Le Faux Rhum
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La Belle et le Bête
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Posté le 08/09/2007 à 16:31:41
Ulüngen ravagée par les Quatre Lunes :
La guerre était perdue. Ce n’était pas une surprise pour les Hollandais, mais ils étaient fiers de s’être battus jusqu’au bout, et d’avoir gardé leur honneur. La Hollande avait affronté ses ennemis seule, et valeureusement.
Le lot de haine que Wildekat avait ressenti dans cette guerre était immense, et malgré la défaite, elle gardait cette rage au ventre qui l’avait animée durant ces dernières semaines.
Elle en voulait aux responsables anglais d’avoir engagé cette guerre qui s’était revellée être une mise à mort. Un long défilé vers l’abattoir. Dudu avait voulu tuer tous les Hollandais, la haine qu’elle avait recrachée s’était déversée sur de nombreuses personnes innocentes.
C’est le cœur animé de rage qu’elle sortit de l’hôpital, à peine remise de ses blessures.
Elle alla se réfugier dans sa ville, et constata les dégâts : les Quatre Lunes avaient pillé Ulüngen pendant la guerre, alors que le moral des troupes était au plus bas, et que les Hollandais mourraient pour défendre leur pays. Un coup de poignard dans le dos.
Lorsque la nouvelle était arrivée aux oreilles de Wildekat, elle avait eu l’impression qu’on lui arrachait le cœur. Les Français haïssaient donc les Hollandais à ce point ? N’avaient-ils aucun honneur ? Tuer ses amis… cela était digne de monstres sans cœur.
C’était ce dernier coup qui avait réduit Wildekat à un état de désarroi et de haine entremêlés.
Les Quatre Lunes avaient bien fait leur travail : Ulüngen était ravagée.
Au coucher du soleil, certaines maisons brûlaient encore doucement et l’on voyait un léger fumet noir s’échapper vers le ciel rougeoyant.
Des larmes noires dans un ciel de sang.
Le spectacle brisait le cœur de Wildekat.
Ulüngen avait été son havre de paix, sa ville adoptive, le lieu de nombreuses rencontres, de fêtes, de joies.
La ville sentait le sang et la chair brûlée. L’église n’avait pas été épargnée par les pilleurs. N’avaient-ils aucune morale ? Le prêtre récitait des prières en Hollandais, qui disaient vaguement quelque chose à Wildekat et la ramenaient à son passé.
L’intérieur de l’église avait été pillé et le crucifix était brisé, gisant au sol, face contre terre. L’église sentait l’alcool, nul doute que les pilleurs étaient venus fêter leur victoire dans ce lieu sacré, un ultime viol à l’encontre des Hollandais qu’ils devaient haïr plus que tout.
La tristesse envahit Wildekat. Les Hommes étaient décidément pires que les animaux. L’animal est cruel pour survivre, par nécessité. L’homme est cruel par goût, par cupidité.
Dans les rues, les cadavres gisaient encore sur le sol, les réserves de nourriture étaient éventrés et pourrissaient sur le sol au milieu des morts. Un liquide composé de sang mélangé à du vomi et des cendres coulait dans les rues, comme une rigole qui trace son chemin pour rappeler les horreurs que la ville a vécues.
Les femmes pleuraient et cherchaient leurs maris à la sortie de l’hôpital, tout en hurlant qu’on leur avait pris leur maison, tué leurs enfants… Cette visions fut trop dure, et Wildekat se sentit mal. Elle avait la nausée et sentit son cœur la lâcher, les larmes lui montaient aux yeux. Quel gâchis. Tout cela pour de l’or…
Le troisième coup de griffe sur son coeur jeune et tendre depuis qu'elle était arrivée sur Liberty... trois coups tous donnés par des Français.
Le troisième coup de griffe a un goût de déjà vu... et prépare déjà le coeur aux suivants.
Elle sentit une main ferme et chaude prendre la sienne et la tirer en direction du port. Elle reconnut Moussaillon et le suivit docilement sans rien dire.
Il s’arrêta dans un endroit tranquille, à l’abri des regards indiscrets et fixa Wildekat. Elle ne bougea pas, toujours choquée de ce qu’elle avait vu, les larmes coulant le long de ses joues, la haine au creux du ventre, les poings serrés. Elle avait l’impression qu’elle allait exploser, tout en se sentant indéfiniment vide.
Moussaillon se mit à lui parler doucement, mais Wildekat ne saisissait pas ses mots. Elle n’arrivait pas à focaliser son attention. Elle leva les yeux vers lui, et vit ses yeux bruns qui la regardaient avec sérénité. Il était calme, et beau comme à son habitude.
Ils se fixèrent tous deux quelques secondes puis Moussaillon s’approcha de Wildekat et l’embrassa timidement.
Il passa ses mains autour du cou de Wildekat et les descendit le long de sa colonne vertébrale en caressant doucement son dos à travers sa fine blouse de médecin. Wildekat eut la chair de poule, puis sentit Moussaillon poser ses mains chaudes sur ses reins et l’attirer vers lui. Elle sentit la chaleur du corps de Moussaillon contre le sien, si froid et vide, ce qui la rassura.
Les baisers de Moussaillon au début timides devinrent fougueux et passionnés.
Tout à coup, plus rien ne comptait, Wildekat oublia sa ville détruite, l’odeur du feu et du sang. Elle ne voyait plus que les yeux noirs veloutés et rassurants de Moussaillon, s’enivrait de l’odeur de sa peau, de la chaleur de son corps.
Il était tendre avec elle, et cette nuit là, pour la première fois de sa vie, Wildekat la féline sauvage se laissa faire par un homme.
Elle s’endormit au creux de ses bras, sentant sa peau chaude et douce contre la sienne, lui rappelant qu’elle était vivante, bien vivante.
La haine qui l’avait habitée pendant si longtemps l’avait quittée, et c’est sereine qu’elle s’endormit cette nuit là.
Une nuit sans cauchemars. Une nuit d’amour. |
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Posté le 08/09/2007 à 21:57:07
Aussi désespérée que la situation puisse paraître, il restait optimiste. La Hollande avait prouvé qu’elle n’était pas forte uniquement dans son commerce. Ils avaient prouvé une fois encore que les stratèges hollandais avaient un talent considérable.
Mais contre la furie qui commandait les troupes ennemies, il n’y avait vraiment plus d’espoir à la fin.
La défense du drapeau avait d’abord tenu bon, puis faibli et enfin collapsé. Moussaillon s’était trainé dans un trou d’eau que la marée avait laissé. Il voulait juste tenir pour voir une dernière fois le soleil se lever.
C’est là qu’on le trouva, qu’on le soigna aussi, vu qu’il ne voulu pas bouger d’un iota. Il délirait et n’était pas aussi mourant qu’il l’affirmait. Le médecin déclara en l’auscultant:
- Encore un! Je vais finir par croire que la défense a succombé à cause d’une blessure bien plus discrète mais non moins affaiblissante. Apportez-lui de l’eau et installez-le à l’ombre! C’est le vingtième qui souffre d’insolation.
Au bout de deux jours, il regagna sa ville. Sa blessure à la jambe ne lui causait qu’une simple gène surmontable. Mais sa blessure au cœur était profonde, la ville n’était plus qu’un carnaval de sang, suie et immondices. Même ainsi, il restait optimiste, il le fallait. Si tout le monde baissait les bras, il n’y aurait plus personne pour porter le drapeau de la Hollande.
Dans tout ce chaos il y vit tout de même un havre de beauté, de grâce et d’innocence. En s’approchant, Moussaillon vit que l’innocence était changée en désespoir et la grâce était en lambeaux. Seul la beauté survivait, mais une beauté fragile de celle que l’on brise en quelques mauvaises actions.
On dit que le temps soigne ou du moins apaise les blessures les plus profondes. Mais ce jour là, l’amour fit ce que le temps ne pouvait réaliser en une nuit.
Moussaillon s’approcha de Wildekat et lui prit la main. Un légume aurait eu plus de résistance, elle était au bord d’un gouffre duquel il allait la sauver.
Des paroles de réconfort, des paroles d’espoir… Rien, aucune réaction.
Des paroles de tout et de n’importe quoi… Toujours rien.
Des paroles d’amour. Elle leva les yeux et lui tomba dedans sans même essayer de résister.
Il l’embrassa avec toute la douceur et délicatesse dont il était capable, timidement. Puis l’amour prit le dessus, l’amour et un besoin de réconfort mutuel. La passion les emporta loin. Loin d’Ulungen, loin de la guerre, loin du temps, loin de tout, et l’un dans l’autre loin de l’horreur des hommes.
Le soleil vint enfin les saluer au travers des nuages du large. Le ciel clair et les cumulus parsemé d’or leur promettaient un futur rayonnant et la tempête d’hier semblait bien loin.
L’amour ne reconstruisit pas Ulungen, mais elle était présente dans les esprits qui le firent. Elle ne soigna pas les blessures du corps, mais elle était dans chaque mouvement des médecins. L’amour accomplit ce jour là ce que la vengeance ne pouvait faire. |
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Posté le 10/09/2007 à 22:40:26
Oublier la haine :
Elle fut réveillée par un perroquet qui lui amenait une missive. Nightbringer avait besoin de soins, et lui demandait si elle pouvait lui les donner. Elle s’habilla et enfila ses bottes.
Moussaillon dormait du sommeil des justes, et elle ne voulait pas le réveiller. Wildekat n’aimait pas les au revoirs. Elle lui écrivit un petit mot et le posa vers son sac. Elle caressa ses cheveux noirs et déposa un baiser sur son front avant de le quitter.
Arrivée devant Van Good le pillage et la guerre revinrent à Wildekat. Les rues étaient désertes cette fois-ci car la ville était encore endormie, mais les dégâts restaient là, eux. Elle cherchait un homme en noir et le vit sortir de l’hôpital.
Il s’approcha d’elle, le sourire aux lèvres.
« Ravi de voir que tu as survécu Wildekat»
« Moi aussi, mais je me doutais bien qu’un pirate comme vous était un dur à cuire ».
Il lui fit un clin d’œil, et Wildekat sortit ses affaires pour le soigner.
Elle s’arrêta net. « Qu’est ce que c’est que ça ?!! »
« Quoi donc ? » dit-il, l’air surpris
« Ca ! » s’exclama elle en désignant le bandeau orange qu’il portait autour du bras gauche.
« Ah, ce truc ? »
Wildekat regardait le bandeau aux couleurs de la Hollande comme si elle avait vu une sirène dans l’océan.
« Ouais, je l’ai trouvé sympa alors j’ai tué le gars qui le portait pour me l’offrir… » dit-il nonchalamment.
Elle leva les yeux vers lui et lui jeta un regard qui disant « c’est cela continue» et il se mit à rire.
« Tu trouves pas que cela me va bien le orange ? C’est vrai que je suis pas sur…. Mon teint est délicat et le orange…. Enfin qu’est ce que tu en penses toi ? »
« Je… je suis… surprise… »
« Moi aussi… si on m’avait dit ça il y a un mois… j’aurais tué le gars ! »
« Je… mais vous… avez été naturalisé ? »
« Oui, et tu vas donc être obligée de me tutoyer maintenant, hein Wildekat ! »
« Heu… d’accord, oui, pourquoi pas… »
« Tu as l’air déçue ? » fit-il en plissant les yeux
« non, je suis surprise, c’est tout. Vous êtes un pirate et je… »
« étais. J’étais un pirate » corrigea-t-il.
« Oui… étais… je n’ai rien contre toi. »
Elle réfléchissait à voix haute tout en sortant son matériel de médecine
« Tu ne m’as jamais attaquée et tu as servi la Hollande comme un Hollandais ces dernières semaines. Tu as montré où était ton cœur aujourd’hui, alors… » elle leva les yeux vers lui puis lui sourit « bienvenue chez nous, Nightbringer, ancien pirate ! »
« Tu ne vas pas t’en lasser hein ?! »
« Tu seras toujours un pirate à mes yeux Nightbringer…. Un gentil pirate ! »
« Soit alors, je serais un gentil pirate Hollandais ! »
Ils rirent tous deux et discutèrent encore un moment, pendant que Wildekat le soignait, puis elle se mit en route vers Port-Louis, sans se retourner.
Elle laissait derrière elle toute sa haine et sa rage, sa ville en ruines, son Moussaillon.
Elle ne se battrait pas avec les armes. Pas tout de suite, pas encore. Elle devait d’abord s’entraîner au combat et affiner ses talents de médecin.
Plus tard peut-être pardonner à ses ennemis, mais plus difficile encore, pardonner à ceux qui se faisaient appeler « amis », pardonner et reconstruire.
Une seconde chance. Une seule et dernière.
Peut-être, si elle trouvait la force.
Le pardon est lent et difficile… et se mérite. |
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Posté le 14/09/2007 à 00:25:34
Retrouvailles
Elle avait décidé de rejoindre son parrain aux mines afin de poursuivre ses quêtes et se changer les idées. Quand elle l’aperçut enfin au tournant d’un couloir, elle courut vers lui et sauta sur son dos:
« Tipiaaaaaaaaaaaaaaaak !!!! »
« Ouh là gamine!! Tu vas casser le dos à ton vieux parrain ! »
« hi hi hi ! Arrêtes Tipiak, je sais que tu es solide comme un roc, je t’ai vu te battre contre les anglais !!! »
Il se mit à la chatouiller et Wildekat lâcha prise en rigolant. Elle lui fit face et afficha un sourire rayonnant. Quelle joie de revoir son parrain. Ce visage doux si familier lui apportait un réconfort qu’elle n’aurait su décrire.
L’homme paraissait aussi ravi de la revoir et ils passèrent la soirée à se raconter ce qu’ils avaient fait, les anecdotes de guerre, tout en prenant soin d’éviter les choses fâcheuses comme le pillage d’Ulüngen ou la traîtrise des Quatre Lunes.
Les jours suivants furent heureux et Wildekat faisait peu de cauchemars même dans ces caves humides, ce qui était un exploit étant donné les derniers mois qu’elle avait vécu. La joie d’avoir retrouvé son parrain, l’entraînement qui était difficile, tout ceci contribuait à ce qu’elle s’endorme vite et bien le soir.
Tipiak et Widekat croisèrent de nombreux Hollandais et Wildekat s'amusait beaucoup avec eux. Neoh Van Angstig faisait toujours semblant de gronder Wildekat pour avoir la langue bien pendue et lui casser les oreilles à longueur de journée avec des bêtises et des questions sans fin... mais en réalité il s'amusait à faire des blagues avec son parrain, ce qui faisait rire Wildekat jusqu'aux larmes... et leur rire résonnait dans les cavernes comme si ils étaient vingt!
Wildekat retrouva aussi le premier visage amical qu'elle avait croisé en arrivant sur Liberty: Van Pauletanaldo, qui était un homme charmant et très gentil avec elle. Il prenait soin d'elle et tentait de lui expliquer les règles du commerce sur Liberty... Wildekat ne comprenait rien mais trouvait le jeune homme tellement charmant quand il lui parlait de chiffres et de matériel qu'elle ne disait rien.
Le jeune homme avait fait des tours de magie à Wildekat en lui mettant pleins de cadeaux dans les poches alors qu'elle ne regardait pas. Elle l'avait accompagné dans une cachette secrète qu'il connaissait dans les mines et avait découvert un coffre secret, qui renfermait des vieux grimoires.
« Paulet', c'est rigolo ici, regarde, c'est plein de toiles d'araignées et c'est plein d'aaaaa... aaaaa.. aaatchiiiiiii! » Elle éternua bruyamment.
« A tes souhaits Wildekat! »
« Merci, désolée, c'est tout poussiéreux ici! »
Ils entendèrent des bruits de pas à l'exterieur et Van Pauletanaldo écouta attentivement.
« hum.. des anglais.... et nombreux. » Il réflechit. « on va rester ici cette nuit Wildekat, ce n'est pas raisonnable d'aller dormir sous le nez des voleurs, toi tu es jeune et moi je suis un commerçant, on ne fait pas une fine équipe pour se défendre! »
« D'accord Paulet', je te fais confiance de toute façon! »
Il installa un campement dans la petite pièce et commenca à occuper Wildekat en chantonnant une sérenade tout en lui offrant des fleurs.
« Hi! Hi! Hi! Paulet! Tu chantes plutôt bien!! »
Après avoir préparé un repas, il donna à Wildekat une couverture en poils d'ours car il vit qu'elle commençait à trembler dans la soirée.
Il se mit ensuite à raconter des blagues et fredonner des chansons d'amour, ce qui fit rire Wildekat de plus belle.
Van Pauletanaldo jetta un coup d'oeil dans le décolleté de Wildekat et elle le regarda surprise «bah Paulet'!! Dis donc! » lui fit-elle, visiblement plus amusée que fâchée.
« C'est que je te trouve de plus en plus belle Wildekat, excuse-moi, je ne voulais pas te gêner... »
Il était vraiment charmant, et Wildekat s'approcha de lui pour lui faire un bisou « Tu es vraiment trop gentil mon Paulet', tu sais! » Elle lui souria.
« Wildekat, tu veux m'apprendre les règles de ce jeu « chat » dont tu parles souvent? J'ai entendu que tu disais que tu n'avais plus personne pour jouer avec toi, si tu veux tu m'explique et on y jouera demain?! »
« oh oui! Chouette Paulet'!! »
Elle se mit à lui expliquer les règles du jeu en détail. Puis, fatiguée de tout ceci, elle s'endormit, et sentit Van Pauletanaldo replacer la couverture sur ses épaules pour qu'elle n'aie pas froid.
Elle souria en s'endormant. Elle l'aimait beaucoup, depuis le premier jour qu'elle l'avait croisé sur cette île, elle savait que c'était quelqu'un de vrai et gentil.
Ils repartirent le lendemain en jouant à chat dans les mines, et retrouvèrent Tipiak.
Wildekat était en train de s'amuser avec son parrain lorsqu’elle appris que l’Angleterre déclarait la guerre aux Français. Wildekat, fut peinée d'apprendre que les anglais déclenchaient encore une guerre. Leur mauvaise foi n'avait pas de limite... et même si la guerre n'était pas contre la Hollande, Wildekat se sentait concernée par ses amis et voisins français. L’alliance du Sud qui venait d’être crée avait été un long combat pour Wildekat, et lorsque le Général Yop la contacta pour lui demander si elle apporterait son aide à la France, Wildekat n’hésita pas une seconde.
Elle en parla à son parrain le soir, afin de savoir ce qu’il en pensait.
« Tu fais ce que tu veux Wildekat. Je ne suis pas là pour te donner des ordres, mais pour te conseiller quand tu en as besoin et que tu me le demandes. »
Wildekat le dévisagea. C'était la première fois qu'une personne lui disait cela.
Ne me prends pas pour une esclave, car j'ai en moi le goût de la liberté...
Pour cela, Wildekat l'estimait encore plus. Tipiak la respectait et la laissait seule juge de ses choix.
Elle prit alors la direction du point de rendez-vous où elle devait rejoindre son équipe afin de mener à bien la mission qui lui serait confiée par le Général Yop. |
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Posté le 15/09/2007 à 01:06:52
Une mission pour la France
C'est avec plaisir qu'elle rejoignit ses deux compatriotes à la sortie des cavernes. La dernière fois qu'elle avait été avec eux c'était lors de la dernière guerre que l'Angleterre avait déclarée à la Hollande.
Wildekat était médecin déjà à l'époque et protégeais le drapeau avec Nightbringer et Gaart entre autres, dans le roc du gouda.
Wildekat appréciait beaucoup Gaart, il avait certes un penchant pour l'alcool mais il était gentil et drôle. Quant à Nightbringer, elle avait appris à lui faire confiance pour les opérations militaires, car il était un fin stratège.
L'ambiance était détendue, et ils passèrent un long moment à se raconter leurs dernières péripéties. Wildekat jouait avec Gaart, et Night racontait ses dernières trouvailles en technique de combat.
Une fois les discussions terminées entre les trois amis, Wildekat se faufila derrière une aspérité et se changea en tenue de médecin. Il avait été décidé qu'étant la moins encline à se battre des trois, elle les accompagnerais pour les soigner si les anglais les blessaient.
Ils étaient fatigués de la route qu'ils avaient fait pour se rejoindre et décidèrent donc de camper sur place. Quelques jeunes anglais étaient présents dans la grotte, mais ceux-ci avaient clairement affiché leurs intentions de ne pas participer à la guerre et les trois Hollandais respectèrent cela.
Le lendemain matin Wildekat se fit réveiller par les discussions de Night et Gaart. Ils discutaient de stratégie, de plans et d'heure d'attaque.
Les entendre parler de l'action donna une poussée d'adrénaline à Wildekat. Elle sentit ses muscles se tendre et son sang se fluidifier dans ses veines. C'était la première fois que Wildekat était chargée d'une mission de la sorte, et elle était anxieuse de l'accomplir du mieux qu'elle pouvait. Elle n'avait pas d'expérience de la guerre ou des combats, mis à part la protection de drapeaux et leur validation.
Elle avait toujours évité de se retrouver dans les groupes responsables des affrontements directs avec les ennemis, car Wildekat n'aimait pas la violence gratuite.
Elle se défendait par besoin mais ne ressentait pas le besoin d'aller à l'encontre d'hommes pour les attaquer.
Elle rejoignit ses deux amis et écouta ce qu'ils avaient décidé. Ils attendraient les informations du général Français afin de savoir si les ennemis allaient rapatrier un drapeau dans le jardin du Gouverneur à New Kingston. Si c'était le cas, ils partiraient en mission pour abattre le porteur du drapeau dans la ville. Wildekat devrait essayer de soigner Night si ils se faisait toucher par un anglais, mais ils savaient qu'ils auraient peu de temps.
« une fois en ville, ils vont tous nous sauter dessus Wilde, tu t'en doutes », lui expliqua Night, « tu devras courir vite »
« Comme quand je joue à chat Night? »
Il la regarda, amusé « oui c'est à peu près cela, comme si tu jouais à chat, mais avec des loups en face »
Elle réfléchit. Elle se rappelait très bien des stratégies mises au point par les Hollandais pour assurer la validation des drapeaux lors des guerres qu'elles avait vécues.
« A mon avis, je ne vais pas tenir longtemps avec ma blouse et mes affaires de chirurgien, ça m'encombre et je n'arrive pas à me battre avec. Mais je ferais le maximum pour te suivre et te soigner Night, tu peux compter sur moi. »
Elle ajouta pensive « ... si on m'avait dit qu'un jour je soignerais un pirate.... »
« Mais je ne suis plus un pirate Wilde, regarde! » il lui montra son bandeau orange aux couleurs de leur nation.
« je sais, mais pour moi, au fond, tu seras toujours un homme en noir. C'est comme cela que j'ai entendu parler de toi à mon arrivée sur l'île tu sais. Tu étais le pirate qui me faisait le plus peur certainement. Tu aurais entendu les histoires que l'on racontait à la taverne, sur tous ces gens que tu tuais sur l'île!»
Gaart se mit à rire et déclara:
« Wilde, pirate où pas une bonne balle entre les deux yeux et on en est vite débarrassés! », ce qui eut pour effet de détendre un peu l'atmosphère.
Elle demanda à Night et Gaart de lui expliquer exactement ce qu'elle devait faire et écouta attentivement les instructions.
Elle sentait la tension monter en elle. Et si elle croisait des anglais qu'elle connaissait? Et si elle n'arrivait pas à soigner Gaart et Night comme il fallait à cause de la pression, si ses mains se mettaient à trembler, et que ses soins n'étaient pas assez efficaces? Elle ne pouvait supporter l'idée de ne pas être à la hauteur pour ses frères.
Night dû voir que son teint avait pâli car il lui dit des mots qui la rassurèrent. Il lui raconta comment il avait déjà tué de nombreux anglais, hollandais ou français sans l'aide de médecin et comment il s'en sortait souvent.
« t'inquêtes pas Wildekat, je suis solide, avec un peu de chance je n'aurais pas besoin de beaucoup de soins! C'est de Gaart qu'il faudra s'occuper! »
Ils se mirent tous trois à rigoler, Gaart faisant semblant de menacer Night avec son pistolet.
Quelques heures plus tard, ils se jetaient tous trois dans la gueule du loup... |
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Posté le 16/09/2007 à 20:01:05
Oranje en blauw
Leur mission de nettoyage se passa sans grosses encombres: courir, soigner, courir, se cacher... les sens en éveil, Wildekat soignait ses deux frères, malgré le massacre qu’elle voyait devant ses yeux.
Elle avait été prise de nausées au moment où la scène se transforma en bain de sang et avait vomi ses tripes à coté d’une maison, mais les cris de ses frères la rappelèrent à l’ordre : il fallait quitter la ville de New Kingston, et vite.
Epuisée, elle n’alla pas loin, et se cacha derrière un rocher, le cœur battant à tout rompre. Le lendemain matin elle vit Gaart tomber sous les coups d’un anglais, impuissante et le coeur en rage.
Elle se demandait si Night avait survécu, mais elle n'avait aucun moyen de le joindre, et il valait mieux rester cachée en pleine journée. Elle reçut quelques perroquets de menace et une balle... mais elle était toujours vivante.
Elle déguerpit au beau milieu de la nuit suivante, lorsque le ciel était noir et seule la lune éclairait son chemin, en direction du Sud et de Port Louis, puis se cacha à l’entrée de la foret tropicale. Apeurée, ne sachant pas ce qu’il était advenu de Night, elle contacta le Général Français, Marius afin de savoir ce qu’elle pouvait faire pour aider la France dans les heures qui suivaient.
Elle fut affectée en tant que médecin à une autre mission, entourée de guerriers Français qu’elle ne connaissait pas. Elle était apeurée et intimidée, ils étaient aguerris à la guerre, mais pas Wildekat. Et une mission avec des inconnus était beaucoup moins rassurante qu’une mission avec ses frères qu’elle connaissait.
Les guerriers français étaient en place, affûtaient leurs lames, et parlaient bruyamment de leurs faits de guerre.
Wildekat un peu en retrait les écoutait attentivement.
Elle était lasse d'entendre des récits de guerre et de sang encore et encore... et décida d'aller marcher un peu dans la forêt pour se changer les idées.
Soudain, elle apperçut un feu qui brûlait non loin du campement des Français et sa curiosité de féline fut attisée.
Wildekat se dirigea vers les flammes rouges à pas de velours, et vit la silhouette d'un homme assis à coté du feu, en train de se réchauffer.
« Youhou! Y'a quelqu’un par ici?» souffla-t-elle dans la nuit.
« Par ici !»
L'intonation n'était pas inconnue à Wildekat. Elle se figea sur place quelque secondes. Ce n'était pas un Français. Elle connaissait cette voix, mais c'était il y a longtemps... des semaines...
Elle s'approcha du feu, les yeux grand ouverts pour mieux distinguer l'homme.
«Wildekat ! Mais que fait tu ici ? Ca fait plaisir de te voir.»
Ric Dangerous, son Général, son ancien frère qui était maintenant Français. Quelle joie pour Wildekat, lorsqu’elle le vit s’approcher d’elle, le sourire aux lèvres. Il avait quelque peu changé depuis qu’elle l’avait vu la dernière fois, et elle le préférait en orange, mais les habits du Roy mettaient ses yeux gris mauves et son teint pâle en valeur.
Ils passèrent une bonne partie de la nuit à discuter de choses diverses et variées, à partager leurs différents points de vues sur les récents évènements. Pas toujours en accord, mais toujours en se respectant. Elle avait l'impression de retrouver un frère Hollandais, et si cela n'avait été pour la tenue bleue de Ric, Wildekat aurait eu l'impression de discuter tranquillement dans la forêt à côté d'Ulüngen.
Quelques heures de répit à rire et partager avant de faire à nouveau couler le sang.
La chaleur dans le froid de la guerre... la trève du coeur avant la déchirure de l'âme.
Elle ne savait pas si c'était la fatigue, les horreurs de la nuit précédente, la peur, la nuit, mais elle tremblait de froid. Ric lui recouvra les épaules d'une peau de bête, et Wildekat se sentant enfin en sécurité avec lui, réussit même à s’endormir blottie comme un chaton contre sa mère.
Quand l’assaut fut donné, elle était complètement perdue, mais Ric veilla sur elle et elle réussit à soigner les Français qui en avaient besoin. Elle était en duo avec le juge français Henri d'Avron et le suivait comme son ombre pour lui apporter les soins nécessaires.
Elle essayait de mettre de côté le fait qu'elle n'avait pas toujours été d'accord avec Henri, surtout au niveau de ses décisions de justice. Wildekat avait souvent trouvé que la justice française se moquait ouvertement des Hollandais en rendant des jugements tous plus ridicules les uns que les autres, mais elle avait toujours respecté ses voisins Français, et s'était tenue à ne pas tomber dans la facilité à rendre des jugements aussi ridicules que les leurs. Elle avait toujours dit ce qu'elle pensait, mais personnellement au juge ou au Gouverneur, afin de ne pas attiser les tensions entre les deux pays.
Ce soir là, elle se rendit compte qu'il était plus facile de soigner une personne qu'elle appréciait qu'une personne avec qui elle avait eu des différents.
Néanmoins, c'était une mission militaire et elle s'était engagée pour la France, elle obtempéra donc sans sourciller, et enchaîna les soins à un ryhtme éffréné, évitant les coups d'épées et les balles des anglais.
La mission, bien que réussie, fit de nombreuses victimes. Au petit matin, Wildekat ne pouvait plus avancer. Ric était toujours en vie, non loin d'elle.
« Vas y, Ric, pars te cacher! » lui souffla-t-elle.
Mais il ne voulut rien entendre et voulait rester près de Wildekat pour la protéger.
Un anglais qui avait déjà cherché à attaquer Wildekat la nuit précedente s'approcha d'eux et Wildekat vit Ric s'interposer et se battre contre lui. Il le rendit hors d'était de nuire. Peu après une anglaise vint s'acharner sur Ric, déjà mal en point. Wildekat le vit tomber alors qu’elle était à ses cotés, une fois de plus impuissante. Elle hurla de douleur ce qui attira les secours qui vinrent chercher le pauvre Ric, et laissèrent Wildekat à son sort.
Elle était paralysée sur place, ne sachant où aller, ayant perdu de vue ou vu tomber les français de son groupe.
Complètement désorientée, elle se fit voler par des anglais qui passaient par là, et fut interpellée par le guerrier anglais Prodigy le froid. Il commenca à se battre contre elle, mais malgré la fatigue Wildekat réussit à le toucher une fois à l'épaule, il sortit alors son pistolet et une balle lui suffit pour la renvoyer à l’hôpital Van Good.
Peu importe ses blessures, c'est le sourire aux lèvres qu'elle apprit le lendemain que la France avait gagné la guerre et Wildekat était heureuse pour elle.
La chaleur dans le froid de la guerre... |
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Posté le 17/09/2007 à 01:59:14
Je me sentais à l’étroit dans ce nouvel uniforme. A peine enfilé, que je devais déjà en faire briller les couleurs. La guerre contre les anglais débutait et il me faudrait faire mes preuves et honorer mes nouvelles couleurs.
La tactique du général était assez simple dans l’ensemble et nous permettrait de remporter la victoire. J’arrivais au campement de fortune où bon nombre de français avaient allumé des feux pour y passer la nuit. Malgré mon bel uniforme tout bleu, les gens semblaient ignoré ma présence, plongé dans leur combats de la veille.
La guerre avait encore fait pas mal de victime mais nous avions l’occasion de terminer les hostilités le lendemain, à l’aube.
M’écartant un peu des hommes de mains du général Marius, je récoltais quelques branches dans la forêt pour y préparer mon propre foyer.
Le feu prenait bien et commençait même à me réchauffer un peu. Le silence se faisait dans la nuit et on ne pouvait entendre que le crépitement des branches en train de se consumer.
Soudain, un brui dans la nuit, discret mais certain. Je mis ma main sur mon épée en scrutant la forêt sombre. On ne distinguait rien, juste quelques ombres virevoltantes, sûrement celles des arbres semblant effectuer une danse nocturne.
Un autre craquement…il y avait décidément quelqu’un dans cette pénombre…
« Ouhou ! Ya quelqu’un par ici ? »
L’ombre savait parler apparemment.
« Par ici.. » lui lançais je.
L’ombre se rapprocha et je ne pus distinguer son visage clairement que lorsqu’elle fut devant le feu.
Ce visage, je l’aurais reconnus parmi des milliers. Wildekat ! Je me levais pour l’occasion et ôta mon chapeau.
« Wildekat ! Mais que fait tu ici ? Ca fait plaisir de te voir. »
« Ric Dangerous…bel uniforme, je te préférais quand même en orange… »
« Les temps changent…assoie toi… »
La jeune femme s’assit près du foyer mais continuait à trembler à cause du froid de la nuit. Je sortis une peau de bête de mon sac et lui tendis.
Nous restâmes toute la nuit à parler et j’ouvris une bouteille de champagne pour l’occasion. Ca me faisait plaisir de voir un visage familier parmi tous ces français. Elle m’expliqua qu’elle était pour aider les français grâce à ses talents de médecin.
Le temps passa beaucoup plus vite en sa compagnie et sans s’en rendre compte, les premiers rayons du soleil perçaient l’horizon.
« C’est l’heure ! » gueula le général français « Allons poutrer ces anglais et gagner la guerre ! Pour la France, pour le Roy ! »
Le général était resté assez flou sur nos objectifs et ma mission, c’est pourquoi je restais en retrait. J’ouvrais quand même la marche et Wildekat me suivait.
Je me postais à la sortie de NK pour y observer les mouvements éventuels de troupe et ainsi pouvoir agir en conséquence.
Je pus alors apercevoir les véritables talents de la jeune femme. Elle enchaînait les pansements, les bandages, la cautérisation, les points de suture à une vitesse hallucinante, pour le plus grand bonheur des guerriers français.
Au petit matin, nous étions tout deux très fatigués des combats menés et des soins effectués mais dans l’incapacité d’aller plus loin. Nos jambes étaient devenues lourdes du poids de nos efforts.
Je savais que Wildekat risquait sa vie en venant si près de la cité anglaise après les menaces qu’elle avait reçu quelques jours auparavant, c’est pourquoi je restais à ses côtés pour la protéger de mon mieux.
Malheureusement, le destin en voulut autrement et c’est à l’hôpital que je me réveillai…avais je rêvé tout ceci ? Un bien beau rêve en tout cas… |
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Posté le 20/09/2007 à 00:59:15
Une invitation inattendue
Wildekat se remettait doucement des blessures infligées par l'anglais lors de la guerre entre la France et l'Angleterre. Elle restait à Ulüngen pour voir les travaux de reconstruction de sa ville. Suite au pillage, le Gouvernement avait engagé beaucoup d'or pour que la ville soit reconstruite le plus vite possible, afin que les habitants oublient les horreurs.. mais il est des blessures plus profondes que quelques pierres et de l'or...
les blessures invisibles sont souvent les plus difficiles à soigner... si l'on peut toutefois les panser.
Elle prenait plaisir à observer les habitants revivre, en paix, et bien souvent le sourire aux lèvres, surtout au coffee shop. De nombreux voyageurs venaient visiter la ville, et Wildekat aimait discuter avec eux de leurs expériences sur l'ile.
Wildekat n'avait pas réellement de plans pour l'avenir et passait la moitié de son temps à chasser les bêtes sauvages dans la forêt aux abords d'Ulüngen la nuit, après s'être baladée dans sa ville en journée.
Un soir qu'elle épiait une chauve souris en silence, un oiseau vint battre des ailes à ses cotés.
Il fit du bruit en se posant et fit fuir la chauve souris en une fraction de seconde. Par réflexe, Widekat saisit l'oiseau de sa main gauche et se préparait à lui tordre le cou avec sa main droite lorsqu'elle vit qu'un message était accroché à sa patte.
« Hum. Un messager. Tu as de la chance mon mignon, parce que sinon c'était la mort pour toi. »
Elle détacha le message et regarda l'oiseau attentivement à la lueur des quelques rayons de lune qui filtraient à travers les feuillages des arbres.
« Je ne te connais pas toi. Qui est ton maître hein? J'éspère que tu ne m'apportes pas de mauvaises nouvelles... »
Elle le relacha et ouvrit le parchemin qui était scellé par un cachet de cire représentant les armes de la France.
Très chère Wildekat,
Vous n'êtes sûrement pas sans savoir qu'un Bal Costumé sera donné en la date du 8 Août de cette année à Esperanza.
Je comptais bien m'y rendre, mais les autorisation ne sont délivrée que si l'on vient accompagné.
C'est pourquoi, par cette présente, je vous le demande très chère :
Me feriez vous l'honneur de m'accompagner à ce bal ?
Ainsi ensemble nous pourrions montrer à tous les lourdauds qui peuplent cette île ce que grâce et agilité signifient.
En attendant votre réponse que j'espère positive,
Veuillez agréer, très chère Wildekat, mes salutations les plus distinguées.
Votre dévoué,
Colm Corbek "Le Chat Noir"
La signature attira l'attention de Wildekat. « Le chat noir »? Hum... intéressant.
Elle avait entendu parler de ce bal un soir à la taverne d'Ulüngen, mais elle n'avait pas vraiment pensé à y aller. Cela dit, l'idée de se changer les idées après toutes ces guerres et ces pillages enchantait Wildekat.
Un peu de répit depuis mon arrivée sur cette île...
Le bal était à Esperanza... elle n'avait pas eu l'occasion d'y rester assez longtemps la dernière fois pour admirer la beauté de la ville.
Il lui fallut donc moins d'une minute pour prendre sa décision. Elle sortit un parchemin de son sac et commença à rédiger sa réponse... |
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Posté le 20/09/2007 à 14:49:24
- Ouch !!
- Allons Messire Corbek, un grand gaillard comme vous !!
Sœur Marie-Thérèse, une femme forte à l’allure patibulaire capable d’impressionner le plus endurci des pirates, finissait de serrer les bandages sur la poitrine de Colm. La dernière guerre ne l’avait pas épargné une fois encore.
- Je voudrai bien vous y voir vous ! Je crois que je comprends maintenant ce que ressentent les draps aux lavoirs. Vous êtes vraiment sûr qu’il y a plus de morts au combat ma sœur ?
L’air de ses poumons fut violemment expulsé tandis que le nœud était fait.
- Vous disiez, mon Fils ?
Sœur Marie-Thérèse cracha ces derniers mots, avant de rabattre le drap de séparation entre les lits et de s’éloigner la tête haute, sans un regard pour Colm qui, lui, souriait à pleine dents et finit par grimacer sous la douleur lorsqu’il s’allongea.
Au cours de la journée du lendemain, un jeune coursier vint lui remettre un message arrivé plus tôt. Colm le gratifia d’un coup à l’arrière du crâne tandis que le jeune garçon lorgnait sous la robe d’une religieuse perchée sur un tabouret et tentait d’attraper une pile de linge propre. Vexé de la faible rétribution monétaire dont il fut gratifié, le jeune coursier s’enfuit du couvent en adressant à Colm un geste obscène. Sans y faire plus attention, Colm déroula le papier et le parcouru trois fois successivement avant de pousser un cri de victoire qui résonna dans tous le couvent.
Cher Colm Corbek,
C'est avec surprise que j'ai reçu votre perroquet. Une bonne surprise ne vous méprenez pas!
J'avais entendu parler de ce bal mais je n'avais pas songé à y aller. Et puis au final votre parchemin m'a convaincue. C'est vrai qu'après cette guerre et la défense de ma ville contre les pirates, j'ai peu dormi et je souhaite me reposer avant de reprendre mes quêtes. Quoi de mieux qu'un bal pour se distraire!
Cela sera donc avec plaisir que je viendrais accompagnée d'un "chat noir", car je ne suis pas superstitieuse et j'ai en affection les félins vous vous en doutez.
Cela nous donnera l'occasion de discuter ensemble et de faire plus ample connaissance, et vous savez à quel point j'apprécie la France, donc je suis d'autant plus ravie.
Je vais donc me mettre en route en direction du Nord,
Très cordialement,
Wildekat
PS: Comptez-vous vous déguiser?
Quand la Sœur Marie-Thérèse, escortée d’une dizaine de sœur, s’arrêta devant Colm, ce fut pour le trouver en train de remplir un sac de cuir de ses maigres affaires.
- Messire Corbek, puis-je savoir ce que vous faites ?
- Je rassemble mes affaires ma sœur, je quitte le couvent. Vous remercierez le Seigneur pour mon prompt rétablissement, tout ça, tout ça !
- Rétablissement ?
Elle planta voilement un de ses doigts dans les côtes de Colm qui hurla autant de surprise que de douleur. Un sourire de carnassier apparut sur le visage de la sœur qui, avec de gestes très lents sorti de son dos une large ceinture de cuir et la fit claquer sur une de ses larges mains.
- Messire Corbek, je pense que vous allez rester encore un peu avec nous.
Quelques instant après, c’est un Colm à moitié nu, un sac à la main qui traversait les rues de Port Louis, poursuivi par Sœur Marie-Thérèse en train de lui hurler de revenir se coucher et prendre du repos.
Arrivé chez lui il se barricada promptement, reprenant difficilement sa respiration, la voix de sœur Marie-Thérèse résonnant encore dans la rue.
Il sourit à la vue du message qu’il avait reçu au couvent et qu’il tenait encore à la main. Il le relut une fois encore comme pour se confirmer à lui-même qu’il ne rêvait pas. Une expression d’horreur remplaça lentement son sourire tandis qu’il finissait de lire le message.
- Un déguisement ! Foutre ! Où est ce que je vais pouvoir trouver ça maintenant ? Et surtout en quoi vais-je bien pouvoir me déguiser ???
Il jeta un dernier coup d’œil par la fenêtre, sœur Marie-Thérèse lui promettant milles souffrances de l’enfer s’il ne revenait pas au couvent immédiatement. |
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Posté le 20/09/2007 à 22:00:11
En route pour le bal
Wildekat se mit en route pour Esperanza dès le lendemain matin. Elle avait un peu de temps avant le bal et comptait bien l'utiliser pour se confectionner un costume. Pour cela, il lui fallait trouver certaines fleurs qui ne poussaient qu'à certains endroits de l'île.
Elle se rappelait son passage au Monastère Saint James avec Tipiak il y a quelques mois. Elle avait inspecté chaque recoin et avait constaté que de magnifiques fleurs y poussaient à l'abri des regards indiscrets.
Wildekat décida donc de faire une halte au monastère quelques jours afin de trouver ce qu'il lui fallait pour son costume.
La route ne fût pas bien longue, et après avoir cueilli ce qu'il lui fallait pour sa robe, Wildekat eu même le temps d'aller soigner des jeunes Hollandais et Français qui se battaient tant bien que mal dans les sous-sols du Monastère. Une fois assurée qu'aucun d'eux ne risquait sa vie, elle établit un petit campement de fortune dans un endroit plus tranquille, à l'abri des coups d'épées et des cris de combats.
Elle avait reçu un message de Moussaillon qui lui disait qu'il viendrait aussi au bal d'Esperanza, et qu'il avait besoin de la voir. Wildekat était d'autant plus heureuse car cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu Moussaillon... pas depuis qu'elle avait quitté Ulüngen, en feu et à sang.
Cette nuit là, elle s'endormit au milieu des fleurs qu'elle avait coupées pour son costume, enivrée par leur doux parfum sucré et bercée par le sentiment d'être protégée par tant de délicatesse. |
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Posté le 20/09/2007 à 22:03:45
Colm était en chemin pour rejoindre Esperanza. Son costume enfin terminé, il bouillait d'impatience de pouvoir accompagner sa cavalière à ce rendez vous, qui attirerait sans aucun doutes nombres des personnalités de Liberty.
Il était nerveux. Colm avait réussi à trouver une fleur qu'il pourrait épingler au corsage de Wildekat. Il avait passé plusieurs heures à la choisir, n'arrivant pas à se décider sur la perfection de telle ou telle fleur.
C'est tout à fait par hasard qu'il apprit que Wildekat avait temporairement fait halte au monastère Saint James et c'est avec un sourire aux lèvres qu'il prit la direction de ce dernier.
Arrivé à l'entrée il griffonna rapidement un mot et le remit, avec la rose, à un moine du monastère qui reçu pour instruction de les remettre à Wildekat.
Très chère,
Veuillez accepter ce modeste présent. Ses nombreuses pétales seront d'autant de dames d'honneurs qu'il sied à une noble dame telle que vous, dont la beauté ferait pâlir de jalousie la plus belle des fleurs.
J’attends avec impatience, à l'entrée du monastère, le moment fatidique où vous m'éblouirai, sans aucun doute.
Cordialement,
C. Corbek |
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Posté le 20/09/2007 à 22:41:56
Un moine apporta un message et un cadeau emballé dans du papier de soie à Wildekat alors qu'elle était en train de confectionner son costume de fée pour le bal. Elle ouvrit le parchemin scellé, surprise, et en lu le contenu. Elle ouvrit le cadeau et vit une magnifique fleur, un sourire lui vint aux lèvres. Elle demanda au moine d'attendre un peu qu'elle rédige une réponse, et elle prit sa plume et son parchemin
Cher Colm Corbek,
Je vous remercie pour la fleur, elle est magnifique et ira parfaitement avec les couleurs de mon costume. Je travaille en ce moment dessus, et je vais retourner soigner quelques frère Hollandais et amis Français dans la cave à bière qui sont à l'entrainement, avant de repartir à Esperanza.
Je pense partir demain soir, peut-être ferons-nous la route ensemble? Quoi qu'il arrive en fonction de votre chemin, nous nous retrouverons à la sortie d'Esperanza, où je pense soigner quelques jeunes Espagnols en attendant que l'on nous ouvre les portes de cette belle cité.
Je suis impatiente de participer à ce bal et de voir votre costume. Cela sera mon premier évènement pacifiste inter-nations sur Liberty, et j'avoue que j'en suis heureuse.
Je vous dis encore merci pour cette fleur de si bon goût, et à très bientôt cher cavalier,
Wiildekat
Une fois sa missive remise au moine, Wildekat décida d'aller soigner les jeunes du Monastère, mais à peine les soins commencés, un perroquet se posa près d'elle. Elle le reconnu de suite, c'était celui de Moussaillon.
Il répondait à sa dernière lettre... en effet quelques heures plus tôt, Wildekat avait appris que les Goudas désinvoltes voulaient piller New Kingston pendant le bal d'Esperanza. Profiter d'un bal qui est organisé pour la paix est peu honorifique.... comme elle l'avait expliqué à Moussaillon.
Sa lettre avait été plutôt froide et elle avait prévenu Moussaillon qu'elle ne paierai pas une fois de plus pour leur bêtise. La dernière fois, toute la Hollande avant été derrière eux, mais cette fois-ci Wildekat promettait à Moussaillon de ne pas les soutenir.
Nous sortons d'une guerre franco-Hollandaise, nous avons payé leur insouciance par deux guerres qui ont été terribles pour la Hollande et ils recommencent dès qu'ils en ont l'occasion...
Wildekat avait été très en colère et incisive dans ses mots.
Elle lut la lettre de Moussaillon et lui répondit rapidement. Elle était déçue, et fâchée contre les Goudas désinvoltes, et plus particulièrement contre Moussaillon.
Cela dit, elle ne pouvait s'empêcher d'ésperer qu'ils ne portent pas de messages de paix avec eux, et qu'aucun d'eux ne serait blessé pendant cette tentative. Ses frères et soeurs étaient insouciants, mais elle les aimait comme on aime sa famille. |
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Posté le 20/09/2007 à 22:59:45
Colm patientait à l'extérieur du monastère et faisait les cent pas. Elle ne devait plus tarder. Il vérifia pour la énième fois la manière dont il était vêtu et pesta une fois de plus sur l'état de son long manteau de cuir qu'il avait abimé en traversant la jungle. Plus le temps passait, plus sa nervosité augmentait.
Les portes du monastère finirent par s'ouvrirent laissant apparaitre un vieux moine. Colm soupira bruyamment et jeta un regard vers le ciel en plissant les yeux. Quand il reporta son attention sur le monastère ce fut pour se retrouver nez à nez avec une jeune femme, qu'il réussi à reconnaitre comme étant sa cavalière à la rose qu'il lui avait fait parvenir la veille. Sans ce détail, il n'aurait pu savoir qui elle était d'un simple coup d'œil. Le temps sembla alors suspendre sa marche. Colm et Wildekat se regardaient dans les yeux. Yeux qu'elle avait de profond et où l'on aurait pu se noyer si l'on n'y faisait pas suffisamment attention. Les deux jeunes gens restèrent ainsi pendant quelques secondes, qui pourtant parurent durer des siècles pour Colm. Aussi soudainement que cela était arrivé, le temps sembla reprendre son cours. Les odeurs et les sons de la jungle environnante envahirent à nouveau ses sens. Il recula brusquement de surprise. Elle était légèrement plus petite que lui, mais pas de beaucoup. La blouse qu'elle portait masquait bien sa carrure et ses formes, mais son visage fin laissait supposer qu'elle était tout en grâce et agilité. Elle n'avait rien des femmes que l'on pouvait trouver au bordel de Port Louis. Mais elle était belle à sa manière.
Colm se maudit de ne pas l'avoir entendu arriver. Si elle avait été un ennemi, il aurait sans aucun doute été bon pour passer quelques temps allongé sur un lit d'hôpital... ou pire. Wildekat baissa un instant les yeux, qui signala à Colm qu'il avait des devoirs de gentilhomme à remplir. Il retira son tricorne et effectua une révérence. Ne sachant comment engager la discussion, il ouvrit plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Agacé par son propre comportement, il finit par prendre une inspiration et se lança.
Le temps qu'il avait mis à prendre la parole, Wildekat avait fini par décider d'engager la conversation et ce fut en ensemble qu'ils prononcèrent les premier mot.
Réalisant qu'ils avaient pris la parole en même temps ils rirent un instant, effaçant d'un coup la tension qui régnait auparavant. Reprenant un peu d'assurance, Colm fini par se présenter.
- Dame Wildekat. Colm Corbek, pour vous servir. Croyez bien que tout gentilhomme se refuserai à laisser une jeune dame, qui plus est sa cavalière, aller au bal seule. Me voici donc pour vous offrir mon bras afin qu'ensemble nous entrions à Esperanza.
Et de plus nous pourrons ainsi faire mieux connaissance en chemin. |
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Posté le 20/09/2007 à 23:05:30
Rencontre avec son cavalier
Wildekat avait enfin terminé son costume de fée et avait soigné quelques Français et Hollandais avant de quitter le Monstère.
Elle était restée en tenue de médecin pour faire la route au cas où elle croise des personnes dans le besoin.
Le moine l'avait prévenue que son cavalier attendait à la sortie. Elle le suvit alors qu'il lui montrait la sortie du Monstère et quand il ouvrit la porte le soleil éblouit Wildekat de façon qu'elle fut aveuglée quelques secondes et resta sur place.
Elle entendit un homme pousser un soupir assez bruyant au dehors et se demanda qui cela pouvait être.
Lorsque le soleil eut fini de transpercer ses yeux, Wildekat vit une forme sombre se tenant devant elle, lui tournant le dos.
Elle s'approcha alors doucement de l'homme qui portait une large cape noire et un tricorne aux couleurs de la France.
Elle l'observa quelques instants: il était un peu plus grand que Wildekat et portait ses cheveux bruns, mi-longs attachés à l'aide d'un lacet de cuir.
Wildekat eut un sourire intérieurement en se disant que même les hommes avaient les cheveux plus longs qu'elle.
Tout à coup, l'homme ayant certainement senti son regard posé sur lui se retourna, visiblement sur le qui-vive, la main prête à dégainer un large coutelas.
Ils se firent face, et Wildekat le fixa droit dans les yeux. Il avait de très beaux yeux d'une couleur bleu-gris, qui rappellait la mer de sa contrée natale à Wildekat.
Les yeux émeraude de Wildekat étudiaient le visage de l'homme. Il portait une barbe de quelques jours et avait l'air épuisé par la récente guerre contre les anglais.
Immobile pendant quelques secondes qui semblèrent hors de temps à Wildekat, ils s'étudièrent.
Wildekat était intimidée par cet étranger qui semblait avoir vécu de nombreuses choses sur cette île.
L'homme fit un pas en arrière, semblant enfin accuser le coup de la surprise, et Wildekat baissa les yeux, se demandant ce qu'elle pourrait bien lui dire. Il étudia la fleur qu'il lui avait fait porter par le moine et que Wildekat avait accrochée à sa blouse de médecin.
L'homme retira alors son tricorne tout en effectuant une belle réverence comme seuls les Français savaient les réussir.
Elle ouvrit alors la bouche pour parler mais le Français en fit de même ce qui produisit un « je » à l'unisson. Wildekat rit alors malicieusement et l'homme la suivit dans son rire.
Il se présenta ensuite, dans une atmosphère beaucoup plus détendue, comme si leur rire avait brisé la glace.
Wildekat remarqua alors que l'homme portait à la boutonnière la rose bleue qu'elle avait demandé au brave moine de lui faire porter dans la nuit.
Il avait fière allure et ses habits étaient bien ceux d'un guerriers: de couleur sobre afin de se faufiler dans la forêt et passer inapperçu.
L'homme lui offrit son bras et ils se mirent en route pour le bal d'Esperanza.
Wildekat n'osait trop parler, elle n'avait jamais été à l'aise en compagnie des hommes. Colm engagea la conversation sur son costume, et Wildekat se mit à en parler vivement, ce dernier lui ayant donné beaucoup de travail pour ceuillir les différentes fleurs nécessaires à sa confection.
Elle lui expliqua qu'elle se changerait une fois à Esperanza de peur de l'abimer.
Au cours de la journée Wildekat vint à demander à Colm comment il était arrivé sur l'ile et ce qu'il était venu y chercher. Ils discutèrent tous deux des relations, de la guerre et de la politique de chaque pays. La nuit tombée, ils s'arrêtèrent afin de se reposer et de repartir en pleine forme le lendemain matin. |
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Posté le 20/09/2007 à 23:17:43
Colm avait veillé tard dans la nuit après que Wildekat se soit endormie.
La veille ils avaient progressés en direction d'Esperanza sous un soleil radieux. La ville n'étant pas très éloignée, ils n'avaient pas eu à se presser et avaient pu profiter de la journée pour faire plus ample connaissance.
Le début fut laborieux. Wildekat était visiblement intimidée, et Colm n'en menait pas plus large également jusqu'au moment où le sujet du costume pour le bal fut lancé. Dès lors Wildekat semblait ne plus pouvoir s'arrêter.
Colm sourit à ce souvenir. Sa voix, claire comme du cristal résonnait encore dans sa tête. il avait eu droit à tout un cours de botanique et de couture. Il savait désormais reconnaître telle ou elle fleur de la jungle et la meilleur manière de les conserver fraîches longtemps après les avoir cueilli. Etrangement il trouva toutes ces explications intéressantes. Ou bien était-ce seulement dû à la personne qui lui expliquait. Ses précepteurs n’avaient pas le même charme que sa cavalière d'aujourd'hui.
Son humeur se modifia toutefois lorsqu'elle en vint fatalement aux raisons qui l’avaient poussé lui à se trouver sur cette île. La mine sombre il raconta alors une vague histoire de mariage, d'héritage et de fuites, mais éluda visiblement nombres de détails.
Ayant visiblement pris conscience qu'il venait de refroidir l'atmosphère, Colm changea rapidement de sujet et se mit à parler des évènements politiques français, de la vie à Port Louis, mais aussi de la récente victoire Française sur les anglais, répondant du mieux qu'il le pouvait aux nombreuses questions de la jeune femme.
Au petit matin, Colm fut réveillé par une douce odeur de grillade. Tandis qu'il dormait encore, la jeune femme avait visiblement trouvé de quoi se faire un petit déjeuner consistant.
Décidément, cette femme ne cessait de l'étonner. Colm en vint même à se demander si elle disposait encore d'autres talents inconnus.
Il fut accueilli par un "bonjour" chaleureux et se vit offrir une part de l'animal qui cuisait sur le feu. La viande était grillée à point en surface et tendre et juteuse à l'intérieur. Il n'avait rien mangé d'aussi bon depuis des jours. Il devait sans doute afficher un air stupide de béatitude car Wildekat se mit à rire tandis qu'elle l’observait. Ils rirent de concert.
Esperanza se trouvant à moins d'une demi-journée de marche, Colm et Wildekat firent plusieurs détours au gré de leur voyage. Liberty recèle de nombreux lieu à la beauté époustouflante, et les deux jeunes gens profitèrent du temps ainsi mis à leur disposition.
Colm observait Wildekat avec un sourire en coin tandis qu'elle folâtrait en bordure du chemin. Elle restait encore une jeune femme réservée en sa présence, bien qu'il y ait eu quelques moments de rare complicité. Colm fini par penser qu'il avait fait le bon choix en invitant Wildekat à ce bal. Cet évènement inattendu venait de changer beaucoup de choses.
Ils firent partis des premiers arrivés à Esperanza. Ils auraient ainsi tout le temps de se reposer et apprécier la proximité de la ville avant les réjouissances qui auraient lieu le lendemain. |
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Posté le 22/09/2007 à 18:39:04
Le jour du bal
Lorsqu'elle se réveilla Wildekat réalisa qu'elle s'était fait voler des affaires dans la nuit.
Décidément, les voleurs ne sont pas qu'aux portes de New Kingston... dommage que l'on n'ait pas eu le droit de passer la nuit en ville, je n'aurais peut-être pas été autant volée...
Mais elle ne se tracassa pas longtemps: rien ne pouvait entamer sa bonne humeur car c'était le jour du bal!
Elle entra en ville, trottinant et chantonnant.
Le drapeau Espagnol flottait fièrement dans le vent du haut de la tour de garde de la cité. La vision était vraiment magnifique.
Elle fût éblouie par la beauté d'Esperanza, les odeurs et des couleurs présentes dans la ville. Après avoir fait un tour en ville, elle se faufila dans une auberge et alla sa changer.
Sa tenue lui allait à merveille. Les fleurs ennivraient Wildekat de leur douce odeur, et elle accrocha une couronne de celles-ci sur sa tête.
Elle ressortit de l'auberge un sourire gravé sur son visage, heureuse de son déguisement: Wildekat, la petite fée espiègle... cela lui allait bien, et elle se mit à danser sur la place publique d'Esperanza avec des Espagnols qui passaient en ville, et à discuter avec les nombreux participants en attendant que le palais du Gouverneur ne s'ouvre.
C'est au bras de son cavalier qu'elle entra dans la salle décorée pour l'évènement, et elle ne put s'empêcher de pousser une exclamation de surprise à son entrée:
« Colm, regardez, c'est magnifique! »
Elle salua les organisateurs du bal et les remercia pour l'acceuil, puis elle fit le tour de la salle en s'émerveillant à chaque nouveauté.
« Oh! Comme c'est beau! Et ces petites explosions de feu coloré là-bas! On dirait de la magie!! »
Elle pût discuter avec une ancienne connaissance qu'elle appréciat beaucoup: Angel, qui avait un déguisement à couper le souffle. Elle eut aussi le plaisir de croiser des personnalités Françaises, Espagnoles et Anglaises, tout ceci dans un climat de bonne humeur et de festivités.
Elle papillonnait de personne en personne pour faire connaissance, sans voir le temps filer, et ce fût quand elle entendit «Messieurs Dames, j'ai l'honeur de vous dire que le concours de danse va débuter! » que son impatience fût à son paroxysme.
Colm et Wildekat se rendirent donc sur la piste de danse... |
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Posté le 23/09/2007 à 00:09:14
Colm venait de se placer devant sa cavalière sur la piste de danse.
Un malaise soudan l'envahit. Cela fait des années qu'il n'a plus dansé. Heureusement qu'il portait un masque et des gants. Ainsi personne ne verrai les quelques goutes de sueurs et sa cavalière ne sentirai pas ses mains moites.
Wildekat effectua une révérence à laquelle il répondit, avant de glisser délicatement sa main droite à sa taille et d'attraper la main de sa cavalière dans la main gauche. Ils attendirent ainsi quelques instants que les premières notes envahissent la salle.
Visiblement Wildekat n'était pas plus à l'aise que lui. Sauf que c’était à lui de guider sa cavalière, et non l’inverse.
Il murmura vaguement quelques mots de réconfort, quand l’orchestre fit jouer ses premiers instruments et entama une valse lente.
Il s’avéra que la danse se trouva être comme l’équitation : cela ne s’oublie pas. D’instinct Colm savait où placer ses pieds. A sa grande surprise, Wildekat suivait parfaitement le rythme. Réconforté d’être avec une partenaire aussi douée, ils continuèrent leur danse avec d’autant plus de confiance.
Wildekat semblai apprécier la danse, son costume était comme une explosion de couleur et de douces senteurs sur la piste. Elle souriait et Colm en fut d’autant plus captivé. A tel point qu’il ne se rendit pas tout de suite compte que la musique s’était achevée quelques temps auparavant.
Saluant sa cavalière d’une nouvelle révérence, il l’invita alors à quitter la piste de danse pour aller prendre quelques rafraîchissements. |
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Posté le 23/09/2007 à 21:15:27
Le concours de danse
Wildekat n'en pouvait plus d'attendre que les musiciens se mettent enfin à jouer... elle avait sautillé toute la matinée en attendant de pouvoir danser avec impatience.
Les musiciens firent enfin signe qu'ils étaient prêts et Wildekat prit place sur la piste de danse avec Colm. Une fois face à son cavalier, elle fût intimidée, et rosit légèrement, mais essaya de ne pas montrer son appréhension.
Elle fit une révérence à laquelle son cavalier répondit très gracieusement.
Il s'approcha d'elle et lui prit la taille et la main afin de commencer à danser. Wildekat, qui était d'habitude farouche, n'avait pas l'habitude de ce genre de civilités et se crispa légèrement. Wildekat s'en voulu car l'homme avait été un vrai gentleman avec elle pendant ces trois derniers jours et elle l'appréciait beaucoup.
Colm sentit que Wildekat n'était pas à l'aise et lui murmura quelques mots pour la réconforter et détendre l'atmosphère. Ses mots la rassurèrent et lorsque les musiciens se mirent à jouer Colm l'entraina dans une valse lente.
Il dansait parfaitement bien, et Wildekat oublia toutes ses craintes pour profiter de l'instant. Elle se laissait emporter par son cavalier et sa robe virevoltait tout comme ses ailes de fée. Oubliant les dernières semaines, les guerres et les conflits elle s'abandonna totalement dans ce moment de grâce où elle avait l'impression de voler sans toucher le sol dans un nuage d'arômes et de couleurs.
Elle ne se rendit même pas compte que les musiciens avaient fini de jouer quand Colm lui proposa d'aller se rafraichir avec une bonne coupe de champagne Français. |
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Posté le 27/09/2007 à 22:42:56
Une fin de journée mouvementée
C'était l'heure de la remise des prix, et les invités écoutaient attentivement les résultats.
Wildekat était en train de féliciter son amie Anaëlle lorsqu'elle entendit son nom. Elle mit quelques minutes à réaliser ce qui se passait.
Lorsque Ching lui remit le prix de la meilleure danseuse, elle fut vraiment surprise et ne su que dire... elle regardait son prix bouche bée:
Finallement, elle remercia le jury, et alla féliciter les vainqueurs des autres catégories: Anaëlle, Mona, Stanley, Prodigy, le Capitaine Liberty, June...
La journée avait été festive à souhait et ils méritaient tous de gagner un prix aux yeux de Wildekat... la soirée s'annoncait on ne peut plus joyeuse!
Après avoir virevolté entre les invités et montré son prix en trinquant avec eux, Wildekat s'assoupit un instant pour se reposer quand elle fut réveillée par un anglais, Mad Wiggins, qui trébucha face la première dans sa poitrine. Wildekat était outrée d'un tel comportement et le temps de se mettre en colère l'homme avait fui en s'excusant. Wildekat se rendit compte qu'il avait glissé la main dans son sac afin de lui débrober quelques pièces d'or.
"Encore un saoulard qui n'a pas d'argent pour payer sa vinasse" pensa-t-elle. En temps normal le vol l'excédait, déjà quatre fois en deux jours.. décidément, l'ile était pleine de voleurs... mais cette fois-ci l'humeur était à la fête et elle se dit que ce pauvre homme devait avoir bien des problèmes pour en être rendu à voler une jeune demoiselle sans le sou comme elle.
Elle fut prise d'un sentiment de dédain et décida de ne pas accorder d'importance à cet acte... elle le retrouverait bien assez tôt et lui réglerais son compte.
Tout à coup elle sentit une balle lui toucher l'épaule.
Elle se retourna et vit June, "la gentille fée bienveillante" qui lui avait tiré dessus!
Wildekat ne comprenait rien à ce qui se passait, mais cela n'était pas l'acte d'une noble dame et encore moins d'une fée "bienveillante".
Elle n'eut pas le temps de riposter ou d'aller s'expliquer avec cette femme aux moeurs si étranges, le sang coulait et elle avait besoin de soins.
Heureusement, son cavalier était là pour l'aider et la soutenir... Wildekat décida de ne pas se soucier de ces troubles-fêtes et de continuer la soirée après quelques soins et un petit verre de champagne.
Elle rejoignit ensuite son amie Géraldine d'Arcy qui était toute en beauté ce soir pour aller la complimenter sur sa toilette et sur le beau couple qu'elle formait avec le Gouverneur Français Gonzac.
Le reste de la soirée fila plus vite qu'un tigre coursant sa proie, et Wildekat discutait avec son ami Vyse lorsque Colm vint l'inviter à partager la dernière danse avec lui. Elle était exténuée mais ravie de partager celle-ci avec son cavalier qui s'était révellé être un merveilleux danseur.
Colm l'enlaca doucement pour que Wildekat puisse se reposer sur lui, et lui demanda si son épaule la faisait encore souffrir, tout en lui assurant qu'il avait été ravi de partager cette expérience avec Wildekat. Elle se laissait bercer par son cavalier qui menait la danse d'un pas lent et reposant et lui glissa à l'oreille:
« J'ai moi aussi été ravie, vraiment, vous êtes un parfait gentleman »
Il lui répondit doucement, presque en ronronnant:
« Ce n'est pas à la portée de tous d'être un gentleman, mais il s'agit d'un minimum pour une noble Dame telle que vous » Il attrappa délicatement le menton de Wildekat et la fixa dans les yeux « Si j'osais.... »
Wildekat se mit à rougir et fixa Colm de ses yeux brillants, paralysée, ne sachant que faire, se sentant comme prise dans un piège, affichant un sourire gêné.
Colm prit un air sérieux tout en s'exclamant « Grand Dieu! Ne vous a -t-on jamais dit à quel point vous êtes resplendissante lorsque vous rougissez? »
Wildekat, complètement muette ne savait que répondre, lorsqu'il se mit à sourire: « Allons, venez, je vous racompagne, n'oublions pas que nos autorisations expirent demain! »
Il effectua un baise-main avant de murmuer « il est encore trop tôt, je serais patient ».
Wildekat lui prit la main et tenta de s'expliquer: « En effet, je suis confuse, je n'ai pas l'habitude des hommes », puis elle déposa un baiser sur la joue de Colm avant de rajouter « pardon, mais pour le moment c'est tout ce que je peux offrir... »
Ses pensées allaient vers Moussaillon, revivant la chaleur de leurs deux corps emmélés lors de cette inoubliable nuit à Ulüngen......puis elle fût submergée par cette sensation de froid lorsqu'elle se rappela de la déception qu'elle avait ressenti suite à sa dispute avec lui, et elle s'en voulut d'être si gênée devant son cavalier.
Wildekat, gardant le silence, suivit Colm, qui lui avait donné le bras pour la guider hors de la salle de bal. |
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Posté le 28/09/2007 à 10:59:36
Colm, accompagné de Wildekat, quittèrent la salle de bal. Ils avaient fait la fête toute la journée la veille ainsi qu’une bonne partie de la nuit et étaient exténués.
Wildekat ne dit pas un mot, et parfois même semblait éviter le regard de Colm. Après une heure ou deux il finit par prendre la parole.
-Vous savez, je ne vous en veux nullement. Ce serait même plutôt à moi de vous demander pardon pour avoir eu une telle audace.
Mais je suis tout de même content. J’ai passé la meilleure journée et la meilleure nuit qu’il m’ait été donné de vivre sur cette île jusqu’à présent. Et qui plus est, en compagnie d’une magnifique jeune femme.
Il jeta un œil à Wildekat qui semblait particulièrement s‘intéresser à ses pieds tandis qu’il prononçait ses derniers mots. Elle rougissait une fois de plus. Il sourit.
- N’ayez crainte. Je serais moins entreprenant à l’avenir. Du moins aussi peu que peu l’être un gentilhomme Français tel que moi, sous le charme. Vous me faites d’ores et déjà une immense faveur que de me permettre de vous raccompagner.
Quant à ce baiser… il passa sa main libre sur la joue qu’avait embrassée Wildekat. Je crois bien que jamais plus je ne la laverai !!
Devant la mine étonnée de la jeune femme, Colm lui sourit comme un enfant qui venait de faire une farce. Il leva une main en signe d’excuse.
- Allons, ne faites pas cette tête. C’est de l’humour !!
Devant la mine déconfite de sa cavalière, Colm n'insista pas.
Ils continuèrent ainsi, chemin faisant vers le territoire Hollandais. Laissant derrière eux la ville qui les avaient accueillis pour une journée et une nuit. |
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Posté le 01/10/2007 à 11:20:34
Sur le chemin du retour, Wildekat demanda à Colm de partir en avant, elle devant effectuer quelques unes de ses affaires. Colm argumenta un instant sur le fait qu'il pourrait l'accompagner, mais elle rétorqua qu'elle finirait bien par le rejoindre plus tard, que tout se passerait bien.
Colm avait pris les devants de mauvaise grâce. Wildekat n’avait pas eu à beaucoup insister toutefois.
Ce n’est que plus tard lorsqu’il réussi à distinguer son visage au dessus de lui qu’il eu vaguement conscience d’avoir fait une bêtise.
Il était parti en éclaireur, quelques heures plus tôt. Apres une bonne journée de marche Colm finit par arriver au poste relais de Van Djé. Quelques voyageurs se trouvaient déjà dans la salle à son arrivée. Quelques uns jouaient aux cartes, mais la plupart reprenaient leurs discussions interrompues à son arrivée. Colm se glissa dans un coin isolé et passa sa première, dune longue série, commande d’alcool.
Après plusieurs heures à attendre, la boisson aidant, Colm était en train de raconter de nombreuses anecdotes sur les évènements du bal, ainsi que sur la beauté de celle qui l’y avait accompagné. Les costumes, tous plus originaux les uns que les autres, les danses magnifiques, et surtout les femmes… Détails d’importances dont raffole le petit peuple. Pourtant tout finissait par revenir à une seule et même personne : Wildekat. L’alcool avait fait son œuvre, sans aucun doute, et Colm était sa victime pour ce soir là. D’ordinaire il restait relativement raisonnable, pourtant ce soir là, quelque chose dans l’air, ou quelqu’un, l’avait fait boire plus que de raison. Et c’est en titubant qu’il finit par quitter la salle tandis que sa récente cavalière arrivait et qu’il s’effondrait sur le seuil, ivre mort.
A de rares moments il reprenait vaguement conscience d’avancer, soutenu tant bien que mal par Wildekat, et Colm prenait alors conscience de la situation dans laquelle il se trouvait et qu’un sentiment de honte l’envahissait. Il se rappelait vaguement s’adosser à un arbre, une voix douce lui murmurant des paroles réconfortantes dont il ne se souvenait plus, une douce chaleur l’envahissant tandis qu’il perdait conscience. Un léger baiser déposé sur sa joue, accompagné de douces senteurs exotiques, puis le trou noir de l’inconscience…. |
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Posté le 08/10/2007 à 23:49:05
Rencontre avec un voleur
Wildekat avait dit à Colm qu'elle voulait faire la route du retour seule. Elle ne lui avait pas dit, mais elle voulait retrouver ce voleur, Mad Wiggins qui avait osé gâcher quelques minutes du bal en la volant le soir précédent. Elle se doutait aussi que c’était peut-être lui qui l’avait volée le matin du bal alors qu’elle dormait encore.
Elle fit le tour d'Esperanza et le trouva dans le Poulailler de Don Djezoùs. Quand elle le vit, se remémorant le vol, sa main se porta automatiquement sur la garde de son empaleuse, dans le but de se battre contre lui... mais son coeur n'en avait pas la force.
Elle venait de passer une journée magnifique, en paix avec toutes les nations, et le Gouverneur d'Esperanza lui avait donné une autorisation que Wildekat ne saurait user pour verser le sang, fusse-t-il celui d’un voleur anglais.
Elle se ravisa et s'approcha doucement de l'homme, méfiante. Après tout, il aurait pu l'attaquer aussi, il n'avait pas vraiment montré de remords le soir précédent à la voler, et aux yeux de Wildekat, d'une chose à l'autre il n'y avait qu'un pas.
Il ne semblait pas bouger, et Wildekat était maintenant à côté de lui.
Elle le regarda dans les yeux, mais l'homme n'avait pas l'air bien conscient, elle lui tira la langue et lui pinça les fesses très fort en lui déclarant « vilain voleur! Na! ».
Sentant qu'elle s'énervait et ne voulant pas être tentée de se battre contre cet anglais, elle repartit aussi rapidement qu'elle était arrivée, en ayant déposé une rose à côté de l'homme pour lui signifier qu’elle ne lui en tenait pas rancœur.
On fait tous des erreurs...
Wildekat repartit en route pour Ulüngen, car son autorisation prenait fin le jour-même et elle ne voulait pas avoir de problèmes avec les autorités Espagnoles. Elle croisa Don Dejzoùs de las Galinas et Kassandra et leur fit un brin de causette, ravie de les voir ensemble et heureux. Elle avait appris à connaître Djezoùs chez les GRML où elle allait souvent voir son ami Charles of Hawick, et avait échangé des courriers avec Kassandra, lorsqu'elle était Procureur du Roy en France.
Le soir elle s’était installée confortablement sur la branche d’un grand arbre et avait rédigé un mot pour Mad Wiggins, afin de lui exprimer le fond de ses pensées.
La nuit tombée, elle observait les étoiles, elle entendit les pas d’un homme qui s’approchait sous son arbre.
Elle vit alors Colm arriver, mais il avait une démarche maladroite et semblait avoir du mal à avancer. Elle comprit qu'il était totalement ivre, proche du coma éthylique, et Wildekat glissa lestement de sa branche pour atterrir à côté de Colm. Elle soigna ses blessures avant de l'installer contre l’arbre afin qu'il cuve l'alcool qui inondait ses veines.
Il divaguait complètement et Wildekat ne comprenait pas ce qu'il disait.
Elle lui parla doucement afin de la rassurer, et le recouvrit d'une peau de bête pour qu'il ne prenne pas froid durant la nuit.
Elle veilla sur lui au clair de lune, car il émettait des bruits inquiétants qui auraient pu attirer les bêtes sauvages de la forêt, et dans l’état où il était, il n’aurait pas résisté longtemps contre un ours. |
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Posté le 12/10/2007 à 14:19:54
Le bruit d’un ronflement fit dresser l’oreille de la créature, un instant même avant qu’elle ne fut totalement réveillé.
Une courte inspiration lui suffit à ramener du sang frais dans ses membres puissants, au pelage blanchi par le passage des saisons. Et, après un bref étirement, elle se jeta au bas de la branche sur laquelle elle se chauffait.
Son regard d’émeraude balaya rapidement la berge de la rivière qui faisait parti de son territoire. Le paysage était tellement ancré dans sa mémoire qu’elle localisa sans peine d’où venait la nuisance sonore.
La créature dressa ses moustaches vers le ciel du soleil levant, en se concentrant sur les plus infimes odeurs qui pouvaient descendre jusqu’à elle. Elle ne décela rien d’autre qu’une légère odeur de charogne qui provenait de la source du bruit qui l’avait réveillée. Alors elle s’abandonna à un long bâillement qui s’acheva sur un claquement de mâchoires, puis entreprit d’aller voir quel animal agonisant se trouvait là.
Celle-ci se trouvait au pied d’un arbre, la créature était dubitative. Il y avait une odeur d’animal mort mêlée à celle d’un prédateur que la créature avait toujours évité jusqu’à présent. Un léger grondement monta du fond de sa gorge et l’animal mort réagis à peine. La créature approcha doucement sa tête, les moustaches frémissantes.
Colm reprenait lentement conscience. Le sens du toucher fut le premier qui le réveilla. La fourrure qui le recouvrait était douce et chaude sous le soleil. Dans sa semi-conscience il laissa son esprit remonter lentement de la léthargie dans laquelle il avait sombré après avoir bu plus que de raison. Après avoir recouvré le toucher, il pu à nouveau jouir de l’odorat, ce qu’il regretta lorsque l’odeur de la peau tannée lui agressa les narines. Puis de l’ouïe, lorsque les différents cris des animaux de la jungle environnante lui parvinrent aux oreilles. Le goût lui revint peu après, finissant de réveiller tout à fait son esprit. La bouche pâteuse et l’arrière goût de l’alcool qu’il avait ingurgité raviva d’autant les souvenirs de la veille. Avec un grognement il ouvrit un œil sur le nez d’une panthère.
Très lentement il attrapa la crosse de son pistolet et le pointa vers l’animal en armant le chien d’un clic sonore.
La panthère recula brusquement, retroussant les babine et gronda méchamment à l’attention de Colm.
- Ecoute mon gros, j’ai pas l’intention de faire de toi une carpette dégeulasse au pied d’une cheminée, et toi non plus. Alors tu va gentiment retourner d’où tu viens et me laisser cuver mon alcool tranquillement.
Malgré la migraine qui martelait violement à l’intérieur de son crâne, Colm maîtrisait tant bien que mal sa respiration, espérant secrètement que l’animal s’en irait vite. Que les dieux, s’ils existent, aient entendus sa prière ou bien que l’animal ait finalement décrété que Colm ne présentait aucun intérêt, celui-ci décida de partir au bout de quelques minutes, laissant Colm à sa migraine.
Ce dernier finit par se lever les poings sur ses tempes et titubant.
Colm ne comprenait pas ce qui lui avait pris de boire autant et les souvenirs qu’il avait de la veille étaient morcelés.
Il gémit derechef, mais de dépit cette fois, quand il se souvint de la présence de Wildekat et de l’aide qu’elle lui avait apporté.
Voyant qu’il était seul, il décida de partir à sa recherche… après avoir pris un bain dans l’eau froide de la rivière.
Alors que le crépuscule teintait le ciel d’orange, Colm approchait d’Ulüngen. Il avait déjà croisé plusieurs personnes qui lui avaient dit avoir croisé la jeune femme. Il accéléra le pas, espérant qu’elle franchirait les portes de la ville avant la nuit.
Les effets de l’alcool persistait. Colm maudissait cet alcool espagnol dont les effets duraient si longtemps et se maudissait lui-même, pour en avoir bu une telle quantité.
La migraine ne le quittait pas, et il n’avait pas le pied ni la main aussi surs qu’en étant sobre.
Il avait rencontré plusieurs sauvages sur le chemin et les multiples blessures qu’il portait attestaient des effets de la boisson.
Tandis qu’il se rafraîchissait encore une fois le visage au bord d’un ruisseau, d’étrange sons lui parvenaient.
Etouffés par la végétation ambiante, et sa migraine l’empêchant de se concentrer, Colm décidait de s’approcher de la source.
C’est au détour d‘un arbre géant qu’il découvrit la scène d’où provenaient les sons. A l’ombre des racines de l’arbre, une lutte entre un aventurier aussi haut et large qu’un ours et celui d’une jeune femme se déroulait.
Du sang coulait de la tempe de la jeune femme et elle semblait blessée au bras. D’une seule main plaquée au visage, l’homme la maintenait au sol tandis que de l’autre s’échinait à défaire les boucles de ses vêtements. La jeune femme griffait tant bien que mal en se débattant mais il était clair qu’elle n’aurait pas le dessus.
Un court instant, le regard de Colm croisa le sien et il reconnu dans l’obscurité celle qu’il avait accompagné au bal, celle qui avait pris soin de lui, alors que cela aurait du être le contraire.
Dégainant son coutelas il se jeta sur l’homme en hurlant. Les deux hommes roulèrent dans la terre humide faisant voler quelques feuilles et brindilles. Déboussolé, Colm se releva difficilement et ne vit pas arriver la branche qu’envoyait l’aventurier vers sa tête. Esquivant au mieux, il fut frappé à l’épaule et s’écroula une nouvelle fois au sol, sonné. A sa migraine, venait désormais s’ajouter la douleur qui irradiait de son épaule gauche. Clignant des yeux il aperçut l’énorme silhouette s’approcher de lui, une branche épaisse comme son bras à la main.
Avec un cri de rage, Wildekat se jeta sur son agresseur, s’agrippant à son cou, lardant ses épaules et son dos de coups. Elle appela Colm au secours quand l’énorme main l’attrapa comme si elle n’était rien d’autre qu’une nuisance et la repoussa dans les buissons alentour.
Sur l’instant Colm eut envie de dire qu’il avait trop bu pour agir, qu’il était fatigué et las. Une douce résignation aux évènements l’envahissait. Quand Wildekat hurla une seconde fois, Colm se souvint du bal, du voyage en compagnie de la jeune femme, et de leur rencontre au monastère. Agrippant son coutelas avec une nouvelle force, il se redressa et avanca dans le dos de l’ennemi tandis que celui-ci, trop occupé à rire de la situation ne faisait plus attention à Colm.
Il ne prit conscience de son erreur que lorsqu’il sentit l’acier lui transpercer les reins puis lui ouvrir la gorge d’une oreille à une autre.
L’homme n’avait pas fini de se vider de son sang que Colm tendait déjà la main à Wildekat et l’aidait à se relever.
Elle tremblait, mais pas de froid, malgré la fraîcheur de la soirée. Il retira son long manteau et l’offrit à a jeune femme, grimaçant quand son épaule meurtrie lui rappela son existence. Cela ne dut pas échapper à Wildekat car elle s’empressa de soigner celui qui l’avait sauvé avec le peu de biens qu’il lui restait, le reste de ses affaires ayant été dispersées dans la jungle durant l’affrontement.
Tandis qu’elle s’évertuait à rassembler ses biens, elle retrouva une bouteille de champagne français, miraculeusement intacte, qu’elle partagea avec Colm. Il refusa une première fois, quand les sensations de la veille lui revinrent en bouche, puis devant l’insistance et les conseils de la jeune femme en tant que médecin, il finit par accepter. Une nouvelle nuit dans la jungle se profilait, avec au loin, les lumières d’Ulüngen brillants sur la toile sombre de l’océan.
Colm jeta un coup d’œil à Wildekat, et put lire à la lueur des flammes, comme une mélancolie au fond de ses yeux vert. Colm prit une longue inspiration.
- Allez-y. Rentrez donc chez vous.
Wildekat lui jeta un regard étonné.
- Et vous ? vous ne m’accompagnez pas ?
- Hélas, je crois bien être bloqué ici pour la nuit. Il se massa doucement l’épaule. Je vous rejoindrai demain.
La jeune femme prit ses affaires et lui adressa un sourire avant de reprendre la route.
Pour Colm, ce sourire valait bien tous les baisers de remerciement du monde.
L’alcool et la chaleur aidant, elle n’avait pas encore disparue du cercle de lumière que Colm sombrait dans un profond sommeil. |
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Posté le 16/10/2007 à 01:44:39
Retour difficile à Ulüngen
Au petit matin, elle vit qu'il allait mieux et dormait du sommeil des justes.
Sa ville l'appelait, elle se remit en marche après avoir vérifié que Colm allait bien, en lui laissant un petit mot à ses côtés.
Elle croisa une jeune Hollandaise, Jade, déguisée en « Barbie », à qui elle conseilla de ne pas s'attarder dans le coin, car elle n'était pas assez entraînée et risquait de faire de mauvaises rencontres.
Wildekat eut l’occasion de saluer O'mer, un autre médecin de la GRML avec qui elle avait discuté dans la maison des médecins de Liberty, et avec qui elle avait eu affaire en tant que Procureur, lors de son premier mois à la cour de justice.
Il était malade et avait l'air de lutter de tout son corps pour avancer. En lui donnant une rose elle lui souhaita de trouver un moyen de guérir: « les GRML ont besoin de vous et Liberty aussi, O'mer » L'homme la regarda avec toute la bonté habituelle dont il faisait preuve, et s'efforça de lui sourire, tentant de cacher la souffrance qui le rongeait. Wildekat, le cœur peiné, le laissa continuer le tour de l’île qu’il avait commencé, et continua sa route.
Un peu plus loin elle fut ravie de croiser Frans qui revenait de mission au Monastère.
Wildekat lui fit un bisou par surprise alors qu'il somnolait sur un arbre à l'ombre.
« Merci Frans d'avoir fait le ménage au Monstère... tu fais beaucoup de choses pour nous les jeunes! Je me demande ce qu'on ferait sans toi en Hollande! » Après quelques minutes de discussions et de rires, elle repartit en vitesse pour Ulüngen.
Elle sentait qu'elle se rapprochait de chez elle: plus le temps passait et plus elle croisait de Hollandais. Elle croisait aussi des bêtes sauvages, mais elle commençait à y être habituée et savait bien comment les dompter maintenant, même en tenue de médecin.
La nuit tombait sur l'ile, et voyant les remparts d'Ulüngen, elle accéléra le pas, oubliant toute prudence, et se fit surprendre par un aventurier sauvage taillé comme dans un roc, qui la blessa terriblement. Surprise, elle regarda sa blouse qui se tachait de rouge, et tenta de répliquer alors qu'elle se prenait déjà un deuxième coup de la part du géant.
« Alors ma mignonne on se balde seule dans la forêt? C'est pas très prudent, tu pourrais tomber sur le loup » Il afficha un sourire mauvais, et dévoilà ses dents pourries à Wildekat.
Elle lui cracha a la figure: « Espèce de sauvage, attaquer une femme médecin! »
« Oooh, voyez-vous ca! Une dure à cuire? Ha ha, approche ma mignone, je vais te montrer comment je les mate moi les donzelles comme toi! »
Wildekat lui porta un coup d'épée, mais il fut trop rapide et la désarma.
L'homme bondit sur elle. Elle hurla de suprise tout en sentant le poids de l'homme l'écraser au sol.
Broyée entre les racines apparentes des arbres de la forêt et l'homme, Wildekat se débattait tant bien que mal mais l'homme était très fort. Elle lui mordit l'oreille et lui en arracha un bout et l'homme hurla:
« Sale petite peste je vais te montrer moi qui est ton maître ici! »
Il lui plaqua la tête au sol avec un main, et Wildekat avait du mal à respirer tellement sa main était énorme et couvrait presque tout son visage. Elle avait le goût du sang dans la bouche, et tentait de lui mordre les doigts en vain.
Elle sentit la main libre de l'homme arracher sa blouse de médecin et chercher à défaire les boucles de son pantalon. Elle donnait des coups de pieds dans les airs, tout en hurlant à l'étouffée dans la main du géant. Ses doigts tentaient d'arracher ses cheveux, ses yeux, tout ce qui leur passait sous la main.. elle le griffait au visage et sentait ses ongles lacérer sa peau épaisse, mais rien ne l'atteignait, c'était une bête féroce.
Le sang coulait sur ses mains et le long de ses bras à mesure qu'elle plantait ses griffes dans la peau du géant, mais rien n'y faisait, il semblait qu'un homme aurait enfin le dessus sur Wildekat... |
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Posté le 17/10/2007 à 13:49:29
Tout à coup, un cri, puis la main de l'homme libéra le visage de Wildekat alors qu'il se roulait à terre sur un homme vêtu de bleu.
Wildekat mit quelques secondes à réaliser ce qui se passait. Elle reconnut son cavalier de bal, Colm, et s'aperçut qu'il avait besoin d'aide.
Wildekat bondit sur l'aventurier en hurlant de rage, s'agrippant à son cou tout en lui lacérant le dos de ses griffes.
Elle sentit la grosse main du géant l'attraper et la balancer au sol.
« Cooooooolm! »
Sa tête heurta le tronc de l'arbre.
Sonnée, elle fut incapable de bouger, et l'aventurier se mit à rire de sa voix grasse, dévoilant ses dents, le sang coulant de son visage marqué par les coups de griffes de Wildekat.
Elle vit Colm arriver derrière l'aventurier et l'égorger. Lorsque ce dernier tomba aux pieds de Wildekat, surprise, elle n'osait plus bouger. L'instinct de survie. Seul son cœur tapait dans sa poitrine, mais son corps restait immobile.
Colm lui tendit la main pour l'aider à se relever, et la recouvrit de son manteau. Elle tremblait de rage, de haine, de peur. Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur ses frayeurs car elle vit que Colm était blessé. Elle chercha dans ses affaires, qui étaient éparpillées autour du cadavre de l'aventurier et trouva une bouteille de champagne qu'elle lui offrit..
Le Français n'en voulait pas, mais elle insista, lui expliquant que dans l'état où il se trouvait c'était nécessaire.
Alors qu’il ouvrait la bouteille pour la boire, le regard émeraude de Wildekat se tourna vers Ulüngen, et elle aperçut sa ville se dessiner sur l'océan… le coucher de soleil lui donnait une couleur orangée comme un bon gouda du continent.
Elle tenta de ne pas montrer à Colm son envie de s'y rendre au plus vite, car elle culpabilisait d'aimer son pays à ce point.
« Allez-y. Rentrez donc chez vous. »
Il venait de briser le silence, alors que leurs regards s'étaient croisés.
Elle le dévisagea, étonnée... comment savait-il? Son coeur était-il si facile à lire?
« Et vous ? vous ne m’accompagnez pas ? » lui demanda-t-elle doucement.
« Hélas, je crois bien être bloqué ici pour la nuit, je vous rejoindrais demain. »
Wildekat ne se fit pas prier, et ramassa ses affaires. Elle fit une pause avant de partir, le regarda droit dans les yeux et lui sourit. Parfois les mots sont inutiles.
Son coeur s'emplit de joie quand elle passa enfin les portes de la ville et y pénétra.
Elle était a bout de souffle, et blessée, mais elle était enfin chez elle. Fortuna vint la soigner tout en lui glissant quelques mots à l'oreille… « ruineuse d'avenir ». Elle faisait référence l'enquête que Wildekat avait menée lors du procès qui avait été fait contre Fortuna, à l'heure où elle était encore Hollandaise.
Wildekat n'avait rien à se reprocher, elle avait fait son travail en faisant avouer à Fortuna qu'elle avait trahi sa nation, et en ne se laissant pas corrompre par cette traitresse. Le travail de Procureur ne lui avait pas apporté que des amis, mais qu'importe... Wildekat vivait pour la Justice et non pour que les traîtres se dessinent un bel avenir. Elle lui répondit brièvement pour lui expliquer ce qu’elle en pensait, et la remercia pour les soins avant de se rendre sur la place publique d’Ulüngen.
Surprise dans ses pensées, elle sentit des lèvres déposer un baiser dans son cou et entendit la voix familière de Van Pauletanaldo lui murmurer « hmm, tu sens bon! » aux creux de l'oreille.
« hi! hi! hi! Tu me chatouilles Paulet'! »
Quand elle se retourna il lui tendit un bouquet de fleurs multicolores.
« Oh! Merci Paulet', tu es trop gentil!! »
Wildekat lui raconta alors dans les détails le bal à Esperanza, et tout ce qu'elle avait vécu ces dernières semaines: la guerre de la France contre l'Angleterre, les mines, la mission avec Gaart et Night pour aider la France.. puis ils finirent la soirée à la taverne à déguster des plats typiquement Hollandais et à rire de bon cœur avec leurs frères et sœurs.
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