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La dernière vraie fête des morts.  
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Esther
Esther
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19/01/2010
Posté le 22/10/2010 à 18:16:43 

[Un vent glacial fait clapoter l'eau fangeuse sur les parois terreuses ou sur quelques rochers échoués sur le sol inégal. Sous le plafond du tunnel, le vent hurle comme s'il annonçait déjà la fête à venir, sinistre oracle d'une désolation prochaine.
Esther frissonne tant du froid que de cette perspective, le liquide sombre lui grimpant jusqu'à mi-cuisse pour la geler jusqu'aux os et imposer à sa démarche une lenteur qui la fait enrager.
Rejoignant enfin son compagnon, elle l'observe un long moment en silence, sourcils froncés et immobile, telle une mère lionne considérant sa progéniture coupable de quelque contrariant forfait.

L'insomniaque et irascible blond portant les couleurs de la hollande n'est il pas, dans le fond, le seul à être parvenu à l'apprivoiser? S'il lui passe la moitié de ses caprices et qu'il se laisse tyranniser sans cesse, n'est ce pas juste parce qu'il le veux bien? Dans ce couple mal assortit, quel est celui qui domine véritablement?
Peu importe. Même de cela, elle ne se soucie plus.
Passant une main dans les cheveux masculins, elle joue un temps avec ses mèches, distraitement, avant d'en saisir soudain une entre ses doigts aussi fermement qu'elle s'empare de son couteau. Sans attendre qu'il s'indigne ou qu'il se défile, elle coupe son otage à la racine, l'enroule et la fait promptement disparaitre dans une petite bourse de cuir. Pour toute excuse, elle lui glisse d'un air goguenard:]

"Je verrais bien dans trois jours quelle couleur mon trophée adopte. Ma foi, puisse il rester blond."

[Ricanant brièvement, elle singe une révérence et l'entraine sur les hauteurs, lui faisant gravir avant elle une échelle de corde rongée par l'humidité et qui a connu, de toute évidence, des jours meilleurs. Ainsi, au moins, ils pourront passer la nuit au sec. Enfin prendre un peu de repos, encore que ce soit vite dit: l'épuisement la gagne, à force de veiller presque autant que son comparse. Elle seule sait pourquoi elle se refuse à fermer l'œil depuis des jours, s'obstinant à lutter contre la fatigue qui creuse des cernes de plus en plus sombres sous ses yeux bleus.

Sitôt qu'ils sont à l'écart, comme à chaque halte, elle prépare le camps ainsi qu'un semblant de palissade de fortune censée leur épargner le regard importun de passants trop curieux. Une fois sa tache accomplie et sans la moindre considération pour la pudeur de multiples fois malmenée de son protégé, la grande brune se lave les mains et entreprend de se changer, revêtant pour la nuit des vêtements secs et propres. Avoir la goutte au nez manque cruellement de glamour, et l'inconfort n'a jamais été une close obligatoire à l'aventure lorsque l'on a les moyens de s'y soustraire.
Toujours est il qu'elle agit promptement et sans artifice, sachant son seul observateur totalement hermétique à la nudité féminine. Si certaines auraient pu s'en offenser, Esther quand à elle trouve la chose reposante, à présent qu'elle ne s'amuse plus de s'en servir pour l'asticoter.
Les meilleures blagues sont les plus courtes.]

"Reverrais je Django ce soir? Ou demain?"

[Demande elle simplement de but en blanc, d'une voix un rien brusque.
Selon leur habitude à présent, la discution dévie ensuite sur l'histoire, les mythes, la philosophie, la compréhension de la psyché humaine... Lui enseigne, elle analyse. Les questions et les réponses se suivent, parfois piégeuses mais le plus souvent sincères, entrecoupées de longues périodes vides de mots mais non d'un sens épais et profond qui les connecte de plus en plus.
Finalement, une fois lasse de cet apprentissage peu commun, elle va prendre son poste de guetteur non loin de son mentor après lui avoir confié, pour quelques heures seulement, l'ouvrage qu'elle conserve précieusement et dont il est le légitime propriétaire.
Elle est la Gardienne, après tout. N'est ce pas là son rôle?
Le vent, lui, toujours se lamente tandis que l'eau goutte et suinte dans cette sombre partie de l'ile qui jamais n'a connut le soleil.]
Erick van Haecken
Erick van Haecken
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Posté le 06/11/2010 à 03:06:32 

Depuis quelques jours, son esprit galopait en plein dans le Capricorne. Sur orbite, planant loin au dessus du monde, l'esprit de l'entité connue sous le nom d'Erick Van Haecken explorait de nouveaux concepts, de nouvelles approches, et de nouvelles réflexions. Cet esprit était une créature composite, un construct, fait des brumes d'Albion, des résidus de souvenirs des racines de l'humanité, des peurs viscérales et chthoniennes, des rêves d'innocence et d'authenticité qui s'effilochent en grandissant. Existait il ? Probablement. Mais son essence même était un défi jeté à la face du rationnel.

Des fées ? Oui, elles existaient. Oui il faisait partie de cette autre monde à l'agonie. Celui qui se situe de l'autre côté des sentiers perdus que seul un enfant sait emprunter. Celui qui est dans le coin de l'œil, et qui s'échappe lorsqu'on le fixe. Celui qui apparait lorsqu'on ne voit plus rien, lorsque l'on est seul, sans lumière, et que l'on ose traverser le salon sans chandelle. Celui que l'on entend parfois, au couchant, lorsque les vents d'Ouest charrient les plaintes des Banshees, les prières des Morganed et les hurlements des Kourrils, sans jamais que l'on ne l'écoute pour autant. Ce monde qui fait les arcs en ciels, ce monde qui fit rêver tous les êtres, et inspira mille merveilles. Ce royaume, né dans la névrose et la cruauté du monde naturel, du cruel Redcap aux Hommes-arbres amers, et décoré par le plus naïf des rêves, que le lutin de la pierre d'âtre dépoussière en échange d'un bol de crème.
Oui, ces fantasmes refoulés vivaient, partout autour. Mais pourquoi diable personne ne s'en apercevait ?

Personne en dehors de la jeune apprentie qu'il avait choisie pour être sa légataire. Parviendra t'il à lui enseigner ce qu'il souhaiterai lui apprendre avant de s'évaporer en une brume de souvenirs ? "Erick" était déphasé, mais il devait poursuivre. Lutter. S'accrocher à ce corps emprunté que lui offrit jadis Couskou pour mener à bien sa mission. Ne pas partir, pas tout de suite.
Erick van Haecken
Erick van Haecken
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Posté le 06/11/2010 à 19:15:53 

"Jericho Mondrian

Pour avoir franchit les Portes interdites de l'Outremonde, sera désormais sous l'effet d'un Geïs. A partir de ce jour, et jusqu'à son second Samhain, celui ci sera oint chevalier du Tir Nan'og. Il portera les valeurs de nos royaumes, formera les hommes, servira l'ancienne voie et jettera sur le monde des fils d'Adam et des filles d'Eve un regard sans certitudes.

A compter de la fête des morts de l'an humain 1710, son essence se dissipera peu à peu, et le fils d'Adam sera libéré de sa charge, le coeur lavé de ses rides, l'espoir restauré. Puisse sa mission redonner la Foi dans le coeur des hommes, et puissent les feux de Beltaine brûler à nouveau, lorsque son service sera terminé. Que la passion rejaillisse, que jeunesse et beauté se répandent, et que le souvenir perdure.

Pour les Jeux, il en sera ainsi.

Signataires :

Puck, ambassadeur plénipotentiaire de la cour d'Obéron
CvH, le Hollandais Volant
Arm'lech, seigneur de la cour des Fions de l'Eire et des effraies

Ordre retranscirt sur vélin chimérique à l'attention du seigneur des Atlantes. Puisse ce soldat porter haut les couleurs de vos pennons. Liberty ne tombera pas, le rêve de tous les explorateurs perdurera.

Royalement,
Mab."

Esther
Esther
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19/01/2010
Posté le 21/12/2010 à 13:07:30 

Ce soir, c'est la pleine Lune.

Elle n'a pas besoin de sortir de l'infirmerie pour le savoir ni même de regarder par la fenêtre. Elle le sent, humant l'air comme l'on s'emplirait les narines du fumet d'un bon roti.
Se glissant hors des draps, couvertures et peaux de bêtes en prenant garde à ne pas réveiller ses deux compagnons de voyage, autant l'enfant que le bredouille don juan, Esther se débarrasse des bandages qui l'encombrent et inspecte ses nombreuses plaies.
Bien qu'ayant livré d'âpres batailles au cours des derniers jours, la grande brune s'estime plutôt satisfaite de sa vitesse de cicatrisation, déplaçant un chariot d'infirmière jusqu'à une faille dans la palissade.

Prenant place sur son nouveau siège en plein courant d'air, Esther baisse les yeux sur ce qui repose dans le creux de sa paume: une perle noire marquée au couteau et une mèche de cheveux. Par quelque caprice du destin, celle-ci est restée blonde... mais c'est avant tout un espoir autant qu'un souvenir. La certitude qu'Erick existe encore quelque part. Son ami, son mentor. Celui qu'elle a trop brièvement connu et aspire à rejoindre. Celui qui a su la changer et qui, en échange, lui a laissé un bien pesant fardeau.
Un partenaire qui murmure dans ses songes des mots que nulle oreille humaine ne peut comprendre, que nul oeil vivant ne saurait lire. Lui aussi s'agite, à sa façon, sentant son emprise décroitre. Quelques heures. Quelques jours...

Ce soir, c'est la pleine Lune...
Esther
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19/01/2010
Posté le 16/03/2011 à 22:33:00 

Samedi, ce sera la pleine Lune.

Esther touille la mixture, une fois encore, à la fois impatiente et concentrée sur sa tache.
Du rhopium, deux variétée d'herbes shamaniques indigène, une mesure de sang de démon... de quoi doubler les effets de l'astre... ou la tuer, aussi bien. Le meilleur moyen est de tester, de toute façon.
L'apprentie Gardienne zieute d'un oeil bleu à la fois suspicieux et excité le mêlange adopter une teinte de vieille mousse de bordure de marécage.
Sans doute est ce supposé avoir cette couleur là. Quand à l'odeur... bah, ça ne sent pas mauvais. C'est déjà ça.

Premier plan en bonne marche. Le second... l'Ogresse s'empare de quelque chose pour écrire et se gratte la tête. Quelle serait la meilleure façon de tourner le texte? La prose doit être claire, équivoque. L'étape du second plan est importante et si tout va bien... elle promet d'être amusante.
Pour un peu, Esther commencerait à prendre gout à la fourberie. Jouer des blagues, se venger... quel délice rien que d'anticiper tout ça!
La conjonction de divers éléments est parfaite. Idéale, vraiment. Plusieurs plans se télescopent, certains encore à l'état d'ébauches. La grande brune tire plusieurs ficelles à la fois, envisage constament plusieurs possibilités.

Trois jours. Dans trois jours, ce sera la pleine Lune.
Esther
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19/01/2010
Posté le 12/04/2011 à 20:44:10 

*Les expériences, quelles soient voulues ou accidentelles, n'avaient pas toutes été concluantes: certes, l'œil d'Hubert semblait toujours aussi bien fonctionner, certes, elle était parvenue à récupérer l'âme de Cornelis et à s'en confectionner un pendentif en attendant d'avoir une meilleure idée... mais le bras de momie qu'elle avait réanimé pour faire une simple blague refusait depuis de retomber dans l'inertie éternelle qui aurait du être la sienne, sans que la jeune femme sut exactement si c'était de son fait ou de celui du possesseur originel.
Ou d'une autre force, encore.

En conclusion, il lui faudrait d'autres sujets d'expérimentation: on ne peut pas se contenter de jouer ad vitam les apprentis sorciers à l'aveuglette en semant des cadavres de rat un peu partout, ou des trous incongrus dans la végétation. Il n'est pas non plus envisageable de continuer à apprendre des tours de passe passe à cette troisième main -encore qu'elle soit bien pratique pour se gratter le dos- sans en saisir le fonctionnement.
Non, l'Ogresse avait besoin de... de quoi?

C'est à ce moment là que ses yeux se posèrent sur une petite créature efflanquée, non loin. On aurait presque pu la manquer tant elle est discrète, tache noire dans les ombres d'une ruelle. Pas un rat, quelque chose d'un peu plus gros, mais pour lequel elle se sentit aussitôt une affinité particulière: un chat. Ou plutôt un très jeune chat, à peine sortit de l'enfance et encore tout pelucheux malgré sa faim évidente, comme s'il venait de chuter dans un sac de suie et s'étonnait encore de s'en être tiré à si bon compte. Tout simplement adorable. Exactement le type de bestiole très attachante dont s'entichent habituellement toutes les jeunes filles (et les plus vieilles aussi, du reste).

Fixant sa proie dans les yeux, Esther s'entaille un doigt et se concentre sur son objectif du moment, accroupie, les muscles tendus, jusqu'à ce que ses efforts soient couronnés de succès et qu'elle puisse s'emparer de la pauvre chose qui, une fois promptement étouffée, n'aura plus jamais la dalle de sa vie.
Plus de pouls, pas de remords -en a elle jamais eut?-, la Gardienne du Nécronomicon fixe le cadavre encore frais et attend qu'il se refroidisse, fascinée par le processus en cours par tout un tas de petits détails qu'elle seule peut percevoir.
Ci-git Chaton, six semaines et toutes ses dents. On ne t'as pas connu longtemps, mais on t'aimais bien.*
Esther
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19/01/2010
Posté le 13/04/2011 à 23:01:30 

*Quelques temps plus tard...
Esther pousse de l'index la petite boule de fourrure couchée sur le flanc, inerte, en guise de conclusion à ses efforts. Pas de grande cape noire, de bougies en forme de crâne et autres salamalecs bons pour ceux qui ont besoin de pareils artifices: l'Ogresse ne sait pas exactement comment elle procède, mais ça marche et cette fois, elle a bien prit le temps d'analyser chaque étape du processus.
Elle n'a jamais pu insuffler la vie à quelque chose de plus gros qu'une araignée des tropiques, mais insuffler la mort à de petits animaux ça y est, elle a saisit le truc.

Passablement fatiguée, la Gardienne abandonne le cadavre de ragondin à demi décomposé qu'elle tenait encore et se saisit de son expérience. Ce dernier, à ce contact, commence à remuer et ouvre des yeux à présent en tout point semblables à ceux de sa maitresse: d'un bleu limpide et lumineux, dérangeants, fendus par une pupille typiquement féline.
Ils passent un certain temps à se fixer ainsi l'un l'autre, en silence, la jeune femme souriant simplement d'un air satisfait.*

"Je t'appellerais Lucius."


*Déclare elle avec simplicité au félin mort vivant, qui ferme brièvement les paupières comme pour lui signifier son assentiment. En ayant terminé, elle range la bête dans son sac, après lui avoir murmuré ses premières instructions, et reprend sa route tout aussi simplement qu'elle l'avait interrompue.
Non loin, le mainate squelette de Couskou van Haecken prend son envol, suivit de près par Enki, dont l'éternelle gourmandise le pousse à se demander, brièvement, si le nouveau jouet de sa maitresse est comestible.*

"Je me demande ce qu'Erick penserait de tout ça.
..."


*Esther hausse les épaules, sifflant ses deux volatiles avant de disparaitre dans la jungle.*
Esther
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Posté le 16/09/2011 à 23:19:19 

*Bientôt un an. Onze mois, un peu moins. Pas question de chipoter.
Un an qu'elle garde le Nécronomicon, un an qu'Erick a disparut.
Un an qu'elle change petit à petit, qu'elle se découvre, qu'elle évolue.
Un an qu'elle se pose des question sans réponses, à la recherche d'une vérité inexistante.

Un an qu'elle se familiarise avec ce destin aussi inexorable qu'une avalanche, une traversée en solitaire qu'elle tente de tromper contre vents et marées.
Peut être à la fin des temps sera elle accompagnée.
Peut être, oui, le monde prendra il fin avant qu'elle ne soit tout à fait folle, spectre de chair parmi les gravas.

Les réalités se confondent avec le rêve.
Un an plus tard, elle ne sait toujours pas ce qu'elle est.
Parler aux morts est plus simple que de comprendre les vivants.
Où est il? Où en est elle à présent? Quel bilan apporter de cette année passée?

Elle est toujours l'enfant qui croit aux Feys. Fille de l'Ogre, survivante d'une civilisation disparue.
Femme aux yeux de chats, l'esprit perdu vers la Lune ou au fond d'un verre.
Être sans âge aux cheveux de lierre qui confond présent, futur et passé. Toutes les prophéties finissent par se ressembler.
Qu'est ce que l'innocence, lorsque l'on rêve de décombres et de silence? La sagesse est elle bien l'apanage de la folie?

Une mission... la créature qu'est devenue Esther sait que sa tache ne s'arrête pas à la Garde du Livre.
Il faut raconter les histoires, transmettre le savoir.
Il faut parler des Banshees, des Morganed et des Kourrils, du cruel Redcap ainsi que des Hommes-arbres amers, des lutins et korrigans cachés dans les maisons. Le monde dans le monde, celui qui est derrière, sur les bords, entre le dedans et le dehors. Le fantasme de Mab et d'Oberon, l’existence d'Erick van Haecken.
Les disparus ne doivent cesser d'exister. La Gardienne doit trouver des gens à qui expliquer tout ce qu'ils ont oublié depuis qu'ils ont apprit à penser comme des adultes trop civilisés.*

"Eh bein, ton Dieu cloué t'as pas bien protégé, on dirait... mais vous autres chrétiens en attendez trop et vous limitez trop à lui seul pour guider vot' vie, au point d'oublier d'ouvrir vraiment les yeux sur le monde et ses merveilles cachées."

*La bougresse s'accroupit à coté du guerrier gisant sur une portion herbeuse boueuse de son sang versé, s'asseyant sur ses talons nus avec la fluidité dérangeante d'un félin, comme si elle avait quelques vertèbres en trop.*

"T'as du courage. Ou dla ferveur. Ou dla folie. D'aucuns disent que c'est pareil... Même si t'es un couillon embrigadé dplus, tu t'es bien battu, et jrespecte au moins ça.
Alors dis moi... tu veux que je t'aides à mieux voir, mortel?"

Esther
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19/01/2010
Posté le 04/02/2012 à 14:08:02 

*A trop aimer, on aime plus rien.
Moins d'un an après être devenue pirate, elle devient leur capitaine.
Que faire du pouvoir lorsqu'on l'a? Pourquoi le rechercher? C'est comme le Livre... il faut surtout s'assurer qu'il ne tombe pas en de mauvaises mains. Un moindre mal, mais les chrétiens disent bien que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Que faire lorsqu'on dispose d'un pouvoir dont on ne voulait pas?
L'assumer au mieux. Une question de Devoir, et le Devoir, ça ne se discute pas. Heureusement, la brune a quelques plans sous le coude afin de mener sa mission à bien. Pour l'instant, tout a marché comme sur des roulettes, à part ce petit... incident, qui risque de n'aller que de mal en pire. Enfin, ses trois hommes sont ravis, aux petits soins. Ils passent leur temps à la couver, lui interdire de boire, à la considérer comme une petite chose fragile.

Pour un peu, c'en serait insupportable, mais l'Ogresse est plus rusée que ça.
Aime elle, en attendant? L'Ogresse soupire tout en dessinant dans les cendres du bout de l'index. Ecrire des mots gris, des dessins souvenirs que le vent emportera bientôt.
La seule stabilité c'est Erick. Mais Erick n'existe plus, et pourtant il a toujours existé.
Mais peut être existera il à nouveau, d'une façon ou d'une autre.*
Esther
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19/01/2010
Posté le 20/02/2012 à 16:09:22 

*Il n'y a qu'un mince filet de Lune, ce soir. Demain, Elle aura presque totalement disparut.
La brune sera seule avec Lui. Non, avec Eux. Il n'y a plus vraiment de solitude.
Ni dans sa tête, ni dans son dos, ni dans son ventre.
Et dans ses bras?

Ce qu'on a pas n'est il pas toujours plus attrayant à conquérir?
A garder? Non. Un nouveau jouet, sitôt intégralement découvert, devient lassant.
Il y a les constantes, les constantes, l'inconstante.
... Et Erick.
Erick, toujours.

Django.
Bientôt...
Plus que quatre mois et demi.*
Esther
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Posté le 15/03/2012 à 20:52:02 

*L'Ogresse s'ennuie.
Les mains dans la chair molle, elle y balade le bout de ses doigts tel un enfant touillant distraitement son bol de crème, parce qu'il n'a plus faim.

L'Ogresse réfléchit.
La tête ailleurs, elle arpente en rêve les champs de bataille qui lui sont pour l'instant inaccessibles, l'esprit battant l'air vicié au rythme des ailes de la nuée de corbeaux qui se repait des corps.

L'Ogresse se décide.
Les yeux fixés sur une fissure dans la paroi de la grotte, elle songe déjà à ce qu'elle va pouvoir faire de cette idée tout en visualisant l'aménagement de la future chambre des enfants.

L'Ogresse expérimente.
Le cœur ailleurs, divisé, elle laisse la partie surnaturelle reprendre le dessus et souffler à son oreille un chant de fin du monde vieux comme les premières montagnes.

L'Ogresse conçoit.
Les lèvres immobiles elle façonne la matière inerte et l'épiderme soyeux, le reliquat du vivant, l'âme évaporée, l'irréel concret et l'indicible horreur.*
Esther
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Posté le 16/03/2012 à 13:16:44 

*L'ouvrage est difficile, délicat, épuisant. ça fait des jours et surtout des nuits qu'elle y travaille sans relâche, ne prenant que le temps de se reposer et de manger à satiété. Depuis un an qu'elle se demande si elle en est capable, l'occasion est idéale.
Enfin, elle est parvenue à un résultat vaguement reconnaissable, mettant à contribution l'équipage comme les contrebandiers afin de se procurer les matières premières désirées: bois spéciaux, pièces manufacturées, morceaux de quartz fumé et aussi des carcasses d'animaux.
Enfin, la chose est prête, construct magique hétéroclite de vie et de mort. Presque.

Se haussant sur la pointe des pieds, l'Ogresse inclut un parchemin soigneusement scellé derrière la façade d'étain, le papier ne comportant qu'un simple mot calligraphié de langue ancienne: réceptacle.
Satisfaite mais encore dans l'expectative, la Gardienne du Nécronomicon recule de quelques pas et contemple son œuvre d'un œil songeur. Ce soir, il lui faudra s'entrainer et si ça marche, remercier Hubert pour avoir émit la proposition l'ayant menée jusque là.
Enfin, elle pourra peut être à nouveau tromper son ennui.*


Esther Van Haecken
Esther Van Haecken
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19/01/2010
Posté le 24/04/2012 à 04:20:09 

*On ne se rend jamais compte de ce que l'on perd avant de l'avoir perdu.
Qu'a elle perdu? L'ignorance de l'humanité. L'ignorance de sa folie.
Qu'a elle gagné? Un livre, un tableau, une perle noire ternie par l'usure et les voyages, de mains en mains, de poches en poches.
Que de choses précieuses, que de choses absurdes, indispensables à ce qu'elle est devenue, à ce qu'elle est. Jamais rien ne disparait sans qu'autre chose ne soit crée à la place.

Esther passe les doigts sur le cadre sommaire, le bois de peu de valeur entourant la trame de son âme, la toile de l'artiste. Elle. N'est elle que quelques coups de pinceaux sur le tissus, n'est elle que l’œuvre d'un autre? De tous ces autres qui ont guidé ses choix, qui y ont réagit. Le monde est fait de choix mais qu'est elle, cette femme à peine sortie de l'enfance qui lui semble si triste sur ce fond rouge si teinté de terre qu'il en est presque noir?
Django ne peint jamais ce que les gens veulent voir, mais ce que lui perçoit.

Ou est il à présent? N'est il plus qu'un souvenir dans une tête qu'il a rendue éternelle?
Les pigments semblent encore frais, vivants. Tant de secrets derrière quelques couches de couleur qui ne voient jamais la lumière du jour. Malédiction, miroir, cuisant rappel. Espoir? Qu'arrive il lorsque l'on est prisonnier de soi même après cent ans? Deux cent? Cinq? Ces traits ne changeront jamais, par plus que ceux du monstre qui marche et respire.
Oscar Wilde n'aura rien inventé,

Le silence.
Dans les ruines d'Ixtapa, que la brune a investit depuis plusieurs semaines à présent, Esther est seule. Les ouvriers dorment tous, ils ne reviendront pas avant demain. Elle comprend qu'ils aient besoin de souffler un peu, puisque même sans se charger du terrassement, la somme de travail qu'elle abat chaque jour l'épuise.
D'ici juillet, la gigantesque salle doit être habitable, destinée à accueillir entre six et huit êtres vivants, selon si les mâles y sont admis ou non. Les hommes... hormis Skuleth.

L'ombre d'un sourire retrouve le chemin des lèvres closes, le regard azur s'écarte de ce qui cause, chez la Gardienne, des sentiments si ambigus et contradictoires. La chose est rangée, précieusement, une fois encore. La future mère se laisse glisser de son siège de pierre, une main posée sur son ventre, songeuse.
Deux enfants, deux père, et elle... sera elle à la hauteur alors qu'elle n'est même pas sure de savoir se charger d'elle même correctement? Et si Hubert s'en va...

Les phalanges sont agitées de minuscules tremblements, le blanc de ses yeux est envahit d'encre, les petits s'agitent, la féline se reprend. Elle secoue la tête, s'ébroue, inspire profondément et décide d'aller respirer un peu l'air pur de la nuit plutôt que la poussière des travaux de la nurserie.
Dbs a il dit au Masque "de toute façon, ce sera toujours Hubert qui passera en premier"? Peut être. Elle ne sait plus. Possible que ce soit à cause de ça qu'il s'accroche encore autant à sa femme, peut on vraiment leur en vouloir? C'est elle qui n'est jamais vraiment totalement disponible, mais que pourrait elle y changer?

Pourquoi aime elle le voleur? Pourquoi aime elle Erick? Comment savoir, il y a tant de choses qu'elle a découvert trop tard et n'a jamais comprit.
Peut être n'aurait elle du faire que des lits simples dans la pouponnière. Anne voudrait elle dormir autrement que seule? Et elle? Passer la nuit isolée a toujours été insupportable, mais l'Ogresse ne désire la présence de personne dans sa couche depuis des mois.
Pépé, peut être? Le vieux a beau ne pas être confortable, elle a toujours aimé poser la tête sur son épaule noueuse et l'entendre râler qu'elle l'encombre avant qu'il ne referme les bras sur elle, faisant semblant de se résigner.*

"La Lune est belle, ce soir. N'est ce pas, Enki?"

*Le freux ne répond pas, trop occupé à se coiffer les plumes, maniaque, avant de passer aux cheveux de son perchoir. Mais ils sont devenus trop longs pour qu'il les lisse sans s'empêtrer régulièrement le bec dans les mèches folles et bouclées, si sombres que leurs reflets sont bleus sous l'astre lunaire. Les vieilles habitudes ont la vie dure, cependant, et puisqu'il fait ça depuis des années, ce n'est pas ce petit contre-temps qui va l'empêcher de continuer. Du reste, rien n'indique qu'il n'y prend pas tout autant gout, si ce n'est un bref cri d'exaspération qui s'échappe ponctuellement de sa petite tête affairée.

Malgré la sècheresse de la terre, quelques touffes de verdure rebelle chatouillent parfois les pieds nus de la capitaine parcourant son domaine à la faveur des ombres, lorsque tout est calme, quand même les matelots les plus indisciplinés ont finit d'écluser sans relâche leur chopine et qu'ils dorment profondément. Tantôt dans leur lit, pour les plus chanceux, tantôt à même le sol, vautré contre les murs blanchis à la chaux du pire bouge du repaire des pires forbans de l'ile.
Esther presse le pas, saute habilement par dessus une de ces épaves qui, fut elle réveillée, ne s'en souviendrait pas le lendemain, et poursuit sa route sans s'en préoccuper, coutumière de cette configuration du terrain.

Ses tardifs errements la mènent sur un pont de corde et de bois qu'il faut changer régulièrement afin d'éviter qu'il ne pourrisse, mais qui n'en est pas moins glissant. Il a l'air vieux sans l'être. Elle a l'air jeune sans l'être. Ou en tout cas, elle a l'impression que son enfance remonte à bien plus loin que ce que lui disent le nombre de ses années.
Mais ici, elle est bien. Le doux bruissement de l'eau, en contrebas, convient parfaitement à son humeur douce-amère, et la voilà qui clos les paupières, comme si l'onde pouvait emporter ses doutes, laver son esprit.
Faire oublier. Faire renaitre.*
Esther Van Haecken
Esther Van Haecken
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Posté le 02/05/2012 à 14:05:31 

( http://www.deezer.com/music/track/13787105 )

*L'expédition pour retrouver le Gabier est revenue, Vardek et elle y ont veillé chacun à sa façon. Drôle se sentiments, drôle d'idée que celle-ci.
Esther ne trouve pas le sommeil cette nuit encore, rien ne l'y encourage, et puisque même les cauchemars la fuient, la capitaine s'éloigne un peu de la cale bondée. Elle s'éloigne de son équipage endormit, avec la démarche légère et souple du chat fugueur.

Enki sur l'épaule, comme toujours depuis des années, la Gardienne regarde au travers d'un trou dans la coque, ce qui était jadis un hublot depuis longtemps arraché. Brisé, abandonné, réutilisé, revendu... Qu'importe, seuls restent à la place un peu de mousse visqueuse et des bords inégaux rongés de sel sur lesquels elle pose ses mains blanches sans plus y penser.*

"A stone's throw from Jerusalem
I walked a lonely mile in the moonlight
And though a million stars were shining
My heart was lost on a distant planet
That whirls around the April moon
Whirling in an arc of sadness
I'm lost without you
I'm lost without you

Though all my kingdoms turn to sand
And fall into the sea
I'm mad about you
I'm mad about you

*Elle chante, la brune, des mots lui viennent spontanément. Elle parle du sujet qui lui vient toujours si naturellement à l'esprit: Les mots sont Erick, la Mélodie est Van Haecken, la voix et le cœur sont ceux de quelqu'un de résigné qui ne cesse pourtant d'espérer. Lorsqu'elle veille et parcours la terre de ses pieds nus aux cotés de sa folie, lorsqu'elle dort et parcours les ruines aux cotés de la Bête: c'est toujours Lui qu'elle recherche.

Toute cette souffrance, tous ces songes torturés, la malédiction qui la ronge, le fardeau qui l'étouffe, c'est pourtant à Lui qu'elle les doit. Mais pourtant... pourtant, s'il revenait seulement un jour, même dans deux centaines d'années, elle ne l'en aimerait pas moins. Pour Lui, elle accepterait tout. Elle l'a toujours fait... comment tout homme pourrait il être autre chose qu'une passade?*

"And from the dark secluded valleys
I heard the ancient songs of sadness
But every step I thought of you
Every footstep only you
And every star a grain of sand
The leavings of a dried up ocean
Tell me, how much longer?
How much longer?

They say a city in the desert lies
The vanity of an ancient king
But the city lies in broken pieces
Where the wind howls and the vultures sing
These are the works of man
This is the sum of our ambition
It would make a prison of my life
If I became another's wife
With every prison blown to dust
My enemies walk free
I'm mad about you
I'm mad about you

*Elle a quitté Dbs, Hubert quittera l'ile bientôt. Skuleth appartiendra à une autre, elle fait le nécessaire pour ça. Et le Masque... n'a elle pas assez oeuvré pour le perdre, lui aussi?
Les notes au timbre bas et doux rebondissent sur les rochers au dehors, bercés par la mer, perturbant quelque bête aux pseudopodes frémissants dans sa sieste digestive.
Esther chante bien, et elle chante de toute son âme cet appel lancé aux dieux du vent, aux dieux sans nom, à toutes les ombres qui se prélassent entre deux mondes.
Si seulement c'était si facile... si seulement Il pouvait l'entendre. Et revenir...*

"And I have never in my life
Felt more alone than I do now
Although I claim dominions over all I see
It means nothing to me
There are no victories
In all our histories, without love

A stone's throw from Jerusalem
I walked a lonely mile in the moonlight
And through a million stars were shining
My heart was lost on a distant planet
That whirls around the April moon
Whirling in an arc of sadness
I'm lost without you
I'm lost without you

And though you hold the keys to ruin
Of everything I see
With every prison blown to dust,
My enemies walk free
Though all my kingdoms turn to sand
And fall into the sea
I'm mad about you
I'm mad about you "

*Fermer les yeux et prier, lorsque le son éphémère s'étiole et rejoint d'autres réalités. N'est ce pas ce qu'elle fait depuis plus d'un an, déjà?*
Esther Van Haecken
Esther Van Haecken
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Posté le 02/05/2012 à 21:51:45 

*Un peu de repos après une journée mouvementée.
Voilà trop longtemps qu'elle n'a plus sollicité ses muscles que pour faire des travaux dans la future nurserie, ou pour appeler à elle l'énergie curatrice. Mais plus assez pour se battre.
ça lui manquait. L'alcool aussi lui manque, mais il reste encore quelques mois à patienter. Neuf mois... c'est long.
Esther somnole dans la cale du vieux rafiot échoué depuis des années.

C'est alors qu'elle allait enfin s'endormir qu'un vif élancement la tire de sa léthargie. Dans son ventre, les enfants s’agitent, dans sa tête, tout n'est que chaos. Quelque chose cloche, son âme déraille.
Ses os la tirent, ses muscles brulent. Sa gorge est sèche... quand donc a elle rugit?
Couverte d'une mince pellicule de sueur, à bout de souffle, la Gardienne sait que son apparence s'est rapprochée de sa véritable nature. Celle que si peu ont pu voir, en songes.
Quelque chose a appelé.

Une voix ancienne a fait frémir ses sens et agite le lierre vivace dans ses cheveux, emmêlé aux boucles d'ébène. A coté d'elle, le vieux bois est ravagé par les griffes de quelque animal enragé, et la brune baisse sans trop de surprise les yeux sur une écharde plantée juste sous un de ses ongles.
Elle ne comprend pas. Elle est perdue.
Les larmes noires, sur ses joues, ont le gout de l'encre.*
Le Golem
Le Golem
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Posté le 07/06/2012 à 15:29:14 

*Huybert. Quelque chose est arrivé à Hubert.
Peur, sang, douleur.
L'Ogresse cours, aussi vite qu'elle le peut.
Elle sait ou aller, mais il sera trop tard. Elle sait ce qu'elle va trouver au bout de ce fil ténu qui l'unit au voleur.

Sur place, elle ne peut que constater que ses craintes étaient fondées, à bout de souffle. Le savoir et le voir sont deux choses différentes et le choc... le choc lui fait oublier le monde alentours l'espace de quelques instants.
Une voix la tire de sa stupeur, derrière elle... était il là avant? Elle ne sait pas. Si, bien sur, elle sait. Hubert sait.
C'est lui. C'est sa faute.

La suite est floue mais elle se souvient du gout de la chair sur sa langue, du sang dans sa gorge, sur ses crocs, sur ses griffes.
La folie, le désespoir, la haine. La peur. La mort.
Le loup va périr, même si elle doit le dévorer petit à petit, à chacune de leurs rencontres. Il ne touchera plus jamais à Hubert. Non, plus personne ne touchera à Hubert.
De vagues impressions. Shadow, Phil Blake, l'épuisement... les infirmières qui veulent s'approcher d'Hubert... elle mord.

Le noir. Des voix autour d'elle, l'odeur du foyer.
Mon antre, chez moi. Ou est ce, chez moi?
La chaleur de bras autour d'elle, la voix du Masque à ses oreilles.
Oui... la maison, c'est ici. C'est lui.
L'Ogresse se rendort, la tête posée sur la peau burinée recouvrant des muscles secs.*
Le Golem
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Posté le 16/06/2012 à 14:06:02 

*Il lui a dit adieu. Il ne fait que fuir, cette fois encore, des sentiments qui le dépassent.
Sur un tabouret de chez Jacquot, l'Ogresse touille mollement la soupe de tortue qu'on lui a offerte, les yeux dans le vague, à demi assommée par tout ce qu'il se passe dans sa tête.
Elle n'est pas inquiète, elle n'est pas triste. Il reviendra, n'est ce pas?
Ou peut être pas... tant pis.

Pourtant, le lendemain, lorsqu'Anne les rejoint, complètement affolée, lui ne tarde pas à la suivre. Et il n'en mène pas plus large.
Madre lui parle d'une voix douce même si elle ne comprend pas tout ce qu'elle dit. Pépé est un peu plus loin, en train de tripatouiller ses alambics afin de tromper sa nervosité. Le singe lui masse le cuir chevelu dans l'espoir un peu vain de la détendre. Skuleth arrive en retard, les cheveux fous, en se tordant les doigts. Il manque quand même quelqu'un. Deux, en fait...
Esther, elle, ne se rend compte de rien: la douleur oblitère tout le reste.

... Jusqu'au moment ou Kainroux va chercher des serviettes afin de la rafraichir, éponger un peu la sueur qui irrite sa peau. A peine est il revenu à l'étage avec ce qu'il était allé quérir que le démasqué les lui prend des mains afin de s'en charger lui même. Rien ne l'y obligeait, personne ne lui a rien demandé... mais il le fait tout de même.
La brune le houspille un peu, fait mine de plaisanter bien qu'elle ne trompe personne. Elle est simplement trop fière pour avouer simplement à quel point elle est soulagée.
Elle ne va pas mieux mais son cœur, au moins, est apaisé.

Tout ceci est interminable, mais enfin une petite bouche se met à crier, bientôt suivie d'une seconde. Madre a prit les choses en main, du début à la fin, mais elle semble presque aussi éprouvée que la jeune mère, présentement occupée à dévorer son placenta.
L'Ogresse s'assied plus ou moins, le dos soutenu par la présence du père, derrière elle, qui a passé les dernières heures à osciller entre les larmes, l'inconscience et l'émerveillement.
Les mâles... des petites natures, quand même...

Percluse de courbatures, Esther ouvre ses paupières et regarde les deux petites formes blotties contre elle à la façon d'une portée de chatons, sourit et mordille doucement le ventre masculin qui lui a servit d'oreiller durant ces quelques heures d'un repos bien mérité.
Lui n'a pas fermé l’œil et a passé son temps à contempler sa petite famille assoupie, sans tenir compte des fourmis dans son bras ni du sol de vieux bois qui lui râpe les côtes. Il est pourtant l'heure pour lui de partir...
La Gardienne sourit, des décisions importantes l'attendent, mais elle n'a pas peur.*
Le Golem
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Posté le 25/07/2012 à 20:51:22 

*Des fils. Il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs.
Des fils, dans tous les états possibles, brillants ou élimés, poussiéreux ou distendus, rêches, doux, coupants. Parfois on en brise, on en noue, on en répare.
Des fils, de toutes parts.
Des gens, et des choix.

Savoir faire preuve de patience et être réveillée, un midi, par l'odeur de la viande qui grille. Le bruit de la ville, lointain, sa respiration, les petits qui s’agitent, la graisse qui grésille en tombant sur les flammes.
Ouvrir un œil, inspirer profondément, sourire, ouvrir le second.

Cette scène, elle l'a vécu des dizaines de fois et pourtant, toujours avec autant de joie. Quelqu'un prend soin d'elle, quelqu'un qui la connait et sait qu'elle a toujours faim au réveil. Quelqu'un qui sait ce qui lui fera plaisir, tout ce qu'elle aime manger, et qui met toujours un point d'honneur à ne pas la réveiller tant que l'odeur alléchante ne s'en charge pas.
Le sommeil d'un chat c'est un peu quelque chose de sacré.

Il est venu, il lui manquait. Elle n'a rien demandé, il est là quand même.
Elle s'en doutait, mais n'osait trop en présumer... et il lui parle. Il s'excuse.
La Gardienne est heureuse, à cet instant, et décide de mettre de coté le stress du jugement à venir.
Le ventre plein, la tête posé sur l'épaule du mâle, les enfants blottis entre eux, ils profitent d'une sieste sous le soleil couchant.
Il n'y a rien de mieux que les plaisirs simples.
Savoir faire preuve de patience...*
Esther
Esther
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Posté le 09/08/2012 à 18:05:36 

*Une clef en poche.
Que peut elle bien ouvrir, tant sa forme est originale, avant-gardiste, fantaisiste, mystérieuse?
Elle semble si pleine de promesses, cette petite chose d'or et de cuivre, symbole pour l'instant dérisoire de bien des espoirs.
Elle ouvre le seuil du Lieu Unique.

Les couloirs ne sont éclairés que par la lune que l'on peut apercevoir au travers des hautes fenêtres. Le manoir est inhabité, pour l'instant... Ou presque.
Les convives arriveront au compte goutte afin de remplir cet endroit de la vie qu'il mérite.
Un lieu hors du monde, hors du temps, hors du commun.
Les pieds nus sur un tapis hors de prix.

Partout ou le regard se pose, tableaux, tentures et bibelots font étalage d'un faste presque envahissant qui, pourtant, tout paradoxal que ce soit, lui inspire le plus grand calme.
Un cocon de pierre remplit de victuailles qui n'attendent qu'à être mangées.
Esther n'est malgré tout pas encore satisfaite.
C'est vide.

Et ce tapis... il est trop blanc. Tout simplement.
En d'autres lieux, d'autres temps, il aurait du y avoir un guéridon, là, juste un peu plus loin.
Du rouge, aussi.
La Gardienne ouvre la vitre et respire à pleins poumons l'air du soir.
Ici, c'est différent. Il est question de futur, pas de passé.* 
L'Ogresse
L
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Posté le 27/12/2012 à 18:14:11 

*Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare.
Rêver d'éternité et la fuir. Folie, solitude, décrépitude.
Le monde est un assemblage de débris sur lesquels les mortels s'échinent à reconstruire des débris en devenir. Il l'a été et le sera à nouveau, chaque nuit, tout recommence.
La Gardienne demeure assise dans les ruines de l'Atlantide engloutie, un requin onirique lui traversant la tête sans qu'elle n'y prête attention.
Combien de fois a elle déjà fait ce cauchemars?

Parfois, la réalité se confond avec le rêve... ou bien ses fonctions mentales sont elles déjà à ce point altérées? Que croit elle? Ou se situe la réalité?
Erick saurait, mais pourquoi tant se fier à une chimère pour trouver la vérité?
Mirage, construction illusoire de contes oubliés, existait il seulement au delà des apparences et d'un caractère irascible?
L'Ogresse donne un coups de pied dans une coupe de métal précieux finement repoussé, qui roule avec indolence sur le sol de marbre recouvert de corail, tout bruit engloutit par la masse aqueuse qui la surplombe... ou pas.

Sans doute pleut il, dans la jungle. Sinon, elle rêverait d'autre chose, d'une autre fin du monde.
Il doit faire encore nuit, car rien ne vient accrocher de reflets aux incrustations d'argent d'un vieux coffre à vêtements éventré depuis longtemps.
Le dos de sa main la démange, là ou une nouvelle cicatrice demeure, à présent. Un imprévu, un accident.
Sora...*
Esther Van Haecken
Esther Van Haecken
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Posté le 10/07/2013 à 18:55:42 

*Même les étoiles finissent par mourir.
Certaines disparaissent, connues ou ignorées, d'autres apparaissent... mais à force, même le plus passionné se lasse de les compter.
Les hommes sont comme les étoiles, brillant avec plus ou moins d’intensité, plus ou moins longtemps.
Mais tout finit par disparaitre.

L'Ogresse n'a jamais été une adepte des prophéties.
Peut être parce que ça lui semble trop facile de dire que la fin du monde va arriver... oui, mais laquelle? Il y en a déjà eut tellement, et il y en aura encore. Qu'est ce, de toute façon? Le terme du monde connu par les vivants, il peut être aussi bien le village indigène décimé par les colons que l'ensevelissement de Pompéi. Ils ont tous en commun cette impression de perte irréversible, de gâchis, de vide que les décombres peinent à remplir, de cris infinis et muets poussés par des piles de cadavres.

La Gardienne n'aime pas les prédictions.
Que peuvent elles bien apporter de bon? Qu'importe de connaitre le futur, de savoir que tout est amené à se dégrader inexorablement? Les murs de briques et les sentiments, les civilisations et les gens. En quoi est ce bien de savoir ce qu'il va advenir, si ce n'est de perdre le présent? L'espoir.
Peut être que demain ne sera pas aussi sombre.

On lui a souhaité de récolter ce qu'elle a semé.
Ah, si seulement! Même sans le savoir, l'a on vouée un jour à quelque chose de meilleur? Vaines paroles échouées sur un plancher grinçant. La brune est condamnée à attendre, à se tenir sur le seuil entre sagesse et folie, entre ignorance et savoir, entre guerres et solitude, entre inconstance et stabilité.

C'est le maitre du vent qui l'étreint, et ses pensées qui volent vers les épis du blé.
C'est le chien dément qui la suit et la fuit, l'incendie cernant des émeraudes égarées.
C'est la neige qui se dérobe et le borgne obstiné, le supplicié revenu.
Même les étoiles finissent par mourir, et il ne faut pas les confondre avec leur reflet à la surface d'un lac. Les souvenirs sont trompeurs et le futur...

... Comment sauve on une étoile?*
Esther van Haecken
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Posté le 31/10/2013 à 17:01:47 

*Une vie pour une vie, une mort pour une mort.
Mes ancêtres sont les tiens, nous sommes un seul esprit qui hurle d'un million de voix et pleure dix fois plus d'âmes.
Lignée maudite, race damnée. Mais il n'existe de fatalité qui ne puisse être combattue.

Reste à savoir comment lorsque le poids des âges se fait sentir et que deux regards trop bleus s'affrontent. Luttes de pouvoirs, jeux de survie.
Que ne donnerait on pas, parfois, pour être ailleurs et naître autrement?
Rien ne sert de courir.

Tout a un prix, la nuit du Samhain n'échappe pas à la règle.
Chaque dette se paye un jour, y comprit celle d'être venu au monde.
La foule s'égaye, le Devoir demeure.*
Esther Van Haecken
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Posté le 13/11/2013 à 19:26:47 

[ https://soundcloud.com/vnvnation/perpetual-from-the-album-matter-and-form ]

*Le souffle du vent dans les pins, la nuit. L'odeur des épines et de la sève collante.*

"Te souviens tu?
- Non, j'ai oublié. Il n'y a pas de pins dans ma clairière."

*Souvenirs immémoriaux, souvenirs d'un autre, de centaines d'autres. Souvenirs d'hivers, de traque à l'abri sous la peau des loups. Souvenir de centaines de lèvres hurlantes, de lignes courbes habillant des corps à demi nus, sous la lune. Souvenirs de sang et d'os, de vent et de neige, de boue et de cendre.
Les souvenirs de la hache, de la lance, du Premier Peuple. Le premier cri, le premier songe.*

"Je suis ici parce que tu as peur.
- J'ai peur de toi. J'ai peur d'être seule."

*A quel point peut on aimer ou haïr? A quel point peut on dépendre de quelqu'un qu'on rêve autant de tuer sans pouvoir le faire? A quel point peut on tendre son existence vers un seul but et se briser lorsque l'on devrait se réjouir de l'avoir enfin atteint? A quel point peut on espérer retrouver ce que l'on craint de voir?
Pourquoi juger l'humanité à l'aune du premier d'entre eux, avant de le connaitre et -pire encore- après l'avoir connu? De quoi être perpétuellement déçue...*

"Qu'est ce qui t'empêches de prendre ce que tu désires?
- J'ai faim."

*Le sang ancien roulant sur sa langue, la chair puissante contre ses lèvres. Le mordre Lui, c'est un peu comme se mordre soi même. Qui pourrait mieux la comprendre, s'il s'en donnait la peine? Mais le prix serait toujours trop élevé. Une sécurité illusoire, un pouvoir aussi acide qu'un vin précieux qui aurait mal tourné. Un semblable, enfin... encore... hélas.
La cruauté de cet être unique qui la pousse à toujours faire mieux... et pire.*

"Tu es encore si faible...
- A bientôt."

*Comme toi, je dévore. Les corps, les âmes.
Comme toi, Père. Fille d'Istvan, fille de l'Ogre.
Aux oreilles de la jeune femme, le vent souffle dans la forêt perdue et retrouvée.*
Esther Van Haecken
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Posté le 22/04/2024 à 16:14:46 

"Savez vous pourquoi tant d'histoires commencent par "jadis" ? Parce qu'ainsi, lorsqu'elles se finissent bien, puisque tout appartient au passé on peut excuser le conteur de ne pas voir de tels bienfaits absents de son avenir. Et lorsqu'elles se finissent mal, c'est à dire le plus souvent dans leur version originale, disons... que c'est ainsi que les mortels se rassurent."

*L'un des enfants présents face à cette femme étrange se met à hoqueter puis à chouiner, sans bien savoir pourquoi. Cette dernière, ayant terminé son office, sent dores et déjà sa conscience voleter vers d'autres tropiques, se fixer brièvement sur d'autres sujets, envisager des embranchements inédits mais pas toujours bien avisés. Se détournant de son jeune public, Esther reprend la route au moins sur quelques pas avant de lever le nez vers le ciel. Rien. Pour l'instant, en tout cas, mais est-ce que l'absence de nouvelles signifie qu'elles sont bonnes ? Rien n'est moins sur.

La grande brune soupire et passe une main dans ses cheveux envahis par le lierre et les fleurs. Depuis quelques jours qu'elle a retrouvé ses anciennes capacités autant que le fil décousu de contes épars et autres récits, ces dernières se refusent obstinément à faner, ce qui lui inspire les sentiments les plus contradictoires et confus. Mais pour l'heure c'est surtout l'inquiétude qui domine, et elle est multiple. Pour lui, l'éternelle se demande ce qu'elle fabrique encore au loin plutôt que de le tirer de sa paillasse ou d'y remplacer Morphée. Pour elle, la Gardienne ne peut s'empêcher de se questionner sur les implications liées à sa future présence en Atlantis, et si tout ça est vraiment une bonne idée. Pour sa chimère... bordel de couilles flétries et putréfiées ! Mais qu'est-ce qu'Il vient faire là dedans ?!

Portant heureusement de hautes bottes de voyage, l'Ogresse balance un coups de pied rageur dans un caillou, expédiant ce dernier dans un buisson. Ce simple geste d'humeur est si parfaitement inutile qu'il n'a même pas suffit à la défouler un peu. Comment est-ce qu'on appelle un être artificiel effacé hantant le rêve d'elle de quelqu'un d'autre ? Un satané foutu de putain d'emmerdeur. Le culot. Le. Cu. Lot. Incroyable. Inouï ! Scandaleux. Outrageant ! La fille de marquise sent une telle bouffée de colère enfler en elle que son corps menace de changer à nouveau. Par la malpeste, comme c'est pénible !

Si son humeur ne change guère il y en a un qui va être déçu. Mais compte-tenu de son inconscient qui ne cesse de lui siffler à l'oreille qu'un nouveau (ou ancien ?) merdier va lui choir sur le râble incessamment sous peu, c'est un peu le cadet de ses soucis. Et Atlantide ? Rhaaaaaa, chier ! On y va quand même, tant pis. Au moins pour veiller au grain, ça ne sera probablement pas perdu. En attendant mieux car tout plutôt que de ne rien faire, l'inaction n'ayant jamais rien empêché... quoi que ? Les prophéties tendant à être inéluctables lorsqu'elles ne sont pas auto-réalisatrice. Dieux ! Et dire que c'est bientôt la pleine lune...*
 

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