|
|
Posté le 27/05/2011 à 15:45:26
Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme Christian Mistral
“Ils abandonnent, ils abandonnent!!!! L’armée est dissoute, la ville est sans défense!”
Dans la sombre taverne d’Ulungen, la féline leva la tête, assez pour que son visage apparaisse furtivement à la lumière de la bougie qui éclairait sa table. Elle tendit l’oreille pour écouter ce que le gamin hurlait. Il ne pouvait pas parler de l’armée Hollandaise, c’était certainement une mauvaise blague!
“La Générale a pris la décision cette nuit! Ils déposent les armes et quittent la cité, ils reviendront dans 100 jours... 100 jours!!! On sera tous morts d’ici la! Il faut quitter la ville, faites vos sacs!!”
Une voix plus mature se fit entendre “Jamais! Il faut rester et se barricader!!!!”
Puis un brouhahah s’éleva de la taverne et tous les clients se mirent à hurler sans que Wildekat ne comprenne plus rien. Elle allait s’éclipser comme une ombre quand une main se posa sur son épaule. Son corps se tendit, car elle connaissait parfaitement cette main: sa chaleur, sa puissance et aussi ses lignes de vieillesse. Elle se tourna vers lui, les yeux pleins de larmes, la gorge sérrée
“Tipiak….”
Il lui sourit, de ce même sourire qu’il avait sourit 4 ans auparavant. Elle ne put s’empêcher de remarquer que son visage avait changé. Il était plus marqué par le temps, et il avait l’air fatigué, mais ses yeux n’avaient pas perdu leur vivacité. Il s’assit près d’elle et lui prit les mains. “Je savais que tu reviendrais… -Tipiak… -Je n’ai jamais douté de toi... -Je... -Maintenant plus que jamais la Hollande a besoin de toi... -Mais… -Il faut que tu protèges les habitants, ou ce qu'il en reste... -Tipi… -Non!” Il lui fit signe de la main de se taire, puis reprit, alors qu’elle restait interdite devant son parrain.
“Je sais ce que tu as traversé. Je sais que cela n’a pas été facile, que tu as failli mourir maintes fois, mais tu es toujours vivante Wilde! Je sais que tu luttes contre tes propres démons, que tu n’es pas faite pour vivre en société, je te connais mieux que quiconque ici, et j’ai confiance en toi. Tu dois arrêter de te juger trop durement. Donne-toi une chance.”
Elle baissa les yeux “Je ne suis pas fière... -Tu devrais! -Je me suis perdue... -Tu as toujours garde ton intégrité! -Je n’étais pas assez forte, il y a trop de sentiments en moi... -Ton Coeur est ce qui a toujours fait ta force, ne le rejette pas. Athanael t'a apprit beaucoup de choses, il faut maintenant que tu en fasses bon usage. -Oui mais alors comment protéger ce qui m’est cher? Comment tenir ma promesse? Comment sauver ce bout de Hollande qui m’est si cher? Comment ne pas blesser ceux que j’aime?”
Il lui sourit, plein de sagesse “Tu sauras quoi faire en temps et en heure, j'ai confiance en toi. En attendant, la Hollande a besoin de toi. Tu dois la protéger, pour moi, pour tes frères et soeurs... pour toi! Nos ennemis sont partout: les pirates affutent leurs lames, les anglais sont en route, nul doute que toute l’ile aura vent de la nouvelle d’ici quelques heures. Nous n’avons plus d’amis, nous sommes seuls. D'ici peu, la ville et nos autres possessions seront aux mains des ennemis.. mais peu importe Wilde, peu importe!!!
-Ou sont les autres? Frans? Tux? Rider? Jade?? Que s’est il passé? Pourquoi la ville est détruite?
-Ce n’est pas important. Ils doivent partir. Tout comme toi tu as du partir à l'époque. Il reviendront plus sereins, plus forts. En attenant, tu dois te battre, pour ceux qui partent, pour ceux qui restent... mais sois maligne.. mourir maintenant ne serait pas utile. Il faut protéger nos frères et soeurs, il faut les mettre en sécurité. Tu ne seras pas seule, tu en trouveras d’autres. Organisez-vous, laissez l’or, les murs et les bateaux. Tout est déjà détruit par les guerres de toute façon. Protégez les vies. Quand l’armée reviendra, vous pourrez alors reconstruire. Ulungen sera encore plus belle qu'autrefois, tu verras! Mais avant cela, il faut que tu prennes leur relève comme tu peux.
-Et toi?
-J’ai certaines choses à faire… mais je ne serais jamais très loin” Il lui fit un clin d’oeil et se leva. Elle fit de même puis se jeta à son cou et chuchota “Merci… merci de croire en moi.” Elle l’embrassa sur sa barbe et fila, vissant sa capuche noire sur sa tête. Elle se faufila dans les ruelles. C’était déjà le chaos, certaines familles quittaient la ville, d’autres se barricadaient, d'autres avaient l'air d'hésiter.
Elle cherchait le Gouverneur, mais il semblait que personne ne l’avait vu depuis plusieurs semaines. Elle lui écrivit un message rapide, priant pour qu’il l’atteigne, puis elle sortit de la ville aussi rapidement que possible.
Il fallait protéger les vies, s'organiser, se cacher... La ville attendrait, il fallait d’abord compter ses amis… |
|
|
|