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[Concours de RP] Trahison  
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Le Rorqual
Le Rorqual
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Posté le 25/05/2019 à 23:52:19. Dernière édition le 25/05/2019 à 23:53:43 

Vous pouvez dès à présent poster ici vos contributions pour le Concours RP "Trahison".
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Posté le 09/06/2019 à 13:38:12. Dernière édition le 13/06/2019 à 18:24:41 

Je fais les cent pas dans l'Antre. J'attends des nouvelles. Des nouvelles fraîches. Cependant l'aurore est déjà bien loin, à en croire ce ciel bleu azur qui a remplacé les teintes timides et fusées du matin. Sa brise n'est plus, l'herbe est sèche lorsque je décide de prendre l'air.

Les cent pas, toujours. Les faire t'amène à penser à différentes choses; autant cela t'aide à te projeter vers demain et autant cela te fait replonger dans des souvenirs lointains. Je ne sais pas ce qu'il se trame dans ma tête, mais les songes reviennent me hanter à l'allure des gouttes d'eau qui perlent sur mon front. Les journées se terminent différemment mais les levés sont toujours les mêmes: pleins de questions, de pensées, une mémoire qui demande à être retrouvée. 

Après mon entrainement habituel dans la jungle, je retourne dans le repaire. Les étirements, toujours, puis je me lave comme je peux. Je passe la main dextre dans la porte entre ouverte de l'armoire, tentant par flemme de chopper un pantalon et mes mocassins sans devoir l'ouvrir entièrement. Ma paume heurte un objet solide et long. Je laisse ça de côté et je refais une tentative. En vain. Je cogne à nouveau sur cet objet. Ma curiosité est plus forte... qu'est ce que j'ai encore comme bordel dans cette armoire... j'ouvre la porte entièrement. 


Exceptionnel Epée D'Edmond Dantes, Comte de Monte Cristo - lvl 4
Arraché sournoisement au comte de Monte Cristo. Le jeune ibérique n est jamais parvenu à se détacher de ce vieux totem qu il a pris dans les larmes et le sang à celui qu il put un jour compter parmi ses plus proches amis. Toujours aussi tranchante, le portugais s en sert avec autant d arrogance, et de manière tout aussi mortelle que son ancien possesseur. Certains pensent que cette épée est assoiffée de sang et que seul celui de Rodrigo saura l apaiser.  (Involable)
Equipement : Distinction  

La lame d'Edmond. Une histoire d'Amitié. Une histoire de trahison. Mon regard reste un temps sur cette épée. Je décide de la sortir de son fourreau.
 
Faire les cent pas pour retrouver ce passé amère... quelle ironie. 
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Posté le 12/06/2019 à 11:36:25. Dernière édition le 12/06/2019 à 16:37:41 

L'épée est dans un fourreau de fortune; ça ressemble surtout à un sac de toile qu'on aurait plié plusieurs fois puis ensuite enroulé autour de la lame. Une rapière. Élégante. Légère. Je laisse glisser l'index depuis le pommeau jusqu'à la pointe: toujours aussi perforante. Un goutte de sang s'extirpe de mon doigt très rapidement. Je la laisse couler, faisant son petit chemin et traçant une ligne rouge menant tout droit à ce souvenir.

Le temps s'arrête. Je suis comme emprisonné de ma mémoire. Les images me reviennent par bribes. Certaines sont plus claires tandis que d'autres sont plus floues.


Port Louis, L'Ordre, d'Archibald, Soeur Miranda, une vengeance, une trahison... Edmond Dantès Comte de Monté Cristo.
 
Comment ai je pu oublié ça? J'en oubliais parfois cette moitié de jambe de bois sous ces jambardes. Est ce les différents sortilèges et maléfices que j'ai subit qui me font perdre de vue mon passé? Comment ai je pu effacer ça? Comme un trou noir, le néant...

"-Et bien Rod, tu sembles perdu dans tes songes mon frère!"

Nico me ramène à la réalité en rejoignant son hamac, voisin du mien. J'ai comme un haut le coeur, mais je tâche de ne pas montrer mon désarroi. 

"-Belle lame que tu as là. Je n'ai pas souvenir de l'avoir déjà vue."

Si mais tu ne t'en souviens certainement pas mon frère, me dis je à moi même. Il insiste. C'est légitime. Il s'installe sur le hamac comme attendant une réponse. Une réponse que je finis par lui donner. 

"-Elle appartenait à Edmond Dantès autrefois. Je lui ai arraché dans son dernier souffle, il y a maintenant dix ans de cela. C'était l'un de mes meilleurs amigos... et j'ai due le trahir. Il enquêtait... c'était lui ou moi."



S'en suivit un silence. Nico, fin psychologue de son temps, arrivant avec aisance à cerner et charmer les gens, sortit une bouteille de rhum, en bu une gorgée et m'invita à en faire de même. 

Je débutai mon histoire, sur la quête de gloire et de vengeance que j'entrepris contre l'Ordre de la Sainte Croix, jusqu'à l'assassinat d'Archibald, puis d'Edmond...
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Posté le 12/06/2019 à 12:05:49. Dernière édition le 12/06/2019 à 16:30:09 

Je prends une gorgée, puis une de plus, de cette bouteille tendue par mon frère. Son regard est perçant, comme s'il m'analysait en attendant mes premiers mots. Je bois encore un peu de rhum, j'ai soif...


"-Depuis toujours j'ai soif de gloire. L'or, le sang, sont des moyens d'y arriver. La renommé, être reconnu aux sept mers, océans et au delà, c'est ce que j'ai toujours souhaité.

Jusqu'à ce que cette gloire choisisse un camp pour moi. J'ai d'abord trahi la couronne parce que j'estime que la couronne nous as trahi en premier. J'ai trahi des compadres, des frères d'armes comme Los Hermanos de Esperanza, les Guereilleros del Rey... j'ai trahi des amigos jusqu'à ne plus trahir lorsque j'ai trouvé ma voie, mon chemin, ma gloire, là où je voulais prospérer et gagner en notoriété: la Confrérie, la Chimère, être un frère de la côte...

Ai je réussi? J'en sais rien."


Je marque un silence, le temps de prendre une nouvelle rasade. J'observe Nico. Celui qu'on appelle "le Sorcier" ou encore "le Voyageur", ne pipe mot et continue de m'observer, inébranlable, comme attendant la suite.


"- Dans cette vie de trahison, j'ai due abattre el mejor de los amigos qu'on pouvait avoir. L'amitié qui va au delà d'un camp, de la politique, de la couleur d'un bandeau. Esperanza d'un côté, Port Louisiens de l'autre, on était tous les deux restés proches. Un respect mutuel, partagé. Un passé commun où nous nous étions soutenus chacun dans diverses aventures... bref, je te fais pas de dessin.

T'auras compris, on était como des frères... puis, dans ma quête de gloire, j'ai été le bourreau d'Archibald lors de sa mise à mort. Archibald, il reconnut mon regard sous cette cagoule de cuir noir, lorsque je l’exécuta. Je l'avais presque oublié... J'avais pourtant tué l'une des plus grande terreur de Liberta, quoi qu'on en dise... mais jusqu'à aujourd'hui Nico, j'avais oublié... Paul Louis d'Archibald cherchait asile, je l'avais accueillit alors en tant qu'amigo à Esperanza pour le protéger de Port Louis. Il avait de sales histoires là bas. Je l'ai accueilli pour mieux le livrer..."


Je prend la bouteille et la termine au goulot et je me ressasse cette histoire, l'exécution d'Archibald en détails. Je raconte à mon frère l'organisation, cette mise en scène, le vote de lui laisser la vie sauve ou non pour finalement le tuer...



"-Archibald était proche d'Edmond Dantès. Très proche. Et Dantès, lui... c'était un fin limier. Il se lança dans une vendetta et souhaitait venger sa mort. Découvrir l'auteur de cette exécution, le cerveau comme la main. La pensée et l'action. Miranda était déjà démasquée, bien qu'elle n'a jamais cherché à se cacher. Mais moi... c'était tout autre chose. 

Edmond voulait me parler du séjour d'Archibald à Esperanza avant sa mort. CA sentait déjà mauvais... très mauvais. Je pense que déjà, à ce moment là, je savais qu'il devrait mourir. Que ce serait lui ou moi. J'étais dans le sud, ce qui l'étonne, à ce moment là. Je décide de l'attirer à l'abris des regards, à la Corniche. Il répond à l'invitation comme je m'y attendais.

J'étais pas seul, tapis dans l'ombre, le père Philibert attendait. Je revois Edmond venir vers moi. Je lui laisse pas finir sa première phrase. Il venait pour une accolade, je répondit par un coup de lame placé. Par derrière Philibert en place un second... "


Je demande à Nico d'ouvrir une seconde bouteille. J'ai la main qui tremble. Je me souviens de tout. Je raconte alors comment Edmond s'était relevé et nous avait affronté, dans un dernier élan de rage et de bravoure. Comment il nous avait causé du tord, malmené. Je pense que je dois la vie à ces coups de fourbes que Philibert et moi lui avons mis d'entrée...

Je me souviens de cette odieuse trahison, du début à la fin.

//passage du RP avec Edmond Dantès, poste du joueur//

*Cling!!!*

  Son épée vola. Pedro la rattrapa en plein vol et pointa les deux lames sur le torse d'Edmond. C'était la fin. Il le savait.
Il regarda alors fixement son ami déchu avec un sourire mélancolique. Une pointe d'arrogance au bout des lèvres, défiant pour défier, sauf que cette fois, c'était la mort qu'il défiait...

   "Vas-y murmura-t-il"

  Une larme coula le long de l'oeil droit de Pedro, il jura, baissa les yeux et acheva le comte.

  "L'Ordre renaîtra de ses cendres. Je te le jure sur ce sang que tu as fait couler. Vous échouerez..." 

  Voici les derniers mot d'Edmond Dantès, comte de MonteCristo, Commandeur de l'Ordre. Fier, fidèle, mais insoumis chevalier français. Sa fin marqué par le sang, la trahison et la tristesse.
  
  Son corps tomba lentement à la renverse, emporté par les flots. Sa dépouille ne fut jamais retrouvé. L'aube se levait alors qu'une légende s'éteignait. Voici une nouvelle promesse de l'aube...









El Renat "Petit Tigre"
El Renat "Petit Tigre"
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01/11/2017
Posté le 12/06/2019 à 12:29:07. Dernière édition le 12/06/2019 à 12:31:40 

El Renat venais de retrouver ces esprits après une étrange maladie qui c'était emparée de lui à Port Louis.

    Marchant prudemment au fin fond du temple maya il ruminait voir même fulminait de rage et de rancœur, les Culs étaient maintenant livré à eux même, la célèbre guilde du CUL connue et appréciée de tous était maintenant dans un état désastreux. Certain cherchait un but en s'accoquinant avec les pirates et d'autre erraient sur cette ile sans repère et surtout « sans argent ! »

    Le responsable était tout désigné, leur ancien chef de guilde qui n'avais jamais vraiment montré son visage et avait trahi tout le monde. Sans que personne ne s'en aperçoive il avait transformé Féantir en goule après sa mort dans le seul but de le faire creuser sans relâche afin d’amasser une collection de joyaux immense.

La franche camaraderie avait pourtant masqué les faits et même au fond des mines du crâne, personne n'avais vu le coup venir quand Riquel les poches pleines était rentré à la maison de guilde.
Connaissant le malaise de certain l'amiral ne s'en était pas étonné de voir autant de monde reclus dans leurs chaumières et avait continué vaillamment sa quête perpétuelle de justice sur l'ile avec Faye, andras et Sanria.

   Soudain un bruit se fit entendre qui le tira de ses pensées, des prêtres psalmodiait au milieu du chemin et après une approche furtive, El Renat reconnu Sanria entouré de trois ecclésiastique pas très commodes, la pauvre avait été rouée de coups, l'espagnol sorti sa Dza et dans un bruit du tonnerre arrosa l'assemblée tout en prenant grand soins de na pas toucher San, deux prêtres tombèrent à terre gisant dans leur sang et le troisième se traina au sol derrière un muret mais la jeune Cul réussie à s’enfuir. Espérons qu'elle ne refera pas d'autre mauvaise rencontre.

  L'adrénaline retombant, El Renat tentait de ce calmer mais rien n'y fit, il brulait de l'intérieur, ce n'était pas des prêtres qu'il avait tué mais juste une projection de son ancien chef de guilde. Ce vaurien qui les avait lâchement abandonné en emportant tous les biens et l'or de la guilde !

   La seul consolation c'est que son avarice avait eu raison de lui, ayant trop charger son navire en or le bâtiment s'était brisé lamentablement à quelque lieux de la faille aux requins, emportant tout dans les profondeurs des abysses.

    L'amiral sorti une bouteille de rhum de sa besace ouvrit le bouchon avec ces dents et la but d'un trait. Il se retourna toujours pensif, jeta la bouteille en derrière lui qui se brisa au sol et maugréa : « Sale Raclure, bien fait pour toi ! »
Romuald
Romuald
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05/02/2017
Posté le 13/06/2019 à 09:30:59 

Il est bien fini le temps des rires et des chants.
Dans cette ile qui restera sans enfant, il n’y a ni été ni printemps
C’est le pays sans joie des cœurs malheureux.
Ici, les monstres ne sont pas gentils et ce ne sera jamais un Paradis.


Les semelles ferrées des bottes de l’homme résonnent sur le pavé humide et crasseux du port de cette cité catalane. Dans cette brume marine qui précède l’aube, il avance, le regard perdu dans un vide insondable, sous son chapeau de feutre poussiéreux, insensible aux odeurs acides d’urine et aux braillements des derniers clients qui quittent les tavernes en titubant pour rejoindre leur navire ou peut être la couche poisseuse de leur femelle délaissée.

Soudain l’homme s’arrête et observe sur un sol au pavage inégal, une large tâche sombre aux reflets rougeoyants virant parfois au pourpre. Ici aussi, la mort semble avoir fait son œuvre. Il porte la main à la garde de la rapière qui pend à son côté gauche, et fait machinalement glisser la lame dans son fourreau de cuir. Mais il ne s’est probablement agit que d’une querelle d’ivrognes. Demain, un marin ou un mari manquera à l’appel. L’homme a retrouvé ses esprits et semble surpris de se voir en ce lieu. C’est alors qu’il la voit. Et c’est comme s’il la voyait pour la première fois. Ce n’est qu’une vieille bicoque aux murs de chaux et aux volets branlants ; mais il y a peu encore, elle était l’écrin secret de ses amours. Ces tâches jaunâtres étaient alors la poussière d’or répandue par les ailes de son désir. La puanteur environnante était masquée par la promesse du parfum suave de son amie. Quelle main cruelle du destin a guidé ses pas jusqu’ici ? A moins que ce ne soit la patte hideuse d’une harpie vengeresse ?

Une raie de lumière filtre à travers les volets de l’étage. Ce sont les volets de leur chambre. Mais elle ne peut être là ; plus après ce qu’elle a fait. Elle aura forcément embarqué sur le premier bateau quittant le port. Elle connait le prix de la trahison. Sans doute une putain a pris sa place. Ou se sera un piège, une nouvelle trahison. La raison lui crie de s’en aller… la porte n’est pas verrouillée. Il entre.

La chambre ! Leur chambre ! Elle est là, debout, face à lui, près de ce lit qu’ils ont tant usé. Elle est si belle et chez lui un maelstrom de sentiments se déchaine où l’amour le dispute à la haine, le désir au dégout. Il veut transpercer son ventre mais il ne sait plus si c’est de sa lame ou de son sexe.

Elle est vêtue d’une robe de voyage et il commence par croire qu’elle a trainé à fuir. Mais elle lui sourit et ne semble en rien effrayée. Au contraire, il ne lit que l’amour dans ses yeux ; mais un amour désespéré.

« Jorge ! Mon amour, tu es en vie ! J’ai tant prié… »

« Tu nous a trahi ! », l’interrompt-il

Elle baisse les yeux. Pourtant, rien n’indique qu’elle soit surprise par cette révélation. Elle savait qu’il savait. Mais alors pourquoi l’attendre ? Pourquoi l’accueillir ainsi ?

« Mon frère, Jorge ! Ils avaient pris mon frère ! Ils allaient le torturer, le briser… Mais peu importe désormais. Notre amour n’est-il pas plus fort que tout ? Je t’attends dans cette chambre ! Je savais que tu reviendrais. La mort elle-même est moins forte que notre amour. Partons ! Quittons le continent et allons vivre loin de tout cela. Tout était perdu de toute manière. »

Il la regarde, interdit, perplexe, perdu… éperdu. Il l’aime toujours. Il a toujours aimé cette longue chevelure noire qui ruisselle en cascades bouclées jusqu’à la naissance de ses reins. Il a toujours adoré ce ventre et la sombre toison humide et parfumée de ce mont enivrant niché entre ses longues cuisses fuselées… Il dégaine sa lame dans un silence de mort.

«  Jorge ! »

Elle se jette à ses pieds, prenant ses jambes dans ses bras blancs qu’il a tant embrassés. Il tient sa lame verticale, la pointe posé à la base de ce cou si fragile. Elle s’accroche à lui en pleurant, son magnifique visage levé; et il sent son désir monter et sa haine vaciller.

Alors ces grands yeux sombres en amande lui rappellent d’autres yeux, d’autres regards : ceux vides et fixes de Andreu et de Bernat, de Jordi et de Pere ou les orbites creux de Jaume… La lame s’enfonce sans effort dans la chair tendre. Elle a un hoquet tandis que la robe se couvre d’un sang rouge clair. Elle ne le quitte pas des yeux et semble ne pas comprendre. Sa bouche s’ouvre et se ferme pour parler mais aucun son ne sort. Elle n’a plus d’air. Les poumons doivent être déchirés. Mais il n’a pas besoin d’entendre pour comprendre que c’est son nom qu’elle essaie de prononcer. Puis sa tête s’affaisse tandis que ses bras le lâchent. Seule la lame d’acier plantée dans son corps l’empêche de s’écrouler.

Il titube, retirant la lame. Elle est morte… et lui avec. Elle l’a aimée jusqu’à la fin. Son amour a été plus fort que tout, plus fort que la douleur, plus fort que la mort… peut-il en dire autant ? Il jette sa rapière qui frappe le sol dans un bruit sinistre. Il regarde ses mains couvertes de sang, couverte de son sang ! Ce sang qu’il a versé au nom d’un honneur dont il ne comprend soudain plus le sens. Et une question le taraude, faisant vaciller son esprit : lequel des deux a finalement trahi l’autre ?

Jorge n’est plus. Il est mort lorsqu’il a tué celle à qui il avait donné son cœur. Car ce qui a été donné ne peut pas être repris. Il lui faut partir maintenant. Loin ! Plus loin que Marseille, plus loin que la France… plus loin que l’Europe. Mais il sait que où qu’il aille, ce ne sera jamais assez loin pour oublier.
Faye
Faye
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Posté le 17/06/2019 à 21:43:06. Dernière édition le 18/06/2019 à 07:28:46 

La sorcière était ravie. Non seulement elle avait récupéré son fils, mais en plus Rodrigo était avec elle. Ainsi qu’Andras, évidemment. Et le sorcier. Malheureusement. Mais elle avait son fils. Son trésor. Son petit loup qui, elle en avait l’impression, grandissait si vite ! 
 
« Je crois, Faye, que tu vas devoir faire avec la décision et les projets de la Confrérie. »
 
Interdite, la brune a lancé un regard perplexe au portugais qui vient de parler. Puis au sorcier. Elle a sursauté alors que la silhouette d’Anne se précisait dans l’ombre du monastère. Celle de Madre Anna, également. De Buddy. De Valakas. Du Padre. De Gemini. De Guillemin. Les pirates étaient tous là, et formaient à présent un cercle autour d’elle et d’Andras.
 
Gardant Swynblaidd fermement serré contre elle, elle commence à avoir peur. Elle n’a jamais vraiment eu peur de l’équipage de la Chimère. Acceptant les gens comme ils étaient, elle n’avait porté aucun jugement sur les individus au bandeau noir. Mais là…
 
Sans doute est-ce le crépuscule, puisque la luminosité baisse soudain. Il ne reste que la lueur des bougies qui donnent à la scène un aspect irréel. Glauque. Elle ne s’était pas rendue compte qu’un étrange liquide sombre, brillant, couvrait l’autel. La croix brillait sinistrement à la faible luminosité des bougies.
 
Muette, presque paralysée par la terreur naissante, elle cherche à se rapprocher d’Andras. Elle observe tour à tour chacun des pirates, espérant que ce n’est qu’une mauvaise blague. Mais leurs visages sont mortellement sérieux.
 
« Rodrigo, souffle la courtisane, ne parvenant pas à imaginer ce qui pourrait réunir les pirates autour d’elle. Tu me fais peur… »
 
Elle se raidit quand le portugais s’approche. Il arbore un sourire tendre, alors qu’il caresse la tête du louveteau. Qu’il l’embrasse. Et quand il se redresse, quand ses mains agrippent l’hybride qu’elle aime plus que tout, son sourire se déforme, devient un rictus cruel, fourbe. Elle veut retenir Swyn entre ses bras, mais des mains agrippent ses bras, l’empêchant de resserrer son étreinte sur son fils.
 
« Non… Non ! »
 
Elle crie, elle pleure, elle supplie. Mais le quartier-maître de la Chimère emporte Swynblaidd loin d’elle. Il l’offre alors au sorcier, toujours encapuchonné, et la galloise sent son cœur se serrer. La capuche glisse alors que le pirate lève le louveteau en l’air, comme pour admirer son chef-d’œuvre. Elle ne reconnaît pas les traits de celui qui fut un jour Nico le Voyageur. Elle a l’impression de contempler un masque grimaçant, terrifiant, où brillent deux yeux rouges. Démoniaques.
 
Andras, à ses côtés, tente d’aller récupérer Swyn. Il se rue sur le sorcier, mais il s’arrête net à mi-chemin alors qu’un sabre s’est fiché dans son abdomen, ressortant entre les côtes de l’autre côté. Le sang goutte alors que la lame tourne, que la plaie s’agrandit. Il tombe à genoux, tandis que Rodrigo retire son arme. Les mains serrées autour de la plaie, appuyant en espérant contenir le flot de sang et d’entrailles qui s’en échappent bientôt. Et il s’effondre, dans un râle.
 
La courtisane hurle. Autant de peine que de terreur. Ça ne peut pas être vrai, non ! Elle se débat vainement entre les mains qui la retiennent prisonnière. Le sorcier ricane et pose le louveteau sur l’autel. A la lueur des chandelles, la brune peut apercevoir une dague. Un éclat sinistre, qui la glace alors qu’elle comprend ce qu’il veut faire.
 
« Non, je vous en prie, pas mon fils… Non ! Vous aviez dit que si je vous aidais, il serait sauf ! Laissez-moi vous aider, laissez-moi mon fils ! »
 
Mais seul un rire infernal répond à ses suppliques, à sa voix brisée. Un rire qui semble émaner de chacun des pirates présent. Un rire qui résonne à ses oreilles alors que le portugais se penche vers elle, les traits tordus par une expression diabolique.
 
Elle ne peut pas y croire. Elle ne VEUT pas y croire. Son cœur se brise, les larmes dévalent le long de ses joues. Et elle crie, elle crie jusqu’à en avoir la voix casser. La dague tranche le pelage et la peau de son fils. Une longue ligne nette, sanglante, avant que le sorcier ne repose son arme et ne plonge sa main dans le petit torse du louveteau. Il arrache le cœur, et le retire, une mélopée sinistre s’échappant de ses lèvres.
 
Elle a envie de vomir, de hurler, de se jeter sur le meurtrier de son fils. Elle a envie de mourir, de se laisser aller à l’oubli, alors que le cadavre d’Andras gît à ses pieds. Et Rodrigo qui rit, qui rit, encore et encore, se délectant de sa souffrance. La trahison de celui qu’elle appréciait, qu’elle estimait, fait mal. Presque autant que de voir le sorcier mordre de bon cœur dans l’organe encore palpitant qu’il vient d’extraire du torse de Swynblaidd.

 

Elle pleure, elle hurle, elle se débat alors que la folie gagne son esprit. Elle ne sait plus qui est là, qui elle est. Elle se fait furie et-
 
Elle se redresse en sursaut, le cœur battant à vive allure. Ses prunelles scannent la pièce pour chercher son fils, et elle soupire de soulagement en le voyant niché sur les genoux d’Andras. Andras, bien vivant, qui ronfle tranquillement. La galloise essuie ses joues, les découvrant trempées de larmes, alors que son palpitant s’apaise lentement.
 
Quel affreux cauchemar !
 
 

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