Faux Rhum Le Faux Rhum Faux Rhum  

Le forum > Taverne > Comme un air...
Comme un air...  
Auteur Message
Alfy "sic" Bontemps
Alfy "sic" Bontemps
Déconnecté
 
Inscrit depuis le :
01/05/2021
Posté le 28/07/2021 à 15:50:10. Dernière édition le 28/07/2021 à 15:53:05 

Juillet 1721  


 
Voilà donc bientôt trois mois qu’ Alfy  était sorti de sa cale, déposé dans la cité Française de Port-Louis par ce navire marchand, imposant, dont les voiles faisaient bien plusieurs dizaines de mètres de haut. Quelques semaines plus tôt, il était monté discrètement dans le premier bateau trouvé dans le port du Havre, suffisamment grand pour l’emmener loin d’ici, essayer de repartir sur de bonnes bases. Ne comprenant pas la langue que les marins parlaient, le bateau était très certainement international, bien qu’il n’ait pas de pavillon sorti. 

Après un long et fatiguant voyage, le voilà donc débarqué sur Liberty, une île des Caraïbes. Pour le dépaysement, c’est réussi, au revoir la Normandie !  
Trois mois de rencontres, de visite de l’île, car s’il était parti pour rester,  Alfy  voulait savoir dans quoi il mettait les pieds, et où surtout !   

Plus les jours passaient, plus un sentiment étrange l’habitait. Il ne s’en était pas rendu compte tout de suite, mais c’est lors de sa visite de New-Kingston que cette sensation se fit ressentir pour la première fois, qu’il en prit conscience en tout cas. Se baladant en ville, il était allé instinctivement vers la jetée, écouter le bruit des vagues qui se fracassaient sur les rochers derrière le squat, les mouettes qui piaillaient, tournoyant dans le ciel. Un petit frisson le parcouru, comme s’il avait quelque chose à voir avec cet endroit, comme s'il s'était passé quelque chose l'impliquant, mais sans pouvoir ni l'expliquer, ni se remémorer quoi que ce soit.   

Bon c’est vrai qu’il y a beaucoup de chose qui lui arrive, qu’il ne puisse pas vraiment expliquer mais ce sentiment-là était particulier, différent de ce qu’il a pu connaître, beaucoup plus fort. Suffisamment notable pour être inscrit dans son calepin pense-bête, qui lui permettait de noter ce qui lui semblait important, de remettre ses idées en ordre, quand nécessaire.   



Entrée calepin #1  
NK : v ille ressemblante ? déjà venu ?

Mais c’est vrai que depuis qu’il avait débarqué sur l’île, tout lui semblait assez naturel.  Alfy  avait l’impression de savoir où aller, à qui s’adresser. C’est à la fois troublant, agréable, et terrifiant. Beaucoup de lieux lui semblent familier, des voix également, parmi toutes les personnes qu’il avait pu rencontrer.   

Entrée calepin #2  
NK, crique/jacquot, PL : connaissances ? où ? quand ?  

Mais comment est-ce que ce serait possible, ici, à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui ?  

De toute manière, il n’allait trouver aucune réponse sans chercher. Il fallait donc continuer d’avancer et peut-être arriverait-il à éclairer certaines zones d’ombres.
Peut-être aussi se rendrait-il simplement compte que c’était encore une simple fantaisie de son esprit, perdu, voguant à l'aveugle dans la brume. 
 
Alfy "sic" Bontemps
Alfy "sic" Bontemps
Déconnecté
 
Inscrit depuis le :
01/05/2021
Posté le 05/08/2021 à 15:56:47. Dernière édition le 05/08/2021 à 15:58:29 

Mars 1699  
 
- Où est-ce qu’on va papa ?  

- Chez le  médecin   Alfy , comme tous les mois...  

- Non  j’ai pas   enviiiiiie  !  Je l’aime pas  le docteur, et puis il fait pleurer maman. Tout le temps. Il me pose des questions et  je dois pas  bien répondre... Je préfèrerai encore retourner à l’école !  

- C’est pour ton bien mon p’tit loup, et on t'a déjà dit que c’est encore un peu compliqué de te laisser retourner en classe. Même si je suis  sûr  que tes copains et tes copines te manque.   
Allez viens on y va.  

Plus tard dans le bureau du Dr.  Baton , après les questions et examens habituels,  Alfy  était posé dans la salle d’attente, pendant que ses parents débriefaient avec le docteur. La porte était mal fermée et  Alfy  pouvait entendre ce qu’il s’y disait.  

- Alors docteur ?   

- Je dois vous avouer que le bilan est mitigé, votre fils montre toujours un fort trouble dissociatif de la personnalité, depuis son diagnostic l’année dernière, mais quelques signes sont encourageants !  

- C’est... quoi... comment ça ?  demanda sa mère, sanglotant.  

- Et bien j’ai l’impression qu’avec le temps, les crises deviennent moins fréquentes, moins fortes. Attention je ne vous dis pas que c’est fini, mais il se peut que ça s’améliore dans les années à venir !  

- On se satisfera de cette “bonne” nouvelle, merci docteur... Qu’ est-ce  qu’on peut faire pour aider le processus de guérison ?  

- Et bien mettez-le à l’aise, il faut qu’il soit bien entouré, dans un environnement avec le moins de stress possible. Il aime les animaux ? Un animal de compagnie peut aider. Les animaux ont tendances à amener calme et sérénité autour d’eux.     

Sur le chemin du retour, ils s’arrêtèrent dans une animalerie.  

- Alfy , regardes un peu comme ils sont mignons tous ces animaux ! Qu’ est-ce  que t’en pense ?  

- Oh oui trop  chouuu les yeux illuminés.  

- Tu aimerais en avoir un ? Parce que devine quoi, tu peux choisir !   

- Vrai ? Vrai ?  Géniaaaal , je veux, je veux... hum... un oiseau tient !!! Parce qu’ils peuvent voler là où personne n’ira les chercher, sauf le mien, parce qu’il sera bien dressé ! Enfin dites, on peut dresser les oiseaux non ?  


Alfy "sic" Bontemps
Alfy "sic" Bontemps
Déconnecté
 
Inscrit depuis le :
01/05/2021
Posté le 26/08/2021 à 17:20:55 

Juillet 1721  

Plusieurs semaines auparavant, le camp de Madre avait montré les limites physiques du corps d’Alfy. Non pas qu’il s’attendait à devenir une machine de combat, mais il s’était mis en tête d’être un peu moins ridicule. Et après un petit mois d’entrainement, sa grasse bedaine avait laissé place à un ventre rondouillet, qu’on sentait clairement plus ferme, moins flasque. Il devait d’ailleurs continuer son entrainement au phare avec quelques copains.   

Le chemin, qui le menait sur la péninsule, était beau. Alfy pu assister à plusieurs couchés de soleil le long de la côte. Il fait d’un coup bon d’être aussi loin du continent. Les couleurs étaient magnifiques. On ne voit pas ça en ville.  L’air frais, le chant des oiseaux.  
D’ailleurs, un matin, alors qu’il marchait, le soleil encore bas, des oiseaux passèrent au-dessus de lui, mais un en particulier attira son attention. Le plus grand du groupe, un beau rapace, aux ailes magnifiques et majestueuses. Les sons qu’il faisait... C’est comme s’il essayait d’appeler Alfy, de lui parler.   

N’importe quoi, s’amusait-il.   

Et pourtant, Alfy se pris au jeu, et siffla le rapace. Jamais il n’avait su siffler aussi bien avant ! Un son sec, clair, une note continue et forte.  
L’oiseau changea instantanément de direction, en quittant son groupe pour tournoyer au-dessus d'Alfy. Il est même venu se poser sur un arbre pas très loin, fixant Alfy d'un regard perçant, avec ses yeux jaunes, avant de se renvoler dans un huit puissant.  

Ça pour une histoire ma parole ! Se dit-il en ricanant. Sacré coup de chance.  On voit pas  ça tous les jours.  

Chance ? Avec une pointe d’ironie, un fond de doute, et encore une petite incompréhension de plus (si s’en est une) Alfy sorti son calepin. Au cas où.   

Entrée calepin #3  
Rapaces ?   



Mais le jeune corsaire n’était pas au bout de ses surprises, à peine avait-il mis un premier pied dans le phare, qu’il se senti mal. Un mal étrange, pas comme ceux qu’on voit vite arriver les lendemains de picole, ou suite aux consommations des mauvaises herbes qui pullulent autour d’Ulungen.   
Non, un mal qu’on n'explique pas. Un de plus. Alfy commençait à en avoir assez. Que si cette île à quelque chose à lui dire, qu’elle lui dise rapidement et clairement ! Les indices c’est rigolo au début, mais ça suffit là.  

Mais effectivement, en regardant tout autour de lui, Alfy pouvait sentir qu’il s’était passé quelque chose ici. Ces murs qui s’effritent au simple passage de la main, ce sol irrégulier. Et même la vue depuis le brasier...   

Entrée calepin #4  
Phare : DEJA-VU ! 100%  

Je suis déjà venu ici, j’y suis même resté, j’en suis sûr... mais pourquoi faire ? Se dit-il.  

Et quand surtout ? C’est ce qui le tracassait le plus. Parce que ce n’est clairement pas depuis qu’il a débarqué du Havre...  Ne pas être capable de se souvenir est surement ce qu’il y a de pire. On se pose des milliers de questions, qui resteront surement sans réponses pour la plupart.  

Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que j’ai blessé des gens ? Est-ce qu'ils parlent de moi ? Ils étaient là ? Avec moi ?   

Alfy s’assit pour souffler un peu et reprendre ses esprits,  il allait  retrouver les copains au brasero, et il ne fallait surtout pas montrer qu’il était complètement paumé.
Alfy "sic" Bontemps
Alfy "sic" Bontemps
Déconnecté
 
Inscrit depuis le :
01/05/2021
Posté le 06/09/2021 à 15:19:06. Dernière édition le 06/09/2021 à 15:19:57 

Janvier 1706  

J e pouvais entendre les voix s’élever, se chauffer depuis ma chambre. J’entendais souvent les querelles parentales et ça ne m’inquiétait guerre, mais le bruit de vaisselle cassée, après avoir été violemment jeter contre un mur, ou le sol, c’était nouveau.   
Alors que je descendais les escaliers pour essayer d’entendre et comprendre ce qu’il se passait, les cris, parce que c’était des cris, devenaient de plus en plus audibles.  

Menteur […] Lâche […] me faire ça ? Après tant d’année de mariage !  

On ne va pas se mentir, je sentais quelque chose me prendre par les  tripes , des sueurs, ma tête qui me fait mal. J’ai besoin de m’assoir.   

Tu m’as fait croire toutes ces années qu’il était notre fils, NOTRE fils, alors que ce n’était que le tien et celui de cette putain !!!  

Je ne...   

Ferme-là, je ne veux plus jamais vous voir,  laisse-moi  tranquille !  

J’avais les mains moites au possible, mon cœur battait tellement vite que je me demandais comment il allait tenir le coup. Je m’allongeai dans les escaliers, tout tremblant, la mâchoire qui claque, comme si j’étais extrêmement malade. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive … ? Je ferme les yeux.   
Et d’un coup, je me sens apaisé. Plus aucun cri, juste un bruit de vagues, agréable.  


 
Fin 1708  

J’aide un marin à sortir le matos de la cale. Le bateau est immense, les voiles sont impressionnantes. On en a pour plusieurs heures à tout vider à mon avis.  

Hey  camarade , y’a qu’nous là pour décharger ?  

Mais vu sa tête, il ne doit pas comprendre ce que je lui dis... pas grave je vais continuer. Le bateau n’a pas de pavillon, surement des corsaires embauchés à droite à gauche. Bizarre. Pourquoi ? Mission dangereuse ? En vrai ce n’est pas trop mon problème.   

Mais en finissant d’aider, je me rends compte petit à petit que le port du Havre à bien changé depuis la dernière fois. Il y a même un nouveau bâtiment ! Mais comment c’est possible, je suis allé y faire un tour y’a même pas quelques jours et il n’était même pas commencé...   

Apercevant un contremaitre un peu plus loin en train de barrer et noter des choses sur sa fiche je m’approche de lui pour l’interpeller. Il discutait avec un autre corsaire, en Français.  

Vous avez réussi  à  tout livrer sur Liberty ?   

Oui, même si à cause d’une tempête le bateau a dû faire demi-tour. Il est resté à New-Kingston plusieurs mois, le temps de réparer les dégâts.  

Ah c’est vrai, je me souviens du perroquet, j’ai dû faire des pieds et des mains pour apaiser les esprits et expliquer le retard du bateau. Mais au moins il est rentré, de quoi ils se plaignent ?!  

Il se mirent à dire tous les deux, et j’en profitais pour intercepter la conversation.  

Excusez-moi messieurs, pourriez-vous me  di ...  

Oh Alfy on arrête avec les manières, deux mois de navigation, ça créé des liens, tu peux me tutoyer, ce n’est pas parce qu’on est descendu du bateau que tu peux nous reprendre de haut garçon haha. On dirait le même qu’au départ, comme si  on n'avait rien  vécu ! T’es bizarre mon ami, mais drôle !  

Quoi... ? Le départ ?   

Oh là matelot,  j’avais pas  l’impression que t’avais pris une telle timbale hier soir. Ok c’était la der, mais t’avais pourtant l’air bien.   

Attendez... Attends, pardon, répète un peu, tu parles de départ ?  

Bah oui mon gars, on est parti y’a presque deux ans sur Liberty. T’as débarqué ici au port les yeux vides, presque zombifié j’dirais ! Tu voulais partir. La mer t’a redonné des couleurs, ça c’est sûr, t’es fait pour ça ! On t’a même paumé sur l’île dès le premier arrêt à New-Kingston. Heureusement que l’bateau a été pris dans la tempête sur le retour et qu’on a fait demi-tour, sinon tu serais peut-être toujours là-bas haha  

Mes palpitations reprennent, les suées. Des flashs. Beaucoup de flashs. Je revois des gens, des visages, des lieux... Il faut encore que je m’assoie.  



Je vois les deux marins me regarder et se marrer.    

Tu nous remets ça Alfy ? Le mal de terre maintenant ?  Ils continuaient de rire grassement . Tiens mâche, ça te calmait au début du voyage.   

Et c’est vrai, après avoir mâchouillé ces plantes pendant quelques minutes, je me sentais reprendre mes esprits. Je ne sais pas ce que c’est. Ce n’est pas bon, mais ça a le mérite d’être assez  efficace  

Par contre ce n’est pas pour autant que j’ai des réponses à mes questions... Il faut que je me souvienne. Il me faut surtout de quoi prendre des notes, on ne sait jamais, si je pense à écrire ce qui me revient, et que je ne perds pas le calepin, peut-être que je pourrais m’en sortir.   

Commençons déjà par rentrer à la maison.
 

Le forum > Taverne > Comme un air...


Si vous souhaitez répondre à ce sujet, merci de vous connecter.
Marquer tout le forum comme lu
© 2004 - 2021 pirates-caraibes.com - Tous droits réservés