive pas à m'empêcher de le sortir de temps à autres... Il nous faut trouver une solution au plus vite.

Les suggestions fusent, certains voudraient l'enterrer, d'autres le garder pour nous dans la cale. D'autres encore le vendre et partager le butin. Madre voudrait même le faire incruster dans le jubé de la chapelle d'Azalée. Les tensions montent et la mutinerie gronde. Ont-ils donc tous perdu la raison ? Quoiqu'il en soit, impossible de quitter les lieux avant d'avoir réglé la situation.

J'ai contacté un joaillier hollandais de ma connaissance, un certain Van Cleef, qui pourrait retailler cette gemme et nous permettre de l'écouler en plusieurs morceaux. Il est actuellement à la Barbade et devrait arriver sur Liberty dans dix jours. Espérons que la santé mentale de l'équipage tienne jusque là.
Soy
Soy
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28/07/2013
Posté le 21/01/2017 à 14:25:50 

21 janvier 1717


http://www.4shared.com/web/embed/audio/file/VsiTSVbqce?



Le sang... aux pieds des montagnes, le sang a envahi la plaine.
Sa pourpre a transformé jusqu'à la chlorophylle des plantes, peu à peu sa texture poisseuse s'imprègne jusque dans nos bottes, son odeur couvre celles de toutes autres choses. 
Se mêlant à la chaleur, certes modérée en ce mois d'hiver, il emplit l'atmosphère de ses effluves plus fortes encore au fur et à mesure qu'il se perverti. Le rouge laissant peu à peu la place au noir.
 
Assauts après assauts, repoussés tous, payés chèrement à chaque fois, et nous ici... toujours immobiles à patauger, tenant une position de plus en plus intenable, patientant des heures que la mort veuille bien se pencher sur nous, qu'elle daigne nous libérer de notre immobile infortune, de notre insupportable lassitude. 

Le capitaine ne détache plus qu'en de brèves consciences ses yeux du joyau que nous devons protéger. Quelle folie s'est donc emparée de lui ? Qu'elle folie s'est donc emparée de nous ? Plus les heures passent et plus la tension est palpable. Au point que nous soyons satisfaits quand un ennemi veut bien se montrer, nous occuper, nous sortir de cette torpeur qui peu à peu nous tue à petit feu. 

J'ai moi-même de plus en plus de difficultés à cacher mon profond désaccord vis à vis de certains de mes frères, vis à vis de certaines de mes soeurs. Cette mission est en train de nous détruire, de laisser apparaître tout ce qui nous désuni, petites pierres posées sur d'autres petites pierres, édifiant le mur de nos incompréhensions mutuelles.  

Cette pierre nous a piégé ici, immobilisé devant le danger, rendu statiques et vulnérables autant de la main de nos ennemis que de nos propres failles. Ces dernières étant infiniment plus redoutables pour notre toute petite compagnie.
La liberté c'est le mouvement, la liberté c'est d'être de passage, de n'être que des ombres frappant là où l'on ne nous attend pas et de recommencer ailleurs dès la prochaine heure. 
Voici que nous nous sommes emprisonnés tout seul, que nous nous sommes posés les chaînes de l'inaction... au beau milieu de cette plaine qui regorge de sang. 

Mon épée est devenue lourde, chaque goutte de sueur semble creuser un sillon dans la crasse et la poussière qui recouvrent mon corps. J'en vient presque à espérer l'attaque des Anglais, des Hollandais, à vrai dire de n'importe qui. Que ceux-là viennent nous délivrer avant que nous nous fassions disparaître nous-mêmes, que ceux-là viennent nous sauver de nous-mêmes.  

Le sang... aux pieds des montagnes, le sang a envahi la plaine. Et au dessus de nous le ciel semble se moquer, nous abreuvant de son bleu immonde immonde le jour, de sa chaleur moite, pour mieux nous glacer la nuit, sans que jamais depuis tous ces jours, nous ne puissions bouger et recouvrer notre liberté d'action.

Cette pierre aura raison de nous aussi sûrement que n'importe quelle armée. cela prendra plus de temps voilà tout. Un temps qui ne passe pas, infini, insupportable, vénéneux.
Les requins n'aiment pas passer de trop longs moments ensembles. Il arrive toujours cet instant où ils commencent à se regarder entre eux, et a se considérer différemment, comme tout compte fait... des proies possibles eux aussi.

Le sang. Le sang à envahi la plaine. Le sang à recouvert nos bottes. Le sang à souillés nos vêtements. Et tout comme le ferai un acide, peu à peu, le sang est en train de nous manger.  

http://www.4shared.com/web/embed/audio/file/gCgP6h7fce?

Clodomir, le contrebandier
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Posté le 02/02/2017 à 11:20:36 

2 février 1717 :


Je ne trouve plus le sommeil. Et ce ne sont pas les rats qui s'ingénient à boulotter dans la cambuse, pas plus que les bataves qui s'amassent tels des cafards au pied de nos palissades dans l'espoir de piller le repaire qui en sont responsables...

Cléo. Voilà la raison de mon trouble. Je n'aurais jamais dû l'envoyer à la tête d'un sloop pour un raid sur les Bermudes. Un équipage restreint et un vieux rafiot ? C'était peut être pousser un peu loin la cupidité. Même si je n'aurais jamais cru possible de devoir l'admettre un jour.

Plusieurs jours se sont passés et toujours aucune nouvelle. Je crois qu'elle nous a quittés. Pour de bon. Partie à l'aventure pour elle-même ou rattrapée par la "justice" des hommes ? Impossible de le savoir pour le moment.

Cela laisse un vide béant dont l'équipage souffre. J'entends quelques grognements dans mon dos mais ces rustres savent qui les nourrit et je ne doute pas que nombre d'entre eux auraient fait pareil, voire pire encore, pour accroitre leur part du butin.

Heureusement, ces dissensions sont quelque peu tempérées par l'arrivée d'un nouveau frère parmi nous. C'est toujours un grand moment pour l'équipage et les paris sont ouverts pour savoir s'il tiendra plus d'une semaine. Le Corbeau déploie ses ailes sur le pont et, tradition oblige, le balai l'a rejoint pour une danse endiablée.

02/02 11:08:39 : Tu donnes 1 Balai à Le Corbeau


Nous devons recruter encore ! Les hollandais ont prouvé qu'ils étaient suffisamment nombreux et ingénieux pour percer nos défenses. Le repaire est en ruines et nombre de coffres ont été exhumés. Le désastre est consommé. Mais nous nous relèverons.

J'ai donc décidé de nommer Madre en tant que passeuse pour remplacer Cléo. La vieille nonne sait juger les gens en un tournemain et j'ai confiance qu'elle saura extirper la vérité des prétendus aspirants plus efficacement encore que les Jumeaux avec une tenaille. Ce qui n'est pas peu dire. Ce qu'on y perd en divertissement, on le récupère en propreté.


L'équipage est donc organisé ainsi :

Clodomir, Capitaine
Alanis, Timonier (Second)
Madre Anna, Quartier-Maître. Passeuse.
Guillemin, Cartographe
Buddy, Coq
Les jumeaux, Confesseurs
Le Corbeau, Cannonier-artilleur
Soy, Maître d'armes, musicien
Clodomir, le contrebandier
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Posté le 08/02/2017 à 10:08:46 

8 février 1717 :

En proie à des rêves étranges depuis quelques jours. Voilà un phénomène bien curieux. Les rêves ne sont que l'échappatoire de ceux qui ne peuvent faire face à la réalité, je ne m'abandonne jamais à ce genre de faiblesses. Que m'arrive-t-il ?

Des visions singulières de créatures cauchemardesques m'assaillent, une femme rousse apparait régulièrement au beau milieu d'un paysage de dévastation organique. On croirait presque voir les latrines après une visite de Gaston. Presque.

Ces réveils intempestifs m'ont fait remarquer la disparition de Buddy. La tambouille est de bien piètre qualité depuis que le Coq a mis les voiles. Et le moral  en chute libre. J'ai chargé les jumeaux de nous le ramener. Par tous les moyens.
Clodomir, le contrebandier
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Posté le 21/02/2017 à 19:59:07 

21 février 1717 :


Buddy est de retour ! Cela faisait presque deux semaines que nous n'avions plus de nouvelles de lui...Je commençais sérieusement à en avoir assez de la tambouille des Jumeaux et de perdre du poids par la même occasion. A quoi reconnait-on un homme de bien ? A son tour de taille, pardi ! A ce traitement, il y a fort à parier que les autres contrebandiers auraient fini par se douter de quelque chose. La vie d'un frère n'est rien à côté de la réputation.

Le pourquoi de cette disparition ? J'ai bien l'impression que c'était une tentative plus ou moins maladroite de gagner mes faveurs. Tout n'est pas encore clair dans cette affaire, je m'interroge sur la suite des événements voire d'éventuelles sanctions... Il s'agirait d'un arrivage d'épices rares dont Buddy aurait entendu parler et dont il voulait me faire les honneurs. Touchant. J'en verserais presque une larme. Si j'arrivais à retrouver mon cœur.

Pour une fois, une de ces larves qui aspirent à nous rejoindre s'est montrée vaguement utile, voire compétente. Ce chasseur de primes espagnol, ce Kunkka, a réussi a retrouver notre clown au plus profond de l'ancien repaire. Inconscient. Enfin doublement inconscient... Il nous l'a même ramené en un seul morceau. Je l'aime bien ce petit. Il va falloir le surveiller de près désormais. Il est des nôtres maintenant ! 

Les cauchemars me laissent enfin en paix. L'appétit est de retour et le moral de l'équipage au beau fixe après ces retrouvailles. Il va être temps de s'intéresser aux corsaires...Buddy mérite une vengeance pour ce qu'il a enduré, je suppose, et nous avons un baptême du feu à organiser.

Vogue la Chimère ! Périssent les corsaires !
Clodomir, le contrebandier
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Posté le 27/02/2017 à 11:04:47 

27 février 1717 :


Le nerf de la guerre. C'est ce que l'on dit pour décrire l'argent en ces temps troublés. Faut dire que c'est pas faux. Au final, quand la poussière et le sang sont retombés, c'est tout ce qu'il reste. Mis à part ceux qui, nourris d'idéaux délicieux tels que l'honneur, la nation et toutes ces fadaises ont l'insigne chance de pousser leur dernier râle face à un autre crétin gavé des mêmes sornettes, je ne vois pas ce qu'il y a d'autre à retenir.

L'or afflue dans nos coffres et tous s'ingénient à gagner nos faveurs. Devant la carte de Liberty, je joue avec mon coutelas. De quel côté le couperet va-t-il s'abattre ? Un coup à gauche, un coup à droite, un mouvement de balancier qui laisse présager du sang et de l'or. Puissent ces conflits ne jamais s'éteindre, il y a là tant d'opportunités pour nous...

Hier, une de nos galeries s'est effondrée, sans doute à cause des tremblements de terre venus du volcan. Ça arrive souvent ces derniers temps. Je ne crois pas aux interventions divines et ce n'est pas maintenant que cela va changer. Cependant, les dommages sont considérables et je crains que nous ne puissions jamais restaurer ces tunnels. Malédiction ! Passer la nuit à la belle étoile n'est lus de mon guère de mon âge mais je crains qu'il va falloir faire avec.

Etrangement, le glissement de terrain a eu une conséquence inattendue. Une paroi de la planque de Zvargas a été entrainée dans l'effondrement révélant une armurerie pleine à craquer. Après l'avoir inspectée, je dois dire que c'est du premier choix. Du jamais vu ! Rien à voir avec les épées rouillées et les plastrons défraichis qu'on avait trouvé dans les réserves jusqu'à présent.

Quel dommage qu'il n'y en ait à peine assez pour armer tout l'équipage...Tant d'or, si peu de temps.
Clodomir, le contrebandier
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Posté le 23/03/2017 à 14:56:50 

23 mars 1717 :


Une quête insensée, voilà ce que c'est ! Je ne comprends toujours pas pourquoi Buddy nous a entrainé dans cette histoire. Une recette de cuisine inédite qui aurait le pouvoir de charmer même les dieux ? Ne pouvait-il pas trouver plus saugrenu comme prétexte pour nous leurrer dans cette chasse au dahu à travers l'île ?

Les sbires du poulet nous collent au train comme les furoncles sur le postérieur d'une catin de troisième ordre. Pas moyen de déloger ces cancrelats gonflés d'illusions d'importance par un politicien retors. Il va  falloir les éradiquer purement et simplement. Pas forcément une mauvaise chose en fin de compte.

Le protectionnisme semble être le nouveau mal des temps. Un vieux démon qui revient hanter les colonies de temps à autres avec la croyance déraisonnable en un avenir meilleur entre soi. Heureusement, quelques individus dévoués permettent de continuer à développer nos affaires malgré des tentatives d'entraves fiscales. Ce n'est pas sans contreparties, évidemment, mais qu'est-ce qui l'est vraiment ?

L'or afflue encore et toujours. Les cités peuvent brûler, peu importe.
Clodomir, le contrebandier
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Posté le 14/04/2017 à 11:19:01 

14/04/1717 :

Voici plusieurs semaines que j'observe Madre. Elle m'inquiète, cette vieille rosse. La vénérable nonne,  proverbialement placide et imperturbable telle une vache dans un champ à l'herbe grasse semble bien agitée dernièrement. Je l'ai surprise a tenir des propos incohérents, enfin encore plus qu'à l'ordinaire, à plusieurs occasions. Ce n'est pas vraiment dans ses habitudes de débiter des salamalecs a propos d'envahisseurs que personne n'a jamais vu, de pérorer sur un gouverneur fantomatique, de dégoiser sur des combattants illusoires...

Il va me falloir la surveiller de près ! Je sens que quelque chose ne tourne pas rond et mon instinct ne m'a jamais trompé sur ce genre de questions. Il serait temps de cacher quelques coffres à l'abri des regards au cas où. L'équipage y tient à cette carne et qui sait si je ne serais pas menacé par ses délires si elle parvenait à convaincre quelques uns de ces simplets de la véracité de ses visions ?
Nick le Brun
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Posté le 22/06/2017 à 21:09:10. Dernière édition le 22/06/2017 à 21:10:42 

22 juin 1717

Si je m'attendais... me revoilà à tenir ce foutu journal. De manière provisoire pour le moins.

Voila trop de temps que le Capitaine à disparu. Certes il nous avait donné l'habitude d'une certaine discrétion, souvent pour affaire d'un bout à l'autre de l'île et parfois au large. Mais il nous donnait régulièrement de ces nouvelles.

Voila plusieurs jours que l'équipage est inquiet. Pour le capitaine d'abord, parce que faut bien le reconnaitre, il a su se faire apprécier de chacun des membres de la confrérie. Sur qu'il laissera une empreinte dans l'histoire de la piraterie. Et pour la Confrérie ensuite, on ne peut continuer plus longtemps sans un homme à la barre de la Chimère.

Comme la tradition le veut, en l'absence d'un capitaine, c'est au second de s'y coller. Alors me voila.

La frustration de ne pas savoir ce qu'il s'est passé est révolue. Tous nous avons imaginé le pire... la pendaison sur une ou l'autre place publique de Liberty, ou d'ailleurs.

Mais coupez une tête et dix autres repousseront. Nous laissons encore passer quelques jours et l'épreuve de la carapace se jouera une nouvelle fois sur la Chimère.

Outre se fâcheux incident, l'équipage va bien et à soif d'en découdre à nouveau avec Liberty. Voila une semaine qu'on tient la Madone. Mais déjà cela nous suffit plus. Nous allons profiter de voir les corsaires s'amuser à se chasser entre eux pour avoir un meilleur point de vue sur Liberty. Nous allons gagner de la hauteur et le Jolly Roger flottera à nouveau au sommet de Liberty.
Madre Anna
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Posté le 24/09/2017 à 14:50:59 

Temps calme. Trop calme. Pas un souffle de vent.
Nous attendons. Nous tournons en rond. Le Corbeau tire sur les Anglais. Guillemin découpe des Espagnols. Elliott récure le pont, et je ne veux même pas savoir ce qu'il fait d'autre. Alanis hante le pub.
Clodomir est toujours au large, pour ses affaires.
Ma récolte de plantes est bientôt finie.
Je mets à jour le rôle de l'équipage.

Clodomir, Capitaine
Alanis, Timonier (Second)
Madre Anna, Quartier-Maître. Passeuse.
Guillemin, Cartographe
Buddy, Coq
Les jumeaux, Confesseurs
Le Corbeau, Cannonier-artilleur
Soy, Maître d'armes, musicien
Kunkka, chasseur de primes
Elliott, rien
Nick le Brun
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Posté le 09/10/2017 à 11:15:49 

09/10/1717

Cette fois, la décision est unanime. Les carapaces tronent au cercle du ponton sud.

Dans quelques jours, la Chimère aura un nouveau capitaine.
Madre Anna
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Posté le 14/10/2017 à 21:52:12. Dernière édition le 14/10/2017 à 21:53:25 

Après avoir vidé les carapaces sur le pont, Madre Anna fit un décompte solennel, nonobstant les cris de victoire et les verres de l'amitié qui encombraient le pont depuis la veille.

Après avoir revérifié les comptes, elle s'en alla vers le poste de pilotage, et s'empara du journal de bord, peut-être pour la dernière fois.

Capitaine: Marco Gemini.

D'un pas lent, elle s'en alla ensuite, laissant le nouveau capitaine compléter à sa guise le rôle d'équipage.
Marco Gemini
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Posté le 17/10/2017 à 14:17:15. Dernière édition le 17/10/2017 à 14:21:13 

15 octobre 1717 :
 
Voilà que mon tour est arrivé. Ce n'est pas vraiment de gaieté de coeur : il me faut assumer la charge aux dépens de Clodomir, ami estimé déjà absent depuis de longues semaines. Cela ne m'empêchera pas de faire régler la discipline avec ferveur... Pas plus tard qu'hier, un mousse a volé quelques provisions. Deux doigts tranchés en punition -et retrait "chirurgical" de l'index pour celui qui l'a balancé. L'un comme l'autre se tiendront coi : on ne vole pas ses camarades, et on ne les balance pas sans qu'on l'ait demandé.

Je crois en la punition salvatrice, appliquée de la main même du capitaine. C'est essentiel. C'est purificateur. On me maudira, puis on me remerciera d'avoir ramené les agneaux dans le droit chemin.

Madre sera mon second. Le lien entre la mémoire de Liberty et le sang neuf. Nos avis divergent plus qu'à leur tour, mais cela est bon : il serait stupide de refuser les points de vue différents, car ils permettent de mieux voir le tableau dans son ensemble. En vérité chacun de mes confrères est essentiel : nous formons un groupe, et en tant que tel nous nous devons d'être soudés pour survivre. Les fautes doivent être punies, les péchés expiés par l'effort, la douleur et l'abnégation. Alors seulement les combattants sont dignes de s'appeler frères d'armes.

Elliott est un bon ajout à l'équipage. Sa parole est vive, son esprit fécond et sa jeunesse rosée au cul rebondi plaisante à l'oeil. La vue d'un giton tel que lui égaye le pont de la Chimère. Bien entendu, son intérêt principal réside dans sa profession : les bons plaisants font les meilleurs informateurs.


Marco Gemini
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Posté le 07/12/2017 à 17:51:57. Dernière édition le 07/12/2017 à 17:53:38 

7 décembre 1717

Buddy et Clodomir nous manquent encore profondément -la bouffe est déplorable sans véritable Coq, et Guillemin délaisse l'épée pour se glisser dans les pas de notre contrebandier favori. La perte de bons éléments nous aura coûté bien plus que prévu. J'aurais mis longtemps à me décider, peut-être trop... mais la Confrérie connaît aujourd'hui un regain de ses forces, appuyée par deux nouvelles anciennes recrues : rien de moins que la Providence et le Voyageur.

Ironie du sort que celui qui m'introduit jadis à l'équipage se trouve maintenant sous mes ordres. J'apprécie l'événement à sa juste valeur. Dame Chance, vieille pute grivoise, je porterai un verre à ta santé à la première occasion. C'est un homme à l'esprit puissant ainsi qu'un excellent compagnon. J'inscris son nom avec fierté dans ce journal, et il me tarde de nous battre ensemble au nom de la gloire et des richesses.

La Providence... ce ne fut pas simple. Comment faire cohabiter deux esprits à la fois si semblables et si différents ? Nous sommes des brutes bornées. Le choc fut rude et il le sera probablement encore. Elle s'est déjà taillé un nom, et je serais sot de ne pas y apporter crédit. Je suis convaincu que nous pouvons travailler de concert pour servir la Confrérie. De toute manière, je refuse tout net d'entretenir des conflits stériles parmi cet équipage qui m'est attribué et tout fauteur de troubles connaîtra mon courroux.

Je dois maintenant m'occuper d'une tâche que j'ai trop souvent repoussée.



Équipage de la Chimère :

- Marco Gemini, Capitaine
- Madre Anna, Quartier-Maître, Passeuse
- Alanis, Timonier
- Guillemin, Cartographe
- Le Corbeau, Canonnier
- Kunkka, Moucheur
- Soy, Maître d'armes
- Elliott, Giton
- Anne Providence, Bourreau
- Nico le Voyageur, Gentilhomme
Marco Gemini
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Posté le 16/04/2018 à 12:24:18. Dernière édition le 16/04/2018 à 12:57:38 

Il n'avait point mis à jour ce journal depuis des siècles, semble-t-il. Il ignorait la date exacte -impossible de déterminer s'il faisait même encore jour ou non vu comme ils étaient enfoncés dans les entrailles de la terre, pile au fin fond de cette caverne.

Sûrement que, coincés comme ils l'étaient, isolés d'une partie de l'équipage et promis à l'ire des corsaires, ils ne dureraient plus très longtemps. Quoi que... Ne jamais perdre espoir, jamais !

Non pas qu'il croyait en un quelconque ange gardien, encore moins en l'existence de miracles ; mais accrochez-vous suffisamment fort à un morceau de bois qui flotte et vous pourriez peut-être bien surmonter toutes ces vagues qui viennent d'emporter le navire.

Il n'était pas effrayé, juste lassé. Profondément, indubitablement lassé. Comme s'il n'avait jamais pu satisfaire sa soif. Soif de quoi, d'ailleurs ? Son dieu le pourvoirait de tout ce qu'il jugeait bon en temps voulu, c'était une certitude qui ne laissait place à aucune once de doute, aussi infime fût-elle.

Bref. Il avait fait un certain choix il y a peu. On le penserait peut-être fou, mais lui savait. Il le sculptait. L'imprégnait. Petit à petit, il se constituait un noyau dur au milieu de cette viande tendre qui lui était déjà dévouée corps et âme. Le meilleur venait toujours de là où on l'attend le moins. Les moqueries que cela ne manquerait pas d'engendrer crèveraient dans les gorges de leurs propriétaires.

Sa patience pouvait excéder celle d'un rocher derrière la façade bestiale, et malheur à qui l'aurait oublié. Il inscrivit une nouvelle ligne dans le vénérable carnet de bord.

Elliott - Second
La Tigresse sanguinaire
La Tigresse sanguinaire
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Posté le 03/05/2018 à 00:18:39 

02/05/1718


Soleil couchant rouge sang

Soirée thématique sur le changement de couleur.

Le Jolly Roger flotte au sommet de Van Ders tandis que les tapis et pavés sont couverts de sang.

Un ancien espagnol devenu pirate redevenu espagnol reprend le bandeau noir.

En tant que Marraine, j'ai remis à Rodrigo ce bandeau noir qu'il n'aurait jamais du quitter.

Pour la Confrérie.

Anne Providence
Bourreau de l'équipage.
Nick le Brun
Nick le Brun
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Posté le 28/05/2018 à 10:16:21. Dernière édition le 28/05/2018 à 10:19:27 

Souvent, on m'a confié les sujets difficiles, décision délicate, avis partagé, ...

Entre mes mains, si tu n'es pas entièrement dévoué à la cause, tu n'y survis pas.

D'ailleurs aucun de mes filleuls, n'a pu monter sur le pont de la Chimère. Jusqu'à Trounu, mais lui c'était pas pareil.

Il a fallu qu'il soit à son énième candidature. Qu'il s'affiche au yeux de tous comme aspirant à la confrérie pirate. Il a fallu qu'il porte l'odeur de la mort et du sang pour qu'enfin il accède à ce bandeau si convoité.

Don Valakas le zombie fait maintenant parti de l'équipage.

Alanis
Timonier de la Chimère
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