Faux Rhum Le Faux Rhum Faux Rhum  

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Concours RP - La page déchirée  
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Sagiri
Sagiri
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08/12/2015
Posté le 03/06/2016 à 12:01:43 

Liberty et ses quatre tours. Des édifices qui sont le symbole d’une nation, et surtout la fierté de cette dernière.
Voir le drapeau que l’on défend flotter et être lécher par le vent est synonyme de devoir accompli pour le blason que l’on porte sur le plastron.
Mais c’est aussi un endroit où le fer se croise quotidienne. Le pugilat est monnaie courant dans les tours et dans les alentours.

Deux hommes se trouvaient au coin du feu, au milieu des tours centrales de Liberty. 
Les rapières et les pétoires étaient au sol. Signe de paix où de trêve ?
Dieu seul le savait. 
Le feu crépitait grandement signe qu’il avait été attisé récemment.
La soirée semblait calme, et surtout orpheline de pluie, qui avait recouvert Liberty depuis de nombreuses journées.

L’un des hommes allait commencer à parler…

(La page du conte de la Barde est déchirée a cet endroit…. )
Althéa de Rioghan
Althéa de Rioghan
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Posté le 13/06/2016 à 12:21:58 

( à la demande de Joshua ; une petite musique : https://www.youtube.com/watch?v=QZbuj3RJcjI )



- C'est calme ce soir ! Trop calme...

L'homme qui venait de s'exprimer tira sur sa pipe et fit s'envoler une fumée dense de tabac brun. Ses yeux bleus azur scrutaient la nuit.

- Tu ne peux pas te détendre un peu Ed ? Profites de la nuit ! Elle est si belle ! Lui rétorqua un jeune homme lui faisant face.

Un sourire aux lèvres, le jeune homme plaça ses mains derrière sa nuque et s'allongea sur le sol. Ses yeux noirs, se confondants avec la couleur de sa peau, ne se lassaient pas de contempler les étoiles. Tel un enfant émerveillé par tant de beauté, il ne manquait jamais faire un vœux lorsqu'il apercevait une étoile filante.

- Hé ! T'as vu ? Dit-il a son vieux compagnon, qui lui préférait garder l'esprit aux aguets.

- Hum ?

- L'étoile là ! Elle change de couleur !

- Ouai ... et alors ?

Le manque d’enthousiasme de l'homme à la pipe était flagrant et avait l'art d'horripiler le jeune Thomas.

- Ed ! Tu ne peux pas être un peu moins sérieux parfois ? T'es pas marrant ! Tu vois toujours la vie en noir ! T'es toujours à te méfier de tout et de tous ! Bon sang ! Y'a tellement de belles choses à voir sur cette île !

Eduart Scholten quitta le feu de camp des yeux et observa Thomas Tiberius Deck.

- Écoutes Tom ! La nature est peut-être belle mais la vie n'est qu'un cauchemar éveillé sur cette fichue île ! Y'a rien de beau, ni de bon ici ! Et seuls les simples d'esprits ne sont pas capables de voir cela !

Thomas ne releva pas la pique de son compagnon, sachant pertinemment que l'esprit renfermé de celui-ci était du à sa vie passée d'aventures et de malheur,  que sa peau jonchée de cicatrices narrait avec brio.

- Crois-tu que les étoiles sont habités ? Dit Thomas le plus naturellement du monde.

- J'sais pas, et j'm'en fiche ! On n'est pas sur les étoiles mais sur cette fichue île maudite où il n'y a que la mort !

Thomas, toujours allongé et les yeux fermés, lui répondit d'une voix calme, en souriant.

- Y'a un vieil anglais qui m'a raconté des histoires sur cette île. Et je peux te dire qu'elle est loin d'être aussi morte que tu le prétends. Je me souviens de quelques phrases... attends... ça disait... un aveugle... non... un borgne... ouai c'est ça : un Borgne...


Un Borgne se laissa séduire par une Perle,
Tenta de la voler comme d'autres avant elle.
Mais ses plans déjoués par Lys la Fleur,
Ne lui laissa que du vieux rhum l'odeur.

(https://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=5&theme=15&sujet=3928&u_i_page_theme=1&u_i_page_sujet=1)

Le rhum de Molotov ou bien du père Ralex,
Qu'importe le breuvage pourvu qu'on ait l'ivresse.
Certains en ont abusé, et leurs crânes leur ont rappelé
Que l'alcool avec modération se doit d'être absorbé.

(https://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=5&theme=15&sujet=13787)

Nathan, l'Inconnu, disait que tout était écrit d'avance,
Notre présent, notre avenir, comme une éternelle danse.
Mais les partenaires changent et la danse s'accélère,
Troublant l'avenir ; la vie n'est que mystères.

(https://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=5&theme=15&sujet=12554)

Des danses il y en a des centaines, macabres ou souveraines,
Elles attirent deux êtres par amour, amitié ou haine,
Elles ne laissent jamais ces acteurs indifférents,
Et donnent à leurs pas des allures de faux semblants.

(http://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=5&theme=15&sujet=16913)

Mais il ne faut pas oublier que où nous sommes, séant,
Liberty ! Île mystérieuse et magique, île sortie du néant.
Inconnue sur les cartes, où nous vivons notre destinée,
Irréelle contrée, issue du sang, où tout peut arriver.

(http://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=5&theme=15&sujet=27542)

...

Le craquement d'une branche morte se fit entendre. Tom ouvrit les yeux et se figea, fixant trois membres de la confrérie se tenant devant eux un sourire mauvais aux lèvres.

- Et merde...



Et pendant ce temps.... la Fleur de Paimpol,
Nom donné à un petit sloop corsaire,
Tel un paille en queue loin de nous s'envole,
Par tout temps et par toute mer.

(http://www.pirates-caraibes.com/fr/index.php?u_i_page=33)
Mhor El Glann
Mhor El Glann
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Posté le 17/06/2016 à 01:09:41 

[Musique d'ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=BFUDtXGJTNI ]



-Tu la veux comment ta merguez ?
-Bien cuite s’il te plaît.
 
L’île semblait calme en ce début de soirée lourde, des nuages noirs pesants sur le ciel et cachant bien des étoiles à la vue des deux hommes. Lourde aussi par la tension qui habitait ce petit coin de paradis, le feu moins brûlant que les âmes de ces guerriers en train de se reposer. L’un portait les couleurs de la France à sa ceinture d’un tissu bleu cobalt. Bien fait de sa personne ses cuirs et soies avaient vécu mais présentaient toujours bien. L’autre portait celles de l’Espagne avec un gilet terre de Sienne ouvert sur son torse, nu, musculeux et recouvert d’une toison brune fournie.
 
-Ca sent l’orage dit le second.
-Ouais, répondit presque laconiquement le premier, buvant une rasade de rhum au goulot d’une bouteille de terre cuite avant de l’envoyer à l’autre.
 
Une merguez, un bout de pain et de fromage chacun, une bouteille pour deux, voilà ce qui composait leur dîner assez frugal mais parfumé. Au loin un ara décolla d’un fouillis d’herbe où un sanglier passa en trombe, dévalant la pente jusqu’au point d’eau proche.
 
-Elle dirait quoi, si elle savait, selon toi ? demanda l’espagnol.
 
Le français haussa les épaules en déliant ses doigts fatigués avant de répondre.
 
-Probablement qu’on est deux fieffés machos doublés d’abrutis finis à la pisse anglaise.
 
L’espagnol rit un instant, à deux doigts d’ailleurs de mal avaler le rhum, ce qui aurait été gâcher.
 
-Pas faux. Ca change quelque chose ?
-Je ne pense pas, et toi ?
 
Les yeux des hommes se croisèrent, un premier éclair jaillit des nuages se regroupant au centre de l’île.
 
-Non plus.
 
Il n’y avait rien de plus à dire. Ils mangèrent tranquillement, sans mot dire, savourant ce repas chiche mais réconfortant. Puis ils vérifièrent leurs armes une dernière fois avant de regarder le ciel.
 
-Va pleuvoir.
-Tu veux remettre ça à plus tard ?
 
Un sourire ourla les lèvres du français.
 
-Certainement pas.
 
Et l’espagnol de sourire aussi. Liberty, île de paradis, royaume infernal. Siège de quatre nations, arène de tous les vices. Et ce soir, c’était à leur danse de se déployer sous l’éther chargé d’électricité. Leurs pieds s’enfoncèrent dans le sol, s’espaçant pour prendre appui. Le français était svelte, élancé, taillé pour la vitesse. L’espagnol avait la musculature lourde, le buste large, un corps voué à la violence dans chacun de ses coups. Rapière baissée, le français attendait le premier coup de l’épée bâtarde de son adversaire. Plus de sourire, plus d’amabilité. Rien qu’une tension parcourant tous leurs muscles, aiguisant leurs sens.
 
Une goutte d’eau tomba.
 
Et le premier coup fusa.
 
Un coup large, lourd, de haut en bas dans une vicieuse diagonale. Le français glissa sous la lame, perçant la défense de l’espagnol et la pointe de sa lame fila à toute vitesse vers la gorge offerte de l’hispanique. Le tonnerre roula au moment-même où le fer crissa sur le fer, la sénestre gantée parant le coup, le déviant et profitant du mouvement pour jeter dans le même mouvement un coude assassin sur la pommette française, qui éclata sous l’impact. Chancelant, le mousquetaire recula et l’épaisse épée jaillit à nouveau, visant les jambes. Un coup qui ne fendit que l’air, le drôle sautant par-dessus dans un mouvement digne d’un artiste de cirque, un geste décisif lui octroyant l’opportunité de trancher l’épaule adverse du bout de sa lame.
 
La pluie se fit plus insistante, détrempant en un rien de temps les deux hommes et finissant de faire agoniser le feu qui occupait plus tôt leur attention.
 
Et leurs yeux ne se lâchaient pas, leur respiration plus lourde, leur cœur palpitant plus rapidement mais toujours aussi concentrés malgré leur blessure.
 
Ils s’étaient jaugés, ils s’étaient étudiés. Le vrai combat pouvait commencer. C’est en même temps qu’ils se redressèrent, et dans la même expiration qu’ils atteignirent leur second souffle, repoussant la fatigue et la douleur derrière le mur quasi-inexpugnable de leur volonté. Plus rien n’existait. Plus de nation, plus de météo, plus de raison. Que deux armes, deux âmes, deux volontés. Si au loin les cloches tentaient vaguement de rendre la pareille aux nuages qui explosaient en des tonnerres tous plus tonitruant les uns que les autres, rien ne leur parvenait. Ils se jetèrent l’un sur l’autre, qui lançant des coups d’une brutalité impressionnante, qui virevoltant sur le fil de la mort avec non moins de brio. Leurs pas trouvèrent le rythme, cette mélopée unique aux guerriers, à ceux qui ont perdu tous sens de la réalité pour ne plus ressentir que la voix du combat. Tout, tout se trouvait là, dans ce temps et ces contretemps, qui définissent la vie ou la mort, le périmètre de défense, l’ouverture d’attaque, l’ultime respiration où se trouve le seul moment permettant le contre. Et ils dansaient tout deux sur leur partition respective un chef d’œuvre malgré la boue venant peu à peu défaire leur cercle de défi.
 
Mais à toute musique sa fin. Et celle-ci n’en a jamais de glorieuse. Le français et l’espagnol entendirent le même trémolo chez l’autre et en profitèrent pour un rapide coup, atteignant un contrepoint fatal à leur ballade. Les lames se croisèrent dans un feulement polyphonique dramatique, perçant leur chœur et mettant fin à leur pièce.
 
La pluie atteint son paroxysme.
 
Et leurs yeux secs ne versèrent pas de larmes. Ils se regardèrent, crachèrent du sang, et sourirent même.
 
-T’avais dit qu’on était quoi déjà ? demanda en soufflotant l’espagnol.
-Deux fieffés machos doublés d’abrutis finis à la pisse anglaise, répondit en crachant du sang le français.
-L’était pas mal celle-là.
-Merci.
 
Et ils s’affaissèrent, mourant l’un sur l’autre dans une embrassade qui aurait pu être comique si elle n’avait été aussi tragique. Peu importe la raison, se battre n’apporte rien que la mort. Même se battre pour l’être aimé. Au lieu de deux prétendants, demain une femme se réveillerait veuves de deux amants.
 
Si l’homme passait autant d’énergie à aimer plutôt qu’à ferrailler, il n’aurait pas besoin de croire en un paradis, car ses pieds fouleraient une terre aussi riche que celui-ci.
Kayla
Kayla
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28/07/2013
Posté le 19/06/2016 à 18:44:42 

https://www.youtube.com/watch?v=QIzDAGDzUVg

« Tu devrais manger un peu. »

Le jeune corsaire français semblait complètement effrayé. Il s'appelait Emile et venait de passer plus d'une demi heure, sans broncher à regarder le feu crépiter. Le criminel hollandais qui l'avait enlevé était robuste, un grand gaillard comme on n'en faisait plus ici depuis des lustres. Ce dernier croquait dans un morceau d'oreille de cochon qu'il avait soigneusement fait griller sur le feu. 



« Je n'ai pas faim... » répliqua timidement Emile, sans porter le moindre regard au hollandais de peur de l'énerver. 

« Ce n'est pas à toi que je cause, sombre idiot! Je me moque que tu crèves de faim. » gueula le ravisseur tout en mâchant sa viande avec la force impressionnante de ses mâchoires. Le français sursauta, et laissa de nouveau sa tête toute tremblante tomber sur ses genoux. On n'entendait désormais seulement les bruits provoqués par les êtres et les esprits de la forêt caribéenne. 

En effet, le vieux bougre parlait à une autre personne qui tentait de se faire plus discrète que le jeune français. C'était une femme, une très belle femme, peut-être d'origine indienne. Elle avait les poignets liés d'une corde derrière son dos ainsi que les chevilles, ce qui l'empêchait de bouger. Elle ne pouvait pas dire un seul mot, car elle était également garrottée. Ses longs cheveux noirs et ondulés lui tombaient telle une cascade le long du dos. Elle était seulement vêtue d'une robe d'un tissu d'origine inconnu qui lui arrivait en haut des genoux. Son visage angélique venait s'adoucir grâce aux larmes qui coulaient sur ses joues. 



« Tu n'as pas faim, ma jolie? J'ai peut-être quelque chose pour toi. » grogna le vieux hollandais d'une voix abrupte.  Il pointait cette fois son couteau sur la jeune indienne, ce qui l'effraya et la força à remuer dans tout les sens. Ses yeux sortaient presque de ses orbites, elle tentait de se battre contre les cordes qui lui enlevaient toute liberté. Elle tenta de scier ses liens contre le bout d'une pierre. Le bruit du frottement fit retourner la tête d'Emile. Il s'avança alors doucement vers la jeune femme qui sursauta encore plus fort. Emile pensait que si elle n'était pas bâillonnée, elle aurait hurlée si fort que les Dieux eux mêmes se seraient réveillés. 

« Du calme, du calme...je suis un ami...tu n'as rien à craindre de moi... » murmura le français en passant une main dans sa longue chevelure blonde attachée en queue de cheval. C'en était trop pour le hollandais qui se leva d'un bond, attrapa une bouteille de rhum et menaça les deux prisonniers. 

« VOUS ALLEZ LA FERMER OUI?! » hurla-t-il, postillonnant sur le visage d'Emile. Le hollandais ne tenait pas debout, il titubait, sans doutes complètement saoul. Le corsaire, qui lui était libre de son corps, pointa son index sur le robuste. 

« Non, c'est vous qui allez la fermer. Vous n'avez en aucun cas le... »

BOUM !

Le coup de poing que venait de recevoir Emile était si fort qu'il tomba sur le sol d'un coup, la tête en plein dans une flaque encore boueuse de la veille. Il n'était cependant pas complètement assommé, et tentait de reprendre ses esprits lorsque le ravisseur le releva par le col et colla son gros nez sur le siens. Il pointa son index gauche sur la jeune femme recroquevillée. 

« Cette mégère est une putain, une traîtresse. Il est en mon devoir de la ramener dans la tour hollandaise. Si tu veux toi aussi arriver en vie, je te conseille de fermer ta grande gouaille et de te tenir tranquille. J'ai tué pour moins que ça. »

Il balança le français sur le sol, comme pour conclure ce qu'il venait de dire, et retourna à sa place se griller un autre morceau de cochon. Il alluma ensuite sa pipe, fixant sans émotion le corsaire et la jeune femme à tour de rôle. Emile en avait eu pour son grade, et passait une main fébrile sur son œil gauche ensanglanté. Soudain, alors que la seule personne vivante sur les lieux semblait être le feu qui crépitait et laissait ses flamme rougeoyer, la prisonnière tenta tant bien que mal de se rapprocher du français, sous les regards interrogateurs des deux hommes. Elle s'approcha encore, et encore, jusqu'à pouvoir toucher de son coude le manteau du corsaire. Puis, sans raison aucune, laissa ses mains toucher la blessure du français. Elle avait réussit à se libérer de ses cordes,, bien étrangement. 



« Sorcière! » cracha le hollandais, prêt à se relever une nouvelle fois. Mais il n'en fut pas ainsi, car la femme lança un regard si terrible au ravisseur que ce dernier se figea sur place, sans avoir la force de faire le moindre mouvement. La femme retira doucement le tissu qui recouvrait ses lèvres, et, passant une main sur le menton du français, lui déposa un baiser aussi doux et frais que le vent qui commençait à souffler. Elle laissa ses lèvres contre celles du jeune homme, avant de s'arrêter et d'orner son visage du plus merveilleux de tout les sourires qui pouvaient exister sur Liberty. 

« Regarde...» dit-elle au français, pointant ses yeux sur une partie sombre de la forêt. Au loin, un loup se distinguait des ombres des palmiers. L'animal se lécha les babines, puis disparut. 

« C'était...»

«...un loup, oui. » affirma la jeune indienne qui paraissait très bien manier la langue occidentale. « Ce sont des créatures très fidèles, très bonnes. Elles sont symboles de paix. » Elle retourna alors vivement sa tête vers une autre partie de la forêt, laissant ses cheveux fouetter le visage d'Emile. 

CRAC !

Emile se réveilla en sursaut. Il était allongé sur le sol de Liberty. Il se releva subitement, et constata qu'il était seul, prêt du feu qui crépitait. Personne n'était avec lui, il était seul. Le hollandais avait disparut, et son cochon grillé n'était plus en train de flamber. La jeune indienne n'était plus là. Complètement troublé par ce rêve qui semblait pourtant si réel, il regarda derrière lui. Les arbres étaient les mêmes, et son œil lui faisait toujours aussi mal. D'ailleurs, du sang coulait encore sur son visage. Plus rien n'était compréhensible dans cette histoire, tout s'avérait extrêmement irrationnel. Frottant son manteau, il se jura avoir rêvé et éteignit alors le feu grâce à sa gourde remplie d'eau de source. Il ramassa son épée et la fourra dans son fourreau. Lorsque l'épée eut été rangée, un loup se présenta devant le jeune homme. Le loup le fixa, de ses yeux perçant. C'était le même qu'il avait vu en rêve, la même bête. Emile recula, doucement, puis s'arrêta, tentant de calmer la bête qui pourtant ne daignait pas attaquer. Il aura suffit d'un cri de singe pour faire disparaître l'animal dans la fumée du feu qui s'éteignait doucement. 

Étrange histoire.



C'est pourtant cette rencontre qui, le long de la longue vie d'Emile, le marqua de nombreuses fois. Lorsqu'il ne se sentait pas bien, lorsque sa nation perdait une guerre, ou encore, lorsqu'il ne croyait plus en rien, il se souvenait instinctivement du loup, de l'indienne et du hollandais. Lorsqu'il voulait du courage sur le champ de bataille, il imaginait la cruauté du hollandais et se jetait alors sur ses ennemis, sans peur. Lorsqu'il voulait se faire du bien, il rentrait dans des bordels et choisissait toujours la femme la plus brune, la plus douce et la plus indienne de toutes. Et puis, parfois, lorsqu'il se retrouvait désarmé face au destin du monde, il s'arrêtait et laissait le vent le guider vers ses choix, ayant toujours en tête l'image du loup cet être ô combien étrange et purificateur. 

« Dans ce monde, comme dans l'autre, prends le loup pour frère, car lui seul connaît l'ordre de la forêt. » Proverbe amérindien. 
Sagiri
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Posté le 10/07/2016 à 17:25:40 

La page déchirée version de la trouvère.

Liberty et ses quatre tours. Des édifices qui sont le symbole d’une nation, et surtout la fierté de cette dernière.

Voir le drapeau que l’on défend flotter et être lécher par le vent est synonyme de devoir accompli pour le blason que l’on porte sur le plastron.
Mais c’est aussi un endroit où le fer se croise quotidienne. Le pugilat est monnaie courant dans les tours et dans les alentours.

Deux hommes se trouvaient au coin du feu, au milieu des tours centrales de Liberty.
Les rapières et les pétoires étaient au sol. Signe de paix où de trêve ?
Dieu seul le savait.
Le feu crépitait grandement signe qu’il avait été attisé récemment.
La soirée semblait calme, et surtout orpheline de pluie, qui avait recouvert Liberty depuis de nombreuses journées.

L’un des hommes allait commencer à parler…

(La page du conte de la Barde est déchirée a cet endroit…. )

Il triturait un morceau de parchemin, avec un sceau particulier.
« Cet ordre de mission, je me demande s’il ne nous amène pas au casse-pipe tu sais. »

Le premier homme était vêtu d’une tenue de combat basique, mais il ne portait aucun écusson qui pourrait indiquer sa provenance. Un mercenaire sur Liberty ? Possible.

« Sigurd, tu connais la maxime, il faut obéir aux ordres du recteur de la confrérie des hommes libres sans se poser de question »

Le deuxième homme semblait plus âgé que le premier, il portait une armure de lumière.
Aucun écusson ne montrait son appartenance à une quelconque nation sur cette terre. Comme le premier homme.

« Syrd, je commence réellement à me demander si le principe de cet ordre et son idéal est réellement possible. On est envoyé de missions en missions. Et surtout je doute réellement des intentions du recteur de l’ordre à notre égard.
Cela fait des années que je suis à son service, et je ne l’ai jamais vu se battre. Il agit toujours dans l’ombre, et j’ai bien peur de ne plus lui accorder ma confiance à l’heure actuelle. »

Sirgurd lâcha un profond soupir, on pouvait entendre toute la détresse et tout le désarroi qu’il ressentait au sein de son âme.

Le deuxième homme pris place au coin du feu en s’asseyant en tailleur, puis il prit la parole

« Sigurd, la confiance est un principe même de la confrérie des hommes libres. Sans cette confiance, il est difficile de voir le bien de nos actions. Mais … »

Syrd regarda les flammèches un long moment avant de continuer sa réplique :

« Mais… je suis en train de me demander aussi le bien réellement fondé de tout cela aussi tu sais. Pourtant j’y suis depuis plus longtemps que toi dans cette confrérie, mais je n’ai rien vu de concret. Nous sommes invités à réaliser des missions de plus en plus dure, et à chaque fois nous ne connaissons pas les incidences de nos actes »

Les deux hommes semblaient sur la même longueur d’onde, mais dépités par la situation. Rongé par leur honneur, et aussi par leur envie de connaitre l’impact de leurs actes.

Puis le plus jeune se mit à chantonner une chansonnette, bien particulière …

« Ma vie pour la confrérie, mais pas pour moi,
Cependant aujourd’hui je ne veux plus de ce choix,
J’en connais les conséquences, j’accepte mon sort,
Même si je sais qu’il sera pire que la mort »

Le second se leva d’un bond, semblant choqué et désabusé.

« Sigurd, tu te rends compte de ce que tu viens de dire , tu connais la signification de ses paroles, et les dires en présence d’un des membres, tu sais ce que tu es en train de me demander là ? »

Sigurd ne semblait pas pris de folie, bien au contraire il semblait tout à fait lucide, et surtout tout à fait déterminé dans les paroles qu’il venait de prononcer.

« Syrd, si j’en suis venu à entrer dans la confrérie des hommes libres, c’est parce qu’en te rencontrant j’ai vu une force morale incroyable. J’ai vu en toi un idéal, un modèle, tel le père que je n’ai pas connu et qui est mort au combat en héros… Alors oui je suis tout à fait conscient de ce que je te demande. Car tu es le seul digne de pouvoir le faire. Alors je t’en conjure, applique le chatiment « sacré » qui est reservé aux personnes qui ont le courage de prononcer cet épitaphe… »

L’homme le plus agé serrait ses poings contre lui. On le voyait trembler de part en part. Et une larme s’ajouta à ce tableau qui semblait triste pire même, funèbre.

« Sigurd… Sigurd… tu es vraiment sur que c’est ce que tu désires au plus profond de toi-même ? »
Syrd mit ses deux genoux en terre prit le visage du plus jeune dans ses mains, et posa son front contre le sien.

Le temps semblait s’être arrêté autour d’eux. Comme si l’astre lunaire ne bougeait plus et que ses rayons blancs emprunt de pureté semblaient bénir cette proximité entre ses deux êtres perdus dans un ordre qui les tiraillaient entre la fidélité et l’envie de liberté.

Comme le nom de cette île… Liberty.

Au petit matin, gisait au coin du feu, braises quasiment mortes, deux corps sans vie, deux pétoires et un parchemin au sol.

Chacun des deux hommes avaient une blessure mortelle à la tête. Les yeux sans vie étaient dirigés vers l’astre qui a été le témoin de ce carnage.

Sur le parchemin on pouvait y lire ses quelques lignes.

« La parole de mon ami était pleine de lucidité,
Dans sa prunelle j’ai vu qu’il était décidé.
C’est avec sa pétoire que nous allons agir,
Pour définitivement en finir.

Je suis une homme d’honneur surtout envers mon ami.
C’est comme pour moi un fils, un soleil dans ma vie.
En sondant son âme j’avais compris,
Que le lien de cet ordre était au final une félonie.

De longues discussions s’en sont suivis,
Et ce jusqu'à très tard dans la nuit.
C’est alors que moi aussi j’ai prononcé
L’éloge funèbre de ma Liberté.

La chanson clamée par mon enfant de cœur,
Etait un hymne à l’horreur.
C’est le discours de la symphonie mortelle,
Le poison d’une douce ritournelle.

En prononçant, même en la criant au firmament,
Je me devais d’exécuter ce chatiment.
Celui de la fin de notre affiliation
A ce lien qui nous causait la damnation.

Mais en ayant moi-même tenu le même discours,
J’allais devoir suivre le même parcours
Sigurd était d’accord pour m’aider,
Car nous le savions telle était notre destinée

Nos deux pétoires plaqués sur le front,
Nous nous sommes fraternellement embrassés.
Puis la détente sera pressée sans pression.
A ce moment nous retrouverons notre dignité. »

Quiconque prononce la comptine funeste de la confrérie, devra mourir de la main d’un des hommes de cette dernière.

La confrérie on y rentre vivant, et surtout motivé, mais en sortir indemne, c’est digne d’un conte de fée.
 

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