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Secrets dévoilés  
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Posté le 12/08/2016 à 19:27:53 

Journal de Bord d'Althéa de Rioghan
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La vie sur Liberty d'Althéa de Rioghan fut, comme bon nombre de corsaires, des successions de rencontres et de surprises plus incroyables les unes que les autres : des amitiés, des amours, des ennemis, des remords, des espoirs, des déceptions, des douleurs, des joies...

Liberty est une terre riche et incroyablement vivante, ne laissant pas ses occupants le loisir de s'adonner à l'oisiveté.

Après avoir planté un couteau imbibé de curare dans les reins du second du navire qui la débarquait à Port-Louis, Althéa fut projetée dans la vie trépignante des corsaires du comptoir français.

Très vite ses pas lui firent rencontrer des personnages hauts en couleur qui laissèrent dans son esprit un souvenir impérissable.

Liberty était multiple. L'île semblait ouvrit ses bras aux nouveaux venus, tout en leur offrant la certitude d'être traqués lorsque qu'ils devenaient plus aguerrit.

Sur les traces de son père, membre d'une confrérie puissante et bercée par le secret, la jeune française était venue pour lever certains mystères de sa vie et l'histoire de sa famille.

A peine quelques jours après son débarquement, elle eu l'agréable surprise de recevoir la lettre d'un hollandais disant avoir croisé par le passé un homme du nom de "De Rioghan". Chaque jour depuis lors les aras des deux corsaires n'eurent de cesse de porter leurs missives.

Les échanges épistolaires entre Althéa de Rioghan et Jocard Gombo, car tel était son nom, œuvrèrent à leur rapprochement.


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Des similitudes incroyables entre leur passé respectif firent surface. Des troublants liens sur leurs actions aux mêmes instants les liaient inexorablement.

En creusant petit à petit leurs passés, ils mirent au jour une évidence : leur vie était liée, et ce... depuis toujours.

La situation aurait put être idéale si Jocard Gombo n'avait pas intégré la Confrérie Pirate. Chaque jour, chaque minute passés ensemble devenaient une menace autant pour elle que pour lui. Mais elle lui avait juré que "la grive" veillerait toujours sur "le merle".

Ils multipliaient les mensonges et les rendez-vous fortuits, sachant pertinemment que leur vie ne pourrait jamais être celle d'un couple bercé par une candide paix si leur liaison se voyait mise au jour.

Pendant un instant Althéa envisagea même de rejoindre les Pirates de l'île afin de respirer un peu et se rapprocher de Jocard. Mais, étant une fervente défenderesse de la France son coeur ne put s'y résoudre. Elle continuerait donc à le voir en secret.

Le secret... un terme indissociable de la française pourtant extrêmement sincère et droite.

La nature intrigante d'Althéa étonnait souvent ses amis, mais sachant qu'ils pouvaient compter sur un soutien sans faille de sa part, ils ne cherchaient pas à percer ses secrets.

L'un d'eux fut pourtant découvert par un français, extrêmement proche d'elle, au mois de mars 1716 lorsque Elizabeth Swann, une anglaise, attira un démon dans le corps de Jocard Gombo : l'ex-pirate Skuleth.

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Posté le 12/08/2016 à 20:34:05 

~~ début mars 1716 ~~

Depuis sa naturalisation française, Skuleth, l'homme à l'armure d'obsidienne, avait mit un point d'honneur de jouer le rôle d'ange gardien auprès d'Althéa.
Ils étaient inséparables et offraient aux regards la vision d'amis sincères.

Durant un mois les cauchemars d'Althéa ne faisaient qu'amplifier et chaque nuit, inlassablement, le français veillait sur son amie et la rassurait du mieux qu'il pouvait. Mais jamais, il ne posait de questions.

De toute manière, comment aurait-elle pu lui expliquer que ses tourments étaient dus à la possession démoniaque de son aimé qui se répercutait dans sa propre âme ? Il l'aurait prise pour une folle ! Une sorcière ! Une impie !

C'est alors, que pliée en deux par la douleur, Skuleth lui fit comprendre qu'il était plus que temps qu'elle fasse confiance à quelqu'un.

~~~~~~~~~~~~
Skuleth *reprend ses esprits après tout ce qui s'est passé, et à présent, son visage est dur* "nous avons à parler je crois bien !"

*saisit la main d'Althéa fermement et la fixe, le regard dur. Le type de regard que le pirate qu'il était arborait.* "Je peux comprendre les secrets ! Respecter le silence ! Mais je ne peux pas voir une femme que j'apprécie, que je suis, se tordre de douleur, pleurer, sans rien dire ! Sans comprendre, sans rien faire !"

Althéa de Rioghan "si je vous le dit, alors vous aurez ma vie entre vos mains..."

*prend un regard étrange* "n'ai-je point déjà votre vie entre mes mains ?"
~~~~~~~~~~~~

Devant l'absurdité de l'évidence, Althéa ne put que ce résoudre à lui dévoiler ce qu'elle cachait depuis si longtemps.

~~~~~~~~~~~~
*son menton se met à trembler et elle ne murmure qu'un mot : " Joc' "

*semble touché par ta détresse, mais garde le visage dur* "Joc ? Le pirate ? Pourquoi cette révélation me laisserait-elle votre vie entre mes mains ?"

"parce que vous savez très bien que les pirates sont mal vus et que les personnes étant proches d'eux le sont encore moins..."

"Donc, vous pensez que parce que je sais que votre amant est un pirate, je pourrai vous trahir ? Vous êtes consciente que j'ai porté ce bandeau ?"
~~~~~~~~~~~~

C'était tellement évident qu'elle ne l'avait pas vu. Skuleth était dans le vrai.
A force de vouloir garder le silence sur certaine chose elle se privait elle-même de vivre l'amitié qu'il lui offrait, un cadeau inestimable qu'elle pensait ne pas mériter.

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07/07/2015
Posté le 13/08/2016 à 00:50:29 

(mise en forme des AP. Merci aux joueurs de Jocard et Skuleth. Ce fut un moment de RP fort sympathique)


~~ fin mars 1716 ~~
La traque tirait à sa fin.

Le lien particulier qui liait la jeune française et le pirate les amena, elle et son ami à l'armure de feu, jusqu'à la cabane clandestine.

Tapis au milieu des caisse de la cave se trouvait un être à la peau marbrée et au regard d'un blanc vitreux. Il était couvert de blessures récentes, signes de très récents combats.

Althéa s'approcha, les mains sur la garde de l'épée maya que Skuleth lui avait confié et quelle avait enduite de son propre sang. Elle comptait bien profiter de ses connaissances et de la faiblesse de l'être devant elle pour aider Jocard à revenir parmi eux.

Skuleth était partagé entre l'envie de remonter par respect, estimant que cette histoire ne le concernait pas et celle de rester auprès de celle qu'il avait décidé de protéger coûte que coûte. Mais la volonté et l'honneur du français l'empêcha de tourner le dos à son amie.

- Voilà des invités, je ne vous attendais pas de si tôt. Je suis Pazuzu, fils de Hanpa, roi des démons-lilū. Je vais monter moi-même la puissante montagne qui tremble, les vents qui soufflent contre elle sont tournés en direction de l'ouest. J'ai brisé moi-même leurs ailes. Hahaha ! Me bloquer le passage ne vous aidera pas à vous en sortir... Et je goûterai bien le sang de cette succube à la crinière de feu. Dit l'être d'une voix froide et monotone.

Tenant fermement son épée d'où perlait doucement son sang, Althéa s'approcha un peu plus, tout en sortant une fiole contenant un liquide carmin.

- Ca peut s'arranger. Dit-elle en abattant d'un geste vif l'épée maya en direction du démon.

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 3 points de dégâts.

Le maître noir recula. Bien que le coup porté ne sois pas des plus puissant, il vint s'ajouter à ses nombreuses blessures

- Recule vipère ! Je t'ai dit que ça ne servait à rien, hahaha !

Dans un même mouvement, elle cassa la fiole qu'elle tenait dans la main aux pieds de l'être noir. Une brume blanche se forma aussitôt et monta autour de lui. La fumée sentait le curcuma et le jasmin. Elle prononça alors des mots, inconnus de tous :

- Jocard ! My estar aquizë li staredoa, lya maunta io li cuni di ilsa, a voy viliamrâ, torri dy ittel mias ny leminâ. My lemina ti, Ko'ä ny, nar surerü ny dofi ! My estar-im voro por ti. Ethial ! PERLË TI LI TY NOM !

Pazuzu siffla de mépris.

- Tes paroles n'ont aucune portée ici, celui à qui tu les adresses n'est plus, ne sera plus... Vipère !

Malgré la puissance qu'il dégageait, son regard trahissait une certaine incompréhension.

Althéa remarqua qu'il se tenait le bras qu'elle venait d'entailler légèrement et d'où son sang commençait à faire son oeuvre.

- Joc' nagurü ti. Dasuë di tyr erpheï. Dyvaca my ni canâ nedi ! Aneh ! Jinso ! Lemina !

La jeune française lança une nouvelle attaque.

Combat contre Pazuzu, tu te prends 15 points de dégâts.
Combat contre Pazuzu, tu te prends 16 points de dégâts.

Althéa se retrouva très vite au sol, le sang coulant le long de son bras gauche. Pazuzu en profita pour se redresser et lui lancer des piques rageurs pour tenter de faire flancher sa volonté.

- Il ne t'entend pas !  Il n'est plus dans ce corps ! C'est le mien maintenant ! Tu es pitoyable... Même affaibli je te contre aisément. Tu mérites ce qu'il t'arrive, c'est ta faute s'il a disparu, tu n'as pas su le protéger, pauvre femme. Oublie-le maintenant !

La main de Skuleth serrait fortement sa hallebarde prêt à intervenir, mais il avait dit à Althéa que ce combat n'étant pas le sien, il n'interviendrait qu'en dernier recours.

Althéa se releva, trempa à nouveau sa lame dans son propre sang et couru vers le démon, la rage déformant son visage.

- JAMAIS !

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 7 points de dégâts.

- My nar ti ugarï Jocard ! DOFI !

Combat contre Pazuzu, tu te prends 17 points de dégâts.

La jeune femme, bien qu'essoufflée et blessée, se tenant sur ses jambes avec difficulté, lançait avec conviction ses forces dans le combat. Son regard émeraude transpirait d'une détermination incroyable.

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 3 points de dégâts.

Ses coups n'étaient pas violents, mais assez vifs pour tailler la peau du démon et permettre à son sang de pénétrer la chair. Pazuzu grimaça et semblait surpris.

- Tues-moi c'est ça, tue-moi ! Et ce corps pourrira à jamais... Tu ne le reverras plus ! Tu es lâche !

Althéa savait qu'il essayait de la déstabiliser, mais ce qu'il ignorait, c'est qu'elle connaissait bien les êtres de son espèce et savait déjouer leurs pièges.

Elle pleurait, car elle savait que chaque coups portés l'était sur le corps de son aimé que l'âme démoniaque possédait, mais elle devait continuer.

Il fallait qu'elle l'affaiblisse suffisamment pour lui permettre de prononcer tous les mots de la prière d'exorcisme.

Les démons reconnaissant tout de suite cette incantation dès les premiers mots, et sachant à quel point elle était menaçante pour eux, il lui fallait l'affaiblir suffisamment avant pour lui permettre de la prononcer dans son intégralité.

Elle relança des attaques, aussi vite qu'elle le pouvait tout en continuant à invoquer l'âme de Jocard auprès d'elle.

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 6 points de dégâts.

Alternant coup d'épée et coups de poing, elle griffa le démon, qui vit sa joue se fendre légèrement sous l'action de l'émeraude de la bague que Jocard avait offert à Althéa.

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 4 points de dégâts.

- Niora Ko'äe estar iluë ! Jocard ! Lemina ny ! Ristô ni !

Pazuzu s'écroula sur le sol, meurtri. Althéa senti l'âme de Jocard flotter à côté d'elle. Il était dans la pièce. Elle le savait. Cela renforça sa détermination déjà bien ancrée.

- Qui est lâche ? Lança-t-elle. Tu vas disparaître ! Démon !

- Jamais !

Se relevant rapidement, Pazuzu sembla vouloir la frapper, mais sa lame fendit l'air avec une étonnante rapidité. La française ne fut pas touchée, mais elle senti l'éther à côté d'elle irradier. L'essence même de Jocard Gombo venait d'être touchée par la lame démoniaque.

Se jetant littéralement sur le démon, Althéa le frappa à nouveau de toutes ses forces.

Combat contre Pazuzu, tu lui mets 3 points de dégâts.
Combat contre Pazuzu, tu lui mets 6 points de dégâts.
Combat contre Pazuzu, tu lui mets 7 points de dégâts.

Le démon se releva, chancelant mais s'accrochant fermement au peu de forces qui lui restait.

- Ce corps est à moi, à jamais... Tu n'as fait que m'effleurer pauvre femme, ma Reine te finira.

- Ta reine ? Mais elle n'est rien ! Rien de plus qu'une catin ! Une catin folle et stupide ! Tu ne sais pas qui je suis démon. Et tu ne le saura jamais, car ce soir tu retourneras là où est ta place ! Dans les enfers !

Aussi ridicule soit-il, sentant la fin arriver Pazuzu tenta de prendre la fuite. Mais il tomba à genoux au sol incapable de faire un pas de plus.

Sachant que cela serait certainement sa meilleure chance, Althéa profita du moment de faiblesse du démon pour l'enfermer dans un cercle de sel.

Elle plaça une bougie au Sud, une fiole d'Eau bénite à l'Ouest,  une poignée de sable au Nord et un bâton d'encens à l'Est, qu'elle enflamma.

Elle se recula, inspira profondément et récita la prière d'exorcisme, qu'un ami prêtre lui avait enseigné :

- Par la puissance de Mettatron ! Par la volonté  de Mahasiah ! Sort de ce corps et disparaît !

Elle mit ses mains en avant, les paumes dirigées face à l'être immonde qui la regardait d'un air mauvais et ferma les yeux en psalmodiant une prière d'une voix déterminée.

- Regna terrae, cantate Deo, psallite Cernunnos, Regna terrae, cantate Dea, psallite Aradia. Deus caeli, Deus terrae, Humiliter majestati gloriae tuae supplicamus Ut ab omni infernalium spirituum potestate, Laqueo, deceptione et nequitia, Omnis fallaciae, libera nos, domine.

Le démon tenta de l'atteindre mais il percuta un mur invisible là où le cercle de sel était dessiné. Althéa continuait sans relâche, sans ce soucier de ce qui se passait autour d'elle. IL ne fallait pas briser le cercle, il ne fallait pas interrompre la prière, elle le savait.

- Exorcizamus te omnis immundus spiritus, Omnis satanica potestas, omnis incursio, Infernalis adversarii, omnis legio, Omnis congregatio et secta diabolica.

- Vipère ! Tu ne le reverras jamais ! JAMAIS !

Skuleth observait la scène un peu en retrait, ne sachant plus vraiment s'il se trouvait dans la réalité ou dans un rêve créé par des substances hallucinatoires.

- Ab insidiis diaboli, libera nos, domine, Ut coven tuam secura tibi facias libertate servire,
Te rogamus, audi nos ! Ut inimicos sanctae circulae humiliare digneris, Te rogamus, audi nos ! Terribilis Deus de sanctuario suo, Cernunnos ipse truderit virtutem plebi suae, Aradia ipse fortitudinem plebi suae.

Althéa ouvrit les yeux et fixa le démon face à elle. La mâchoire crispée par l'effort et le visage reflétant toute sa détermination elle lança le dernier assaut.

- BENEDICTUS DEUS, GLORIA PATRI, BENEDICTUS DEA, GLORIA MATRI !

Le corps du démon se figea complètement. Il semblait ne plus respirer, au point de ce demander si quelque chose habitait encore ce corps et s'effondra sur le sol.

Épuisée, le corps recouvert de sueur et de sang, Althéa ne se laissa pas apitoyer et continua ce qu'elle était venue faire : redonner à l'âme de Jocard le corps qui lui appartenait.

S'asseyant sur le sol auprès du corps inerte, ses mains tremblantes et couvertes de sang sortirent un petit réchaud portatif et l'alluma. Elle y plaça un petit pot de métal dans lequel elle versa de l'eau et rajouta de la myrrhe, du bois de Santal, de l'absinthe, et de la guimauve.
Ses plantes étaient utilisées de maintes manières : assaisonnement, médecine, mais aussi magie... Et ce sont ces dernières propriétés qui intéressaient Althéa : la Myrrhe pour purifier le lieu, le bois de Santal pour contrer les mauvais sorts, l'absinthe pour soumettre les esprits  et la guimauve pour attirer les bons esprits.

Lorsque la vapeur d'eau s'éleva, dissipant les effluves des plantes à travers la pièce, la jeune femme appela l'âme de Jocard à elle.

- Toi qui vécut hier, Je t’appelle d’esprit à esprit, Reviens de l’ombre ou de la lumière. Et manifeste-toi ici !

Le corps du démon trembla et ses yeux s'ouvrirent d'un coup. Ses pupilles dilatées se rétractèrent doucement et laissèrent apparaître un gris clair qui ne pouvait appartenir qu'au pirate-hollandais.

Le sourire d'Althéa qui illuminait alors son visage fatigué se changea en une douleur sans nom lorsqu'il prononça ces paroles :

- Qui êtes-vous ?

Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 17/08/2016 à 10:24:57 

~~ avril 1716 ~~
Est-ce que tout peut revenir comme avant ?


Jocard avait quitté la confrérie.

L'étrange lien qui le rapprochait lui et Althéa était toujours perceptible, mais le hollandais ne se comportait pas comme celui qu'il était.

Ses souvenirs disparus le rendait triste et mélancolique. Un état à mille lieues de sa réelle personnalité.

Durant des semaines, sans relâche, Althéa chercha le moyen de l'aider à retrouver la mémoire, à redevenir celui que la vie avait forgé.

Elle avait collecté des souvenirs auprès de proches de son compagnon ; des objets qu'il avait côtoyés (tabac brun, alcool, la bague ornée d'une émeraude qu'il lui avait offert, la perle des caraïbes qu'elle lui avait confié, des écrits sortis de sa propre pensée...) Puis elle les lui avait patiemment présenté les uns après les autres, jour après jour, guettant la moindre petite réaction de sa part. L'encourageant à la moindre étincelle de lucidité et cachant sa déception et sa douleur lorsque son esprit refusait de retrouver le chemin de la vérité.

Elle avait même écrit à la Confrérie, pour leur demander de l'aide. Après tout, n'étaient-ils pas ses "frères et sœurs" ? Cela fût une erreur...

Althéa de Rioghan"Quelque chose ne va pas ?"

Jocard Gombo "Cette lettre... c'est cette lettre de Madre qui m'intrigue. Pourquoi ? C'est étrange non ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ?"

"Heu... quand tu m'as dit que tu n'avais aucun souvenirs d'elle et que de toute manière elle n'avait pas prit de tes nouvelles, je... je lui ai envoyé une missive. Elle était si importante pour toi avant."

"Donc ; il n'y a rien d'initié de sa part ! Cela me déçois d'autant plus."

"Je suis désolée. Je ne comprends pas. La confrérie à toujours dit qu'elle n'abandonnait jamais l'un des siens. Ta marraine a du avoir un empêchement, c'est..."

"Althéa ! Je vais te demander une chose dorénavant, ne parle plus de moi à la Confrérie. Je sais que ça part de bonnes intentions, mais je préfère comme ça. S'ils n'ont pas prit contact avec moi, c'est que je ne suis pas si indispensable pour eux."

Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 17/08/2016 à 10:28:31 

~~ mai 1716 ~~
Est-ce que tout reviendra comme avant ?


Les progrès de Jocard se faisaient lents mais étaient bien réels. Il se souvenait. Lentement, ses souvenirs revenaient. Mais quelque chose avait changé en lui.

Il n'était plus l'homme ivre de liberté qu'elle avait connu. Il se comportait de plus en plus comme un corsaire résigné et marchant sans réel but sur Liberty.

Elle semblait être la seule avec qui il retrouvait le sourire, cela n'était pas pour lui déplaire mais... la petite lueur de vie si incroyablement intense en lui ne brillait plus.

Elle redoubla d'efforts et jura qu'elle ne s'arrêterait jamais tant qu'il ne serait pas pleinement de retour !
Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 17/08/2016 à 10:29:00 

~~ juin-juillet 1716 ~~~
Finalement, peut-être que tout sera comme avant !


Les efforts d'Althéa furent récompensés bien au-delà de ce qu'elle espérait.

La mémoire de Jocard était revenue totalement.

Il plaisantait, il riait, il se retrouvait à la taverne avec ses amis, il prenait part aux escarmouches confrontant leur deux nations, il lui écrivait des vers, il participa même à l’expédition française en terres volcaniques dont elle avait prit le commandement.

Elle le retrouvait enfin. Et il semblait plus libre et ivre de vie qu'il ne l'avait jamais été.


Tout était parfait !
Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 17/08/2016 à 10:31:55 

~~ août 1716 ~~
Rien ne sera jamais comme avant...


Althéa reçu une missive de Jocard, lui disant de le retrouver chez Jacquot où il avait rendez-vous avec une pirate : Soy.

Lui assurant qu'il ne voulait pas renouer avec la confrérie, il était néanmoins curieux de savoir ce que sa filleule lui voulait, et il désirait sa présence à ses côtés.

La jeune française prépara alors son paquetage et alla prendre congé auprès de son maître de guilde lorsque tout bascula...


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Journal de Bord d'Althéa de Rioghan
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L'Etrangère (Mahasiah Hilaeïra)
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Althéa de Rioghan
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Posté le 22/01/2017 à 18:34:51 

~~ Port-Louis, 21 janvier 1717, début d'après-midi ~~

Assise à son bureau, l'intendante de Port-Louis lisait et répondait aux nombreux courriers qui lui parvenaient.

Toute sortes de missives accaparaient ses jours : des lettres personnelles, des demandes de ses concitoyens, des courriers diplomatiques...

L'une d'elle attira plus particulièrement son attention. Une lettre soignée, à l'écriture ronde et appuyée.
Elle décacheta le sceau avec impatience et en parcouru rapidement les lignes.

A la lecture, son visage se tordit de douleur et de haine. Le vélin se retrouva froissé entre ses doigts, blanchis par la force avec laquelle elle le tenait.

Elle se leva d'un bond, balaya de rage l'ensemble de son bureau et hurla :

- COMMENT OSE-T-IL ?
Althéa de Rioghan
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Posté le 30/01/2017 à 16:00:44. Dernière édition le 04/05/2020 à 14:39:36 

~~ Port-Louis, 30 janvier 1717, début d'après-midi ~~

Une lettre était posée sur le bureau d'Althéa, cachetée de son sceau de cire.

Contenu de la missive :
Je pars à sa recherche...
A.
Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 30/01/2017 à 19:19:54 

~~ Jungle de Liberty, 30 janvier 1717, fin de journée ~~

Althéa s'enfonçait inexorablement dans la jungle profonde de Liberty. Le pas déterminé elle avançait sans se retourner, faisant fit des branchages qui tentaient de la retenir tant bien que mal en lui griffant joues et cuisses.

S'arrêtant un instant devant une palissade de rondins de bois, elle sorti des lettres qu'elles relu une fois de plus, s'assurant ainsi être au bon endroit.

Elle pénétra dans le village Chiika avec la ferme intention de ressortir avec Lui ou de ne pas ressortir du tout !

De longues minutes s'écoulèrent, silencieuses et pesantes. Les animaux eux même ne bougeaient plus, attendant visiblement un signe venant du village.

Le silence semblait pouvoir s'étirer sans fin mais un cri de perroquet le déchira, précédant la sortie d'une femme au regard anthracite et au maquillage étrange.
Elle se fondit dans la jungle dense alors qu'un ara au plumage écarlate s'échappa du village en volant en cercles de plus en plus larges...


Mahasiah Hilaeïra
Mahasiah Hilaeïra
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Posté le 05/02/2017 à 14:28:53 

~~ Liberty, nuit du 4 au 5 février 1717 ~~

Le sommeil de Mahasiah était perturbé par un songe oppressant.

Elle perçu un décor écarlate, parsemé de viscères et renfermant une foule d'êtres immondes et cruels : une angoisse persistante, des pensées confuses, des dévoreurs....

Au milieu de tout cet endroit répugnant se dévoile peu à peu la silhouette d'une femme à la chevelure de feu et au regard émeraude qui la fixait d'un regard sombre et dur.


S'éveillant rapidement, de la sueur sur son front, elle frappa le sol d'un coup de point rageur et saisit le morceau d'opale de feu qu'elle avait découvert dans la besace de la jeune française. L'observant avec attention elle découvrit une vision étrange, presque envoutante : un lac de lave se mouvant en son sein.


- Ho non ! Tu vas rester là où tu es, sale petite morveuse !

Fermant les yeux elle se mit à psalmodier des incantations dont les effets se répercuteraient très certainement dans le monde immatériel.

- POSTÂ SEN AL DI RATO !
Althéa de Rioghan
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Posté le 19/02/2017 à 11:31:39 

~~ Liberty, 18 février 1717 ~~

Bon nombres d'évènements se sont passés en l'espace de quelques petits jours.

Mahasiah fut éradiquée de la carte de Liberty par la force combinée des personnes croyants en Althéa.
Et cette dernière reprit sa vie en main en se débarrassant de tout ce qui pouvait la faire souffrir.
La détermination était la force de la française, et se complaire dans la douceur ne pouvait que détruire cette détermination.

Le soir du 18 février 1717, elle retira la bague ornée d'une émeraude de son doigt et la fit tomber au sol.
Kayvaan, alors à ses côtés, fut surprit de son geste et voulu la ramasser, pensant qu'elle lui avait échappée, mais avant qu'il ne put faire un geste, elle écrasa l'anneau de son talon et le fit disparaitre dans la fange du sol.



- Que fais-tu ? Lui demanda le français un peu incrédule. Je croyais que tu adorais ce bijou !

Althéa plongea son regard dans le sien, aucun sourire ne se dessinait sur son visage, mais une lueur ferme et déterminée, ne laissant aucun doute sur son état d'esprit, brilla dans sa rétine.

- Je lâche prise !
Althéa de Rioghan
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Posté le 26/02/2017 à 11:51:51 

~~ Liberty, 24 février 1717 ~~

Althéa se tenait sur un promontoire de l'île, face à la mer. Espiègle, le vent balayait ses cheveux et asséchait ses yeux.

Son regard se posa sur un bateau arrivant de l'Est. Elle reconnu un des navires sillonnant les mers et déversant ses flots de nouveaux naufragés, puis repartant avec des corsaires las de la vie de Liberty ou plus riches d'aventures et d'or.

Dans moins d'une semaine il repartirait. Cela lui laissait très certainement le temps de préparer ses affaires et de trouver la somme nécessaire au paiement de sa traversée....
Althéa de Rioghan
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Posté le 01/03/2017 à 17:16:08 

~~ Quai de Port-Louis, 28 février 1717, fin de matinée ~~

La Victoire se balançait au gré des clapotis des vagues du port. C'était un navire de moins de 200 tonneaux au gréement éblouissant.

Althéa observait un jeune homme descendant avec aisance du mât de misaine sur lequel il œuvrait depuis le matin et esquissa un fin sourire. Elle lui fit un petit signe de la main et celui-ci s'empressa de venir la rejoindre jusque sur le quai.

Ils semblaient se connaitre et échangèrent quelques mots animés. Puis Althéa glissa dans sa main une lettre scellée de ses initiales, avant de lui montrer d'un mouvement du menton une caisse posée à ses pieds.

Le marin échangea encore quelques phrases avec elle le regard un peu peiné, puis passa une main sur sa joue en souriant tendrement.

Il riva son regard dans le sien et resta un long moment à la contempler, comme s'il voulait imprégner sa rétine du souvenir de son visage, puis il prit congé d'elle, héla la caisse sur son épaule et remonta sur La Victoire tandis qu'Althéa tournait les talons et disparaissait rapidement dans les ruelles de Port-Louis.
Althéa de Rioghan
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Posté le 19/04/2017 à 19:33:09. Dernière édition le 19/04/2017 à 19:34:21 

~~ Liberty, 18 avril 1717, début de matinée ~~

Assise sur le sol, Althéa triait méticuleusement sa cueillette du matin, les mains protégées par des gants. Des senteurs florales se mêlaient au musc du bois et les couleurs forestières côtoyaient les iridescentes florales.

Elle disposait sous les arbres son précieux matériel végétal pour le faire sécher à l'air libre à l'abris du soleil.

Relevant la tête de temps à autres, elle observait discrètement l'homme qui l'accompagnait depuis de nombreux mois maintenant. Bon nombre de personnes sur l'île les pensaient amants, et elle cessa de contredire cette rumeur lorsqu'elle compris que certains, ou certaines, portaient un vif intérêt aux racontars...

Le guerrier à la lourde armure rouge montait la garde aux abords de leur campement. Elle savait pouvoir offrir une confiance aveugle en Skuleth. Des amis aussi sincères étaient rares et précieux et elle ferait tout pour garder cette complicité intacte. Leur amitié avait vue le jour dans les méandres de la prison anglaise. Skuleth arborait alors le bandeau hollandais et détenait une des clefs capable de libérer le pirate Gaston Barbe Sale. Althéa ignorait alors l'implication de Skuleth dans cet emprisonnement, mais le zèle avec lequel il la protégeait, parfois contre elle-même, la toucha particulièrement.

Le souffle du vent s'immisça tendrement dans ses cheveux et son regard émeraude fut attiré par deux pailles-en-queue qui volaient de concert. Leur vision la tira de sa rêverie et lui fit perdre le sourire qui s'était logé sur son visage.

Un soupir s'échappa de ses lèvres et elle reprit sont travail avec patience.
Althéa de Rioghan
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Posté le 19/04/2017 à 20:07:07. Dernière édition le 19/04/2017 à 20:18:00 

~~ Liberty, 18 avril 1717, début de soirée ~~

La journée s'était passée calmement. Skuleth avait nettoyé son armure et affûté ses lames, pendant qu'Althéa surveillait le séchage de ses plantes avec grand intérêt et broyait le bois à l'aide d'un mortier.

Elle alluma un petit feu et installa un alambic dans lequel elle fit couler de l'eau de source filtrée. Le français s'approcha d'elle et lui demanda de lui expliquer le but de ses manœuvres du jour. Sans relever les yeux et mesurant avec précision la quantité de liquide utilisé, elle lui répondit de façon presque mécanique.

- Le rendement des plantes à été augmenté par le pré-séchage doux à l'air et à l’abri du soleil. Je vais les placer dans l'alambic, au dessus de cette grille et la vapeur d'eau pure va en sublimer les composantes. En passant dans ce col-de-cygne les vapeurs vont se condenser et remplir cet essencier ici. Je recommencerais l'opération avec les hydrolats obtenus et j'aurai ainsi de magnifiques huiles essentielles.

- Tu te fabrique un parfum ?

Cette question amusa Althéa et la fit sourire.

- Ho oui ! Un parfum très spécial. Je le nommerais... poison !

- Poison ? Comment ça poison ? Tu veux dire que ces plantes magnifiques seraient dangereuses ?

Althéa finissait d'installer son alambic, se redressa, épousseta sa robe et glissa son bras au bras de Skuleth pour l'emmener un peu à l'écart des vapeurs néfastes.

- Racine d'Aconit Napel, une magnifique petite plante aux fleurs mauves qui te paralyse aussi sûrement qu'un coup de gourdin sur la nuque portée par mille homme, j'ai toujours quelques racines avec moi. Latex de Mancenillier, cet arbre est une énigme et une beauté mortelle, brûlures et cloques préliminaires à l'intoxication. Fleurs d'Atropa Belladonna, mmmmm, ma préférée, utilisée avec science elle me permet de soigner sans mal, mais à fortes doses.... elle paralyse et peut tuer. Les herbes Kiza que j'ai rajouté seront là pour masquer le goût âpre de ses merveilles. Crois moi, une seule goutte de ce merveilleux cocktail dans un verre de vin fera trépasser un homme en mois de cinq secondes.

Elle se mit à rire et rajouta sur un ton espiègle :
- A moins que je ne meure avant, en le manipulant.

Skuleth soupira puis sourit. Il connaissait l'esprit torturé d'Althéa entremêlé de cette soif de vivre qui la rendait si particulière, et savait qu'il était inutile de tenter de prendre ses allusions de mort pour argent comptant.
Il ajouta néanmoins sur un ton désinvolte :
- Rassure moi, tu ne vas pas te servir de moi en tant que cobaye.

- Plutôt mourir que de tuer un ami aussi précieux que toi Sku' !

En prononçant ces mots elle glissa dans ses mains une fiole de parfum qu'il connaissait bien.

- Celle ci est inoffensive. C'est du jasmin ; il apaise les esprits les plus moroses...
Althéa de Rioghan
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Posté le 22/04/2017 à 11:04:55. Dernière édition le 22/04/2017 à 11:05:03 

~~ Liberty, 21 avril 1717 ~~

Skuleth et Althéa continuaient leur périple autour de l'île, à la recherche de divers objets commandés par des personnages hauts en couleur. Leurs pas les menaient dans différentes villes ou villages, les portaient au milieu des marécages ou des déserts. Cette île était magnifique en tout point de vue, mais Althéa ne voyait rien de tout cela. Elle était obnubilée par ses recherches sur les plantes et ne trouvait même plus le temps pour s’alimenter.

L'intendant français du moment portait sur elle un oeil inquiet et restait obstinément à ses côtés malgré le fait qu'elle ne lui était pas de bonne compagnie.

- Ne pourrais tu pas voir de temps en temps le bon côté des choses ? Beaucoup de gens t'apprécient ici Althéa. Tu te ferme à eux ! Pourquoi ?

Althéa ne prenait même plus le temps de relever les yeux sur le guerrier pour lui parler.

- JE me ferme aux autres ? Dis-moi Sku', combien de personne m'ont simplement envoyé un message juste pour me demander si j'allais bien ? Combien ? Je vais te le dire : aucune ! Les messages que je reçoit ne sont que celles de gens me demandant conseil ou service. Je ne me ferme pas aux autres, je leur apprend à se passer de moi !

Althéa de Rioghan
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Posté le 22/01/2018 à 23:59:04. Dernière édition le 15/09/2018 à 17:15:20 

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Lettre ouverte à mes amis :


~~ Liberty, 1er juin 1718 ~~


Mon passé m'a rattrapé.

Assise sur l'un des tonneaux de Louis le Grand, attendant patiemment qu'un corsaire d'une autre colonie vienne tenter sa chance pour prendre possession de la tour, un homme que je croyais mort m'est réapparu.

Mon regard s'est vrillé dans le sien et dans l'espace d'un battement de coeur il m'a lancé une bourse dans les mains.

Mes yeux n'ont quitté cette apparition que le temps d'ouvrir le contenant et de marquer une hésitation sur la vision du contenu.
Remontant sur LUI... il avait disparu, me laissant seule avec mes interrogations et mes doutes.

J'ai besoin d'avoir des réponses à mes questions et pour cela il me faut partir à sa recherche.

Prenez soin de vous,

Je reviendrai...

Althéa

Althéa de Rioghan
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Posté le 15/09/2018 à 17:59:19 

~~ Liberty, jungle des Araçaris, 14 septembre 1718 ~~


Assisse sur un rocher de la jungle des Araçaris qu'elle parcourait du regard, Althéa se remémorait les événements de ces derniers mois.
 
Elle avait quitté Liberty à deux reprises, prétextant des affaires urgentes sur le continent. Comment aurait-elle put dévoiler à ses amis la véritable teneur de ses voyages ?
Comment pourrait-elle leur expliquer qu'elle n'était pas celle qu'ils croyaient sans risquer de perdre leur amitié ? Comment pourraient-ils comprendre que tout ce qu'elle taisait elle le faisait pour leur propre sécurité ?
 
Elle était seule, et elle le savait.
 
Et même si cette solitude lui pesait parfois elle la savait nécessaire.
 
Son regard se porta sur la branche d'un arbre qui ondulait au rythme du vent et son esprit vagabonda vers des souvenirs récents.
 
 
----------
 
 
~~ La Barbade, 25 juillet 1718 ~~
 
- Althéa ! Cet homme est dangereux. N'y va pas seule.
 
L'homme qui se tenait devant elle la tenant par les épaules faisait une tête de plus qu'elle. Pas si difficile que cela quand on connaissait la taille plus que modeste de la française.
Son regard trahissait de l'anxiété tandis que celui d'Althéa bouillait de détermination.
 
- Il me veut moi ! Il me désire ! Je vais lui offrir ce qu'il veut. Et je frapperai lorsqu'il ne s'y attendra pas. Tu veux peut être prendre ma place John ? Et risquer de tout faire foirer ? Tu sais que c'est la seule option que nous avons. La compagnie doit retrouver son indépendance? Tu l'as dis toi même. Laisse moi l'éliminer et prépare toi à régner sur la plus grande organisation que l'on ai jamais vu mon ami !
 
L'homme poussa un soupir et serra les épaules d'Althéa.
 
- Et qu'est-ce que tu y gagne toi ? Vas-tu encore une fois te sacrifier pour un autre ? Même s'il s'agit de moi, je pense qu'il est temps que tu arrêtes !
 
- Qu'est-ce qui te fais croire que je ne tirerai aucun bénéfice de tout cela ? rétorqua-t-elle.
 
Elle posa la main sur son pendentif d'opale et le caressa un moment avant de reprendre la conversation.
 
- Sais-tu seulement qui était ma mère ? Et quel est mon héritage ? Je compte bien en bénéficier comme bon me semble. Et cet homme est le dernier rempart qui m'empêche de placer mon pion à la tête de celui-ci. Avoue que bénéficier de tous les avantages sans en avoir les inconvénients et tout de même plus plaisant. Non ?
 
 
----------
 
 
~~ La Barbade, 30 juillet 1718 ~~
 
Dans la pénombre d'une chambre se mouvait un couple dans les draps froissés d'un immense lit.
La femme, aux cheveux de feu, se trouvait à cheval sur son amant. Son corps ondulait gracieusement et le possédait de la façon la plus divine qu'il pouvait imaginer.
 
Althéa œuvrait de façon méthodique et froide. Elle avait amené cet homme à baisser totalement sa garde face à elle et à se laisser envoûter par celle qu'il pensait être la plus docile et agréable des françaises.
 
Il poussait des râles rapprochés, signe de son abandon le plus total. Althéa l'observait et réagit en une fraction de seconde lorsqu'il bascula la tête en arrière et ferma les yeux.
Un poignard à lame damasquinée se matérialisa dans les mains de la française et se planta sans retenue dans le cou de l'homme trop occupé à son plaisir pour se rendre compte de quoi que ce soit.
Son corps fût secoué de spasmes avant de se raidir, inerte sous les cuisses de la française.
 
Althéa descendit du lit, comme on descendait de cheval, essuya sa lame dans les draps, et prit son temps pour se rhabiller, récupérer tous les effets de l'homme et disparaître dans la nuit.
 
 
----------
 
 
~~ La Barbade, 2 août 1718 ~~
 
- Alors ta décision est prise ? Tu repars pour cette île de cinglés ?
 
John se tenait aux côtés d'Althéa et regardait le bateau qui allait la ramener à Liberty.
 
- Je n'ai plus rien à faire sur le continent, ni ici. Tu as maintenant les rênes de la nouvelle Compagnie qui accueillera d'ici quelques jours la puissance de mon héritage. Je fais de toi un homme riche John. Tu devrais être ravi.
 
- Je le suis. C'est te voir partir qui ne me plait guère.
 
Althéa se tournait vers lui et passa une main sur son visage.
 
- Tu m'as toi même dit d'arrêter de faire passer les autres avant moi et de penser un peu plus à ma personne. C'est ce que je fais. Tu veux que je reste, mais je veux partir. Alors je pars.
 
John se mit à rire face à cette logique implacable tandis qu'Althéa lui glissait dans les mains une cassette qui avait appartenu à l'homme quelle avait égorgé quelques jours auparavant.
 
- Fais en bon usage et le monde s'en verra changé.
 
- Adieu Althéa que les vents du Nord veillent sur toi.
 
Ne se retournant pas, la française s'avança, monta sur le pont du navire et s'accouda au bastingage face à la mer.
 
 
----------
 
 
Althéa laissa son regard vagabonder sur l'arbre en face d'elle un bon moment, puis retira son bandeau qu'elle observa un instant avant de le laisser tomber sur le sol de la jungle des Araçacis. Plus aucun fantôme de son passé ne pouvait l'empêcher d'aller de l'avant désormais...
 
 
14/09 22:42:16 Tu es exclu de ta nation, tu deviens un paria, la vie va être dure...

Althéa de Rioghan
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Posté le 23/11/2018 à 19:13:21 

~~ Liberty, grotte du Dragon, 21 novembre 1718 ~~


Seule au milieu de la grotte, assise sur une petite pierre, les pieds posés sur des rails où passait de temps à autre des petits wagons chargés de minerai, Althéa se massait les poignets.
 
Habituellement entourée de canons de cuir soutenant des fioles, dont il ne fallait mieux pas connaître le contenu, la peau de ses poignets nus offrait au regard de larges et anciennes marques de fers.
 
Elle soupira et dégrafa son corsage. Libérant sa poitrine, trop longtemps comprimée, elle poussa un long soupir avant de retirer sa chemise de lin.
 
Ses doigts fins parcoururent la fine cicatrice barrant son sternum de haut en bas, puis glissèrent sur celle, plus large, située sur son ventre, partant d'une cuisse et allant jusqu'à l'autre en dessinant un fer à cheval qui passait au dessus de son nombril.
 
Un autre soupir s'échappa de sa gorge et son regard se posa sur les flammes du feu de camp qu'elle avait allumé quelques minutes auparavant et s'y perdit durant un temps indéfini.
 
Nul bruit ne venait perturber le silence des lieux, mise à part le crépitement des flammes doux à son oreille.
 
Le temps sembla se suspendre et alors qu'elle perdait presque l'audition, tant elle était hypnotisée par les flammes dansant devant elle, elle avança sa dextre et la plongea dans les braises vives.
 
Son menton se mit à trembler, ses yeux se refermèrent violemment et un masque de douleur se dessina immédiatement sur son visage.
 
De simples secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne retire vivement sa main et n'aspire l'air vicié par l'odeur de la chair brûlée dans ses poumons qu'elle avait bloqué par réflexe.
 
Un cri strident se répercuta sur les murs de la grotte un instant avant qu'elle ne perde connaissance.
 
Althéa de Rioghan
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Posté le 23/11/2018 à 20:29:51. Dernière édition le 23/11/2018 à 20:38:25 

~~ Liberty, grotte du Dragon, 21 novembre 1718, 4 heures plus tard ~~
 
 
Réveillée par le titillement des dents d'un rat sur sa main endolorie, Althéa se redressa et balança un violent coup de pied dans le rongeur.
 
Il couina et s'enfuit sans demander son reste alors qu'elle fixait de ses yeux émeraude sa main d'un air presque déçu.
 
Elle ressentait quelques fourmillements dans ses doigts, et un nouveau soupir s'échappa de sa gorge, lorsqu'elle s'aperçue, mise à part la petite plaie faite par l'animal que sa peau était parfaitement lisse et exempt de toute blessure.
 
Elle prit un petit bout de tissu, l'imbiba d'essence de calendula et tapota la petite plaie laissée par le rat.

Se saisissant d'un poignard, elle appliqua une pression rapide sur son poignet gauche, jusqu'à ce que le sang se mette à perler sur le sol.

Elle serra les dents et observait avec insistance la plaie palpitante, d'où s'échappait un liquide dense et vermillon.

Un bruit de pas lui fit tourner la tête un instant, perdant de vue son poignet.
Elle fit le silence, écoutant avec insistance le moindre petit chuchotement, puis glissa à nouveau son regard sur son poignet lorsqu'elle  se persuada d'être seule.

Ses sourcils se froncèrent alors qu'elle assistait avec stupeur sa peau se refermer lentement, ne laissant sur son poignet qu'une très fine et presque invisible ligne rosâtre.

Sa chemise fut rapidement remise sur ses épaules, le feu éteint par une bonne poignée de sable et elle se remit en route dans les méandres obscurs de la grotte.


Un nouveau soupir se fit entendre alors qu'elle disparaissait au coin d'un couloir.
Althéa de Rioghan
Althéa de Rioghan
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Posté le 02/10/2022 à 10:15:04 

~~ 24 septembre 1722, quelque part sur Liberty ~~

Une rapière tombe au sol, échappée des mains tremblantes de sa propriétaire, quelques secondes avant que cette dernière ne se retrouve à genoux, une main crispée sur son coeur. 

La douleur est vive, brûlante, incroyablement destructrice.

Ses yeux émeraudes fixent, incrédules, des flammes se glissant à travers ses doigts. 

Elle ne comprend pas ce qui se passe. Ses "amies", quelle contrôlait alors, ne le sont plus.

Doucement, elle sentait la magie de l'île s'échapper d'elle alors qu'une voix d'outre tombe lui parvient de derrière elle.

- Tu m'as manqué ! Althéa.
Alice la malice
Alice la malice
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25/03/2007
Posté le 02/10/2022 à 15:11:10. Dernière édition le 02/10/2022 à 15:12:41 

Comme à son habitude après le goûter, la petite fille était en train de jouer à la poupée avec lapinou. Installée dans l'écrin de sa chambre rose à paillettes, elle appréciait ces moments de calme loin de la folie des grands qu'elle qualifiait bien souvent de "toc! toc!" en levant les yeux au ciel.



Tout à coup, sa poche la chatouilla :
- hi hi hi, arrête souricette, je a pas de les gâteaux dans ma poche !
Par réflexe, elle descendit sa main dans sa poche pour trouver la petite souris qui s'était récemment prise d'amitié pour la petite fille. Amitié toute intéressée, puisqu'Alice avait toujours des miettes de macarons dans sa chambre, ou mieux encore, des petits bouts de gouda offerts par Edwin et les autres adultes de la taverne. A sa surprise, la gamine n'y trouva pas "souricette", comme elle se plaisait à l'appeler, mais plutôt une forme ronde et chaude qui s'enflamma presque au contact de sa main.
Alice poussa un cri strident qui réveilla même les âmes les plus ivres de sa maison, ce qui n'était pas peu dire vu la fréquentation de la vieille bâtisse.

- aaaaaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie ça brûûûûûûûûûûûûûûûûûleeeeeeeeeeeeeeeeeee ! Mamaaaaaaaaaaaaaaan ! Papaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
 
Elle pleurait de douleur, la brûlure s'étendant à sa cuisse, mais au cri de désespoir de la petite ni sa maman ni son papa ne répondirent. Comme toujours, elle était livrée à elle-même.
AngelZebuth
AngelZebuth
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06/11/2021
Posté le 03/10/2022 à 23:39:32 

Elze est distraite par le bruit d'un battement d'ailes d'un perroquet au dessus d'elle, qui atterrit à ses côtés de manière aussi hasardeuse que son vol. 
Il lui faut quelques instants pour se rendre compte que ce volatile est chargé d'un paquet qu'elle s'empresse d'ouvrir.
Déballant le paquet qui s'offre à elle, elle écarquille les yeux:
"Oh!! quelle belle pierre!!!"
Elze, éblouie, plisse les yeux devant les feux étincelants et incandescents qui s'échappent de la pierre qu'elle découvre, qu'elle balance d'une main à l'autre, comme un patate chaude.
"houlala c'est chaud!! ça brule!!"
Elle finit par apprivoiser la chaleur de la pierre et la regarde fixement, des souvenirs lui reviennent alors… comme cette fois où elle avait eu un mauvais présentiment et s'etait empressée d'envoyer un message à la personne concernée, message restée sans réponse…
Elze secoue sa tête, comme pour se rassurer, et range la pierre dans sa poche, se disant que ça ne peut être qu'un bon présage, cherchant à se convaincre, comme à son habitude, que tout va bien...
 

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